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CONSUL BELLIGÉRANT EN PAYS ALLIÉ

En pays allié, le Consul deviendra le collaborateur des au-

torités locales, lesquelles, à leur tour, auront l'obligation de

lui prêter leur concours : arrestation d’insoumis et de déser-

teurs, surveillance de la contrebande, pour ne citer que ces deux

exemples.

Informateur économique, il aura à se rendre compte des possibilités de collaboration des alliés entre eux, notamment en ce qui concerne f'échange des matières premières ou des produits fabriqués. Observateur attentif de l’état des esprits, il enregistrera les manifestations de l'opinion publique. Elles le renseigneront sur les sentiments de la population à l'égard des belligérants, sa tenue morale, sa capacité de résistance, ses ambitions indispensables à connaître si l'on veut éviter des malentendus pendant la guerre, des surprises au moment de la négociation des traités de paix.

Comme en pays neutre, le rôle du Consul en pays allié sera de dresser l'inventaire des approvisionnements facilement réalisables de sa circonscription (quantités, qualités, prix), de le maintenir aussi complètement à jour que le lui permettra le secret dont s’entoure généralement l’économie du temps de

guerre. Il pourra dresser la liste des personnes; sociétés ou entreprises qui, en raison des garanties d'honorabilité, de capacité et de discrétion.qu’elles présentent, pourraient être utilisées comme intetmédiaires par les services relevant de l'Etat, les groupements appuyés par lui ou les particuliers. [1 pourra préconiser des accords, de meilleures utilisations. S’il ne lui appartient pas de conclure de marchés, il aura l’occasion de suggérer l'achat de produits nationaux ou de produits fabriqués au dehors, mais se trouvant sous le contrôle de négociants locaux. ;

Ce faisant, il reste fidèle à ses origines, du temps où il dépendait du Ministre de la Marine et coopérait au ravitaillement des navires de guerre, ce qui est encore le cas aujourd'hui en temps de paix, ou encore lorsqu'il collaborait à l’approvisionnement des armées, comme on trouverait beaucoup d'exemples dans le passé. Nous citerons seulement celui d’un agent, de haute valeur, Séguier, consul de France à Trieste, sous le Premier Empire, dont Marmont vante les mérites (1).

Surtout, il aura fréquemment à contrôler les marchés qui auront été passés par son Gouvernement.

Le Consul aura également à fournir aux ‘Alliés les renseignements qui pourraient parvenir à sa connaissance.

En ce qui touche à l’organisation des convois (2) le Consul aura à ÿ participer en l'absence du « Chef des Transports ».

(1) Mémoires du Duc de Raguse. Paris 1857. T. 3. P. 360.

(2) Sur la formation de convois de navires de commerce protégés par des navires de guerre, armement défensif des navires de commerce, création de croiseurs auxiliaires, voir Fauchille, Tome II. N° 1268 ét Suivants,

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