CHAPITRE II
d’après les divers auteurs.
Pendant longtemps, le rôle pathogène des Lamblia a été discuté, et, jusqu’en 1914, ce flagellé, inconnu ou presque inconnu des cliniciens, était regardé par beaucoup de parasitologues qui l’étudiaient, comme un hôte de peu d'importance pour l'intestin de l’homme. |
A. Auteurs peu favorable à ce rôle pathogène.
En 1892, Moritz et Hôhzl observent dix-huit fois des Lamblia : sept fois sur des sujets vivants, dont quatre enfants, et onze fois lors de vérifications qui, dans
(1) Une réserve importante est à faire avant de citer aucun nom : La notion du rôle pathogène des Lamblia est une acquisition tout-àfait récente ; c’est la guerre qui a multiplié les cas de Lambliose, qui a permis de les étudier plus à fond ; et depuis 1914-1918 nombre d'auteurs auparavant peu partisans d’attribuer un rôle important à ce flagellé, ont évolué vers une autre conception. C'est le cas, par exemple, de M. Guiart ; c'est aussi (pour ne citer que ces deux noms) celui de Ravaut,
LADREE
sept cas, se rapportaient à des sujets tuberculeux. Ils en concluent que le Lamblia est un très frequent parasite de l’homme et que l’enfant et le tuberculeux ont une prédisposition spéciale à l’héberger.
Mais ils concluent aussi qu’on ne peut lui attribuer aucun rôle pathogène, du fait qu’ils l’ont trouvé chez des sujets qui ne présentaient pas de troubles intestinaux.
Schüberg, en 1893, observe un cas de diarrhée avec présence de Lamblia dans les selles ; mais il croit cette diarrhée indépendante du parasite. ;
En 1917 encore, J. Clifford Dobell n’est pas convaincu du rôle communément attribué aux Lamblia.
D’aure part, même parmi les auteurs qui reconnaissent au Lamblia un pouvoir pathogène, l’accord n’est pas absolu, ni sur l’importance, ni sur la fréquence de cette nocivité.
Ainsi, MM. Guiart et Guibert, dans leur traité de « diagnostic chimique, microscopique et parasitologique », accordaient encore en 1912 aux Lamblia, sinon un rôle nul, au moins un rôle minime dans la pathologie intestinale.
Ravaut et Krolunitsky, cités par M. Cade, pensent que l’on peut « considérer dans certaines conditions, comme pathogène la présence des Lamblia ou de leurs kystes dans les selles de malades présentant des troubles intestinaux prolongés ». Et les auteurs ne devaient pas croire ces conditions bien souvent remplies, puisque Labbé, en 1919 (in Presse médicale, 27 mars, page 161) pouvant écrire la phrase suivante :
« Cercomonas intestinalis (Lambl) était, il y a quelques années considéré comme un parasite inoffensif pour l’homme. c'était, il y a quelque temps encore, l'opinion de Ravaut ».
Parisot et Janin émettent une opinion analogue (Parasite flagellé dans un cas de dysenterie : Lamblia intestinalis. Revue médicale de l'Est, 1912) et disent : « Si nous admettons que l’agent spécifique, première cause de la maladie ait disparu, et si nous ne considérons le Lamblia que comme un parasite secondaire et occasionnel, il n’en est pas moin vrai que, actuellement, la persistance de la diarrhée est due au seul Lamblia et témoigne du pouvoir nocif de ce parasite vis-à-vis de l’homme ». Et les auteurs ajoutent : « Le Lamblia ne peut à lui seul causer une dysenterie chez un individu à intestin normal, mais si l'intestin est lésé, attaqué par des parasites, le Lamblia trouvant une surface ulcérée propice à son développement devient une complication grave; il entretient l’infection, entrave le processus de cicatrisation, prolongeant de ce fait la durée de la maladie.
Par contre, nous le verrons tout à l’heure, nombre d'auteurs donnent aux Lamblia un pouvoir bien autrement étendu et ne le confinent pas dans ce rôle « secondaire et occasionnel ». Sa présence ne sera plus alors une « complication » ne survenant que dans « certaines conditions ». Et si, pour les partisans de cette théorie, il y a encore des conditions qui, lorsqu'elles sont remplies, favorisent la lésion de l’organisme par le parasite, il ya là quelque chose d’ana-