‹ Le rôle théologique de Césaire d'ArlesChapitre 20 sur 84 · De Fide, ii, 11 ; xi, 17 ; P. L., l. XL, col. 757 et · texte numérisé non relu

De Fide, ii, 11 ; xi, 17 ; P. L., l. XL, col. 757 et

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d'Eglise qui cherche, (Lins un cspril |)rati(|ii(\ i loiirnir ;uix fulèles un abrégé tki christianisme moins soinmaiie (|uc Tancien symbole, phis compréhensif et moins spécialise que les formules conciliaires.

Qu'on se rappelle ce ([u'est le sermon 24'!, notre document A. C'est une sorte de mémento, une synthèse portative du christianisme, de sa morale comme de son dogme. Il ne fallait pas un effort très grand ni j)()ur que les illettrés l'apprissent par cœur ni pom- (jue les autres le copiassent. Ce résumé est très complet. 11 est à la fois clair et énergique. Bien loin de paraître le développement d'un texte antérieur, il attend plutôt le commentaire et les explications. Il est le programme parfaitement proportionné d'un cours complet de religion ou d'une instruction un peu longue. La première partie est très habilement rédi(yée. Le thème fondamental est la nécessité de la foi; sur ce thème, se détachent les vérités diverses qu'il faut croire. La partie dogmatique reçoit de cette conception une unité harmonieuse qui manquait à C et à IJ.

Si l'on trouve juste cette appréciation, on ne pourra se dispenser de voir dans C et dans H les ébauches successives par lesquelles passe l'œuvre de Césaiie avant de s'achever dans A. Les trois documents s'emparent des formules symboliques préexistantes, non pour les expliquer, mais pour se les incorporer et pour les compléter. Ce ne seraient pas des œuvres de Césaire si l'on n'y Mouvait des traces d'emprunt. Mais il est risqué devouloiren dégager une formule unique pour chacune d'elles, une Im luulc ddinie et délimitée. Césaire j)arle la langue des symboles plu tôt qu'il ne transcrit des symboles. Nous n'avons aucun moyen de séparer et de distinguer ce (pie sa mémoire et le travail de sa réflexion unissaient c\ fondaient en un précis nouveau. Tout ce (jue l'on peut tenter en ce sens, c'est de démêler les traces d'un symbole bien connu, le symbole apostolique, sans exclure ni les additions person-

nelles de Tévêque, ni les remaniements, ni les emprunts faits à d'autres fcrmules. Aujourd'hui, dans beaucoup de diocèses français, les curés sont obligés, parles statuts, de lire en deux ou trois fois un Précis de la doctrine chrétienne. Ce Précis n'est pas un symbole, mais il emprunte aux symboles. Il comprend la morale aussi bien que le dogme. 11 me semble que Gésaire a essayé de donner aux églises de Gaule un précis de ce genre, facile à apprendre, court à lire, d'une ordonnance adaptée aux commentaires. Les trois pièces ne sont pas semblables. De l'une à l'autre le plan se modifie. C, la première en date sans doute, est une sorte de monstre, avec son développement intempestif et disproportionné sur la Trinité. B est amputé de la partie morale. M. Burn a découvert dans un ms. de Rouen le type inverse, constitué par la phrase initiale et la partie morale sans développement dogmatique ^ Ge sont des essais conservés ensuite pour la commodité des prédicateurs. Gar Gésaire tient à les approvisionner de sermons variés. Nous avons des doublets pour un certain nombre de ses homélies, et ces doublets sont certainement son œuvre. 11 voulait rendre inexcusable la paresse des évêques qui ne prêchaient pas. Mais nos trois documents ont des différences dues à une autre cause. Entre eux, on sent que le temps a dû passer. Les soucis ont changé de nature. La teneur du vieux symbole apostolique a été modifiée. L'écrivain et l'administrateur ont enrichi leur expérience et affermi leur méthode. Les trois textes sont les étapes successives de Gésaire à la recherche d'un symbole^.

t. Burn, An introduction to the Creeds and ta Te Deuni ; Londres, 1899; p. 244 : ms. de Rouen A 214.

2. Un autre essai, peut-être plus ancien que les précédents, me paraît être la Veleris ciiiusdam theologi homilia sacra, publiée « ex cod. MS. perueleri Frid. Lindenbrogii nostri » par G. Klmemiokst, dans Gennadii Massiliensis presbijteri Liber de ecclesiasticis doçjniatihiis (Anno Messiae régis aeterni MDGXIV; 250 pp. in-4'^ ; Bibl. nat., Inv. G 1812), p. 45-55. Elle débute par un rappel et une répétition des

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Y eut-il une dernière étape qui serait le symbole mis sous le nom dWthanase ? Les recherches de dom Morin le donnent à penser '. Il a relevé dans ce texte les expressions qui se retrouvent dans Césaire. Elles sont en grand nombre, et chacune d'elles est documentée par plusieurs références. Le vocabulaire de Lévêque d'Arles est très borné; il a des locutions et des mots qu'il répète à satiété. Il faut peu de temps pour reconnaître à première vue une composition où il a mis la main. Or, le (JuicunKjue est un tissu de ces locutions ~. Si c'était une homélie de

interrogations baptismales. A cela se réduit la partie dogmatique. I^àdessus se greffe tout le reste du sermon, invitation à conformer la vie du chrétien à la foi qu'il professe. On y retrouve les thèmes ordinaires de l'évêque d'Arles : fuite des vices, fréquentation de Téglise, renoncement aux pratiques païermes et à la sorcellerie, exercice des (i3uvres de miséricorde, paiement de la dîme et des aumônes, sollicitude des parrains pour leurs filleuls, nécessité de la pénitence pour les chrétiens coupables de crimina, certitude du pardon accordé au pénitent. Le style porte la marque de Césaire comme le fond : Den auxilianle^ ammonel terribiliter, roganius et ohsecramus, nullus se circumueniaf, de J)ei misericordia, sententiam desiderahilem, etc. Dom Morin attribue donc à bon droit l'homélie à Césaire. Mais les premières pages surtout trahissent des emprunts. Le mot credulitas^ caractéristique de certains auteurs, Cassien, Fauste, pour désigner le symbole et la foi, ne me semble pas fréquent dans Césaire.

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