‹ Le Rôle Pathogène des LambliaChapitre 7 sur 23 · MIT · texte numérisé non relu

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Evolution.

\ a) LES KYSTES TYPES

Nous avons vu les raisons pour lesquelles on a rarement l’occasion de constater la présence des formes libres, flagellées, dans les matières. Par contre, on trouve souvent, et en abondance parfois (1), même dans des matières non diarrhéiques, même après un certain temps, des corpuscules ovalaires semi-réfringents, qui mesurent de 10 à 15 » de long. sur 8 à 10 de large Ce sont les kystes de Lamblia, dont la structure est assez caractéristique. Et, le plus souvent, ce sont eux qui font affirmer le diagnostic de lambliose.

Ovalaires, avec une extrémité plus arrondie et une autre plus effilée, ces kystes sont délimités par une paroi épaisse, chitineuse, entièrement lisse, et qui apparaît au microscope sous forme de deux lignes parallèles, encerclant le cytoplasme ; l’aspect est celui d’un petit œuf entouré d’une double paroi.

La structure intérieure, bien visible sur les préparations traitées à l’iode (2), est assez variable, dé- (4) Annie Porter (Lancet, 10 Juin 1916) a calculé, par une dilution des selles et une numération comparables à celles utilisées pour les éléments sanguins, qu’une selle quotidienne pouvait arriver à contenir le chiffre fantastique de : 14.440.000.000 kystes.

Quelquefois pourtant, le nombre des kystes est assez petit. Une purgation saline suffit alors souvent à amener une véritable débâcle kystique.

(2) D’après Wenyon (Lancet, 27 Nov. 1915) : Mettre sur lanse une goutte de la solution de Weigerts (iode 1, iodure de potassium 2, eau distillée 100) + un peu de fœces jusqu’à émulsion jaune. — On peut aussi bien utiliser la solution iodo-iodurée de Lugol. L'etude des noyaux, débris de flagelles, et inclusions, sera faite de préférence

sur des préparations fixées. à l’état humide dans le liquide de Dubosq-Brusil et colorées à l'hématoxyline ferrique.

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pendant vraisemblablement surtout de l’âge du kyste. Dans les formes récentes, on retrouve les diverses inclusions de la forme libre et les flagellés sous laspect d’un septum médian (quelquefois décomposable en plusieurs faisceaux) et de quelques débris de filaments. Les noyaux, le plus communément groupés au nombre de quatre, à l’un des pôles de la cellule, sont colorés en jaune clair par l’iode, et fortement réfrin- gents ; ils se détachent sur le fond plus sombre, teinte acajou, du cytoplasme. On en a pourtant noté quelquefois un plus grand nombre ; Kofoïd et Christiansen, entre autres, ont observé des kystes qui en renfermaient jusqu’à seize ; mais ces formes-ci sont rares.

b) KYSTES BLEUS

Sur les préparations, on peut voir aussi des kystes dont le contenu semble décollé de la paroi sur une partie plus ou moins grande de son contour, en même temps que les détails ci-dessus décrits sont moins visibles ; on peut encore retrouver les noyaux, mais les autres inclusions ne sont plus reconnaissables ; il semble que l’on assiste là à un début de désintégration, laquelle doit aboutir, en fin de compte, aux kystes bleus signalés d’abord par Goiffon, et dont l’étude a été reprise par Deschiens. Ce dernier auteur voit dans les kystes bleus, des kystes vides, qui auraient « libéré leur contenu dans l'intestin ». Et il en a observé,.en effet, dont la paroi était fracturée, dont les dimensions étaient restreintes, apparaissant

RE en outre constamment avant les formes libres dans les selles,

Le RÔLE Des KysrTes: Conservation et reproduction.

Le rôle des kystes se déduit aisément ; ils conservent et reproduisent l’espèce.

La conservation est assurée par la coque épaisse qui entoure alors le parasite et qui fait de lui une forme de résistance capable de vivre assez longtemps à l’extérieur, plus longtemps, semble-t-il en milieu liquide que s’il est soumis à la dessication. Nous avons un exemple concret de cette durée possible de résistance, Fantham et Porter ayant utilisé pour certaines de leurs expériences des kystes qui séjournaient depuis soixante-quatorze jours dans le laboratoire, et qui se sont montrés encore infestants au bout de ce temps-là. D'autre part, Boeck (cité par Brumpt) a noté qu’il faut une température de 64 degrés centigrades pour faire mourir les kystes.

La reproduction, elle aussi, s’opère communément, mais non exclusivement, par les kystes, ainsi qu’en témoigne la présence dans cette forme de quatre noyaux, alors qu’il y en a deux seulement dans la forme végétative. Ce serait là une division binaire, aboutissant à la production de deux individus. Quant aux kystes à huit et à seize noyaux, ils représenteraient un autre mode de reproduction donnant naissance à un plus grand nombre de petits Lamblia

libres.

d) AUTRE MODE DE REPRODUCTION DES LAMBLIA

Kofoïd et Christiansen, qui ont émis cette opinion, ont aussi observé et décrit la multiplication du parasite à partir de la forme libre elle-même, aussi bien par division binaire que par division multiple.

Une expérience de Deschiens semblerait devoir confirmer cette division du flagellé lui-même : l’auteur a réussi, en effet, à infester un chat par injection intrarectale de formes libres ; et il semble plus logique d’admettre une pullulation pure et simple du parasite à partir de ces formes libres elles-mêmes, que d’imaginer un enkystement préalable dans ce milieu, qui ne semble pas, a priori, leur être défavorable.

Donc, nous dirons, en résumé, que les kystes, formes de résistance, sont aussi des agents de reproduction, mais qu’ils ne sont pas indispensables à l’accomplissement de cette deuxième fonction, la multiplication directe des formes libres existant aussi.

e) ELIMINATION DES KYSTES

Un fait digne de remarque, c’est que l’on a constaté une intermittence dans l’élimination de ces kystes, leur présence et leur absence alternatives dans les selles des malades, véritables décharges kystiques, survenant par périodes distinctes. On a même essayé d'établir si cette élimination était soumise ou non à un rythme, mais, actuellement encore, les auteurs se partagent entre des opinions différentes : C. Dobell et G. Low examinant quotidiennement et pendant

cent jours consécutif, les seiies d’un lamblien, notent une plus grande proportion de résultats négatifs que de résultats positifs. 62 examens ne montrent aucun kystes, 38 seulement permettent d'en voir. Maïs les auteurs remarquent en outre qu’il n’y a aucune périodicité dans cette élimination, la distribution des jours positifs et négatifs étant éminemment variable. Annie Porter trouve des résultats différents et les représente par des graphiques saisissants. L’expulsion des kystes apparaît alors nettement n'être pas toujours aussi abondante, et il y a une périodicité (d’ailleurs variable selon chaque sujet, 15 jour en moyenne) dans l’apparition du nombre maximum de kystes.

Boeck (1919) décrit aussi un rythme cyclique, et Deschiens en observe encore, mais de durée différente (4 à 15 jours), chez des souris et des chats qu’il infeste.

Cette étude a’de l’importance, aussi bien au point de vue du diagnostic de l’affection que de l’appréciation de tel ou tel agent thérapeutique dans la lambliose: tel sujet, soumis à un seul examen (et celui-ci se trouvant par hasard porter sur un jour négatif), sera considéré comme non parasité, et l’on attribuera ses troubles à toute autre cause: insuffisances sécrétoires, fermentations protéolytiques, tuberculose intestinale, même s’il éveille cette idée par ailleurs. Telle autre personne, traitée pour une lambliose notoire, se croira guérie, à tort, sur la foi d’un seul

examen microscopique négatif.

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