‹ Le rôle moral de la bienfaisanceChapitre 18 sur 57 · LES SECOURS PECUNIAIRES AUX PARENTS ET AUX AMIS · texte numérisé non relu

LES SECOURS PECUNIAIRES AUX PARENTS ET AUX AMIS

prenante. Il conviendrait dans leur propre intérêt d'opposer un refus à un grand nombre d'emprunteurs. Le désir d'emprunter marche si souvent de pair avec l'incapacité d'acquérir qu'on pourrait presque dire : « Ne prêtons qu'à ceux qui ont prouvé leur aptitude à gagner de l'argent. » Aussi, dans bien des cas, refuser un service de ce genre, c'est détourner le malheur de celui qui le sollicite.

J'avance cette opinion en partie sur la foi d'une remarque faite devant moi par un homme fort consciencieux qui avait dirigé une entreprise — il s'agissait, je crois, d'une manufacture — à l'aide de capitaux empruntés. Il disait qu'il avait failli mourir d'inquiétude. La pensée du risque que courait le bonheur d'autrui et l'effort continu qu'il dut faire pour remplir ses obligations, avaient empoisonné son existence. Une bienfaisance prévoyante refusera donc dans nombre de cas, dans l'intérêt rneme de l'emprunteur, ce qu'accorderait une bienfaisance moins clairvoyante.

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