p. 337, 15 suiv
4. « Expellendisdaemonibus autcurandisinfirmitatibus etsanitatibus dandis. » \\ 339, t>9.
\,')\y THÉOLOGIK SPKCLI.ATIVK X\
tions ^ Un préclicalcur d'esprit aussi j)raru|iic n'agissait pas sans être détermine par des circonstances fjue j'avoue ne pouvoir indiquer '*.
La vierge Marie tient peu de place dans la prédication de Césaire. Le plus souvent, elle est nommée à propos de l'incarnation. C'est elle qui avait été annoncée et figurée par la terre de la promesse, comme le raisin merveilleux rapporté par les envoyés de Moïse était le symbole du Christ '. En elle, le Christ a pris une chair véritable, toute semblable à la nôtre. Mais de même (ju'il est vrai Dieu, tiré du Père sans mère, il est homme sorti crunc mère sans père. Le préambule des StaLuta Ecclesiae antiqua et 1 homélie publiée par Caspari offrent ici un rapport intéressant ^:
1. « Post laborem uig^iliarum non oportet ut uos diutius prolixior sermo fati^^et ; et ideo, quicumque est spirilalis et plcniorcm sermonem de diuinitate saiicti Spiritus audire desiderat, die crastina maturius ad ecclesiam sitienter ac fideliter ueniat. Qui enim uenire dissimulauerit, non se esse spiritalem apertissime demonstrabit. » P. 3i0, 6. Ce {j^enre d'avis est caractéristique de Césaire. Voy. tV;., p. 344, \\ j\pp. 15, 8, col. 1773; 149, 5, col. 2030; 144, 3, col. *2079; etc.
2. Voy. cependant un développement qui a quelque analo<;ie dans les Morales de Grégoire le Grand, P. />., t. LX.W, col. 598. Filgence de Ruspe oppose les dona .spirilalia à la charité, mais dans ces c/ona, il comprend la foi, laumùne, aussi bien queprophetia et linguae ; P. L., t. LXV, col. 346 A.
3. « Sicut enim illa uua (Num., xni, 24j Christum Deum li^-urauit, ita et terra repromissionis, inqua natus (na/// ?) est, sanctae Mariae uide tur ima^nnem praetulisse. In ipsa enim impletum est quod dictum est (Ps., Lxxxiv, 12) : Veritas de terra orta est. Quomodo autem beata Maria non fuit terra repromissionis quae per prophelam multo anle promissa est? » App., 28, 2; col. ISOO. Le dernier trait est dans le ;;oût de saint Au-^ustin. — « Caro Christi quae secundum legem ex uberi terra, id est, ex carne uir{,nnis procreala est, sicut apostolus ait [Gai., IV, A) : Fac/us ex muliere, farlus su h loge. »» Homélie publiée par dom MoRiN, lier, hcn., t. W I < 1899 , p. 3iO.'
4. Ces formules rappellent celles de saint Augustin, par exemple Enchiridion, x (35 , p. 24, 9 éd. Scheel (ïubinf^ue, 1903j : « Christus lesus Dei filius est et deus et homo ; deus ante omnia saecula, Homo in nostro saeculo : deus quia Dei uerbum. homo autem quia in uiiitatcm
34 LE ROLE THÉOLOGIQUE DE GÉSAIRE d'aRLES [^^^]
Statuta, § 4. Homélie, § 5.
...ut qui erat in diuinitate Dei Gonceptum de Spiritu sancto,
Patris Filius ipse fieret in homine natum ex Maria uirgine, hoc est
hominis matris filius, deus uerus sine matre de Pâtre deus ante
ex Pâtre et homo uerus ex matre, saecula et homo de matre sine
carnem ex matris uisceribus ha- pâtre carnali in fine saeculorum. bens et animam humanam rationabilem, etc.
La pureté virginale de Marie, avant et après l'enfantement, n'était plus discutée dans l'Eglise, surtout en Occident depuis l'intervention de saint Ambroise *. Gésaire ajoute son autorité à celle de ses devanciers et de ses contemporains ^. Par son affirmation, il répondait à la négation des manichéens ^. Mais, dans le sermon 244, il va plus loin, et proclame que Marie a vécu « sans contagion ni tache du péché ^ ». L'expression employée par Césaire est de celles qui peuvent désigner le péché originel. On sait que saint Augustin n'a pas été jusqu'à en excepter la Vierge ^. Mais, encore à la suite de saint Ambroise, il admettait son impeccabilité. Il est possible que Gésaire en soit resté là, lui aussi.
Saint Joseph a encore moins de place que Marie dans les œuvres de Gésaire. Dom Morin a cependant marqué une opinion rare, exprimée dans le traité sur la Trinité
personae accessit Verbo anima rationalis et caro. » — L'expression homo mater dans les Statuta est intéressante. Gf. App.^ 109, 5; col. 1962 : « lesus Christus nasci ex homine, id est ex Maria uirgine, est dignatus. »
1. TuRMEL, Hist. de la théologie positive jusqu'au concile de Trente^ p. 73.
2. « Virginalem uterum sine dispendio uirginitatis pariendus introiui. » Paroles prêtées au Ghrist, App., 249, 4; col. 2207.
3. Voy. par exemple la polémique d'un sermon, dû à un autre auteur que Gésaire, App., 245, 4, col. 2197.
4. « Natum ex Maria uirgine, quae uirgo post partum semper fuit, et absque contagione uel macula peccati perdurauit. » App.^ 244, 1 ; voy. plus loin, p. 45, § 9.