III. Les constatations anatomo-pathologiques
Les constatations anatomo-pathologiques sont encore peu nombreuses chez l’homme, et cela se comprend par la localisation de l’agent pathogène dans la première portion de l'intestin, où il est à l’abri de nos investigations sur le vivant; d’autre part, cette affection essentiellement chronique n’aboutit qu’exceptionnellement, chez l’homme, à une terminaison fatale dont une autopsie permettrait d'étudier le mécanisme. Mais, pour rares qu’elles soient, ces constatations n’en existent pas moins, et, confrontées avec ce qui a été observé chez les animaux, fournissent de nouvelles preuves en faveur de la pathogénicité des
Lamblia.
Fairise et Jacquot, en 1913, avaient déjà donné la démonstration de la possibilité d’une entérite lamblienne chez l’homme, en publiant une observation que Marcel Labbé résume de la façon suivante :
« Un mineur, après avoir eu la dysenterie au Tonkin, fut atteint trois ans plus tard, en France, d’une nouvelle dysenterie aiguë dans laquelle on découvrit le Lamblia. La maladie passa à l’état chronique. Douze ans plus tard éclata une péritonite localisée que jugula une opération. Et huit mois après,
. le malade mourut d’une occlusion intestinale, A l’autopsie, cœcum volumineux, à parois épaissies et lardacées, recouvert d’ulcérations anfractueuses et de saillies papilliformes; les lésions avaient leur maximum dans le cœcum, dans liléon, et dans la première partie du côlon. Le rectum était à peine lésé, Les Lamblia se trouvaient en abondance à l’état d’infusoires dans l’épaisseur des parois de l'intestin, à l’état kystique à sa surface, »
Après une appendicectomie, Savignac (observation inédite, signalée par Goiffon et J.-Ch. Roux) a vu beaucoup de Lamblia adultes dans l'épaisseur même des parois de l’appendice ainsi enlevé.
Enfin, il existe un cas de localisation exceptionnelle du parasite au niveau du rectum, qui a permis à Goiffon de voir, par la rectoscopie, la muqueuse rectale creusée d’ulcérations remplies de Lamblies non enkystées. |
Chez l’animal, dans les expériences déjà citées, de H.-B. Fantham et Annie Porter, les auteurs ont vu, à l’autopsie, non seulement des Lamblia mobiles enkystés dans l'intestin, mais encore « les vaisseaux de l'estomac et de l'intestin engorgés, et la muqueuse
parsemée d’érosions. »
Deschiens (loc. cit) faisant l’autopsie de quatre chats infestés trouve « au niveau du tiers inférieur du jéjuno-iléon, et sur le cœcum, des lésions ulcéreuses ou érosives: et dans deux cas une exfoliation massive de la muqueuse avec hémorragie diffuse. »
Et déjà auparavant Wenyon (cité par Cade) avait vu sum des coupes le parasite enfoncé dans les glandes de l'intestin, chez un lapin infesté.
HU