‹ Le rôle théologique de Césaire d'ArlesChapitre 21 sur 84 · Hev. hén., t. XVIII (1901), p. 347 suiv · texte numérisé non relu

Hev. hén., t. XVIII (1901), p. 347 suiv

2. « Quicumque uult saluus esse, ante omnia ...teneat catholicam fidem; quam nisi quisque integram inuiolatamque seruauerit absque dubio in aeternum peribit. Fides... catholica... unum Deum in Trinitate et Trinitatem in unitate... séparantes... Patris et Filii et Spiritus sancti una est diuinitas coaeterna maiestas... quia sicut... ita... singillatim unamquamque personam et Deum et Domimmi confiteri... catholica religione prohibemur... in hac Trinitate nihil maius aut minus, sed totae très personae... coaequales, ita ut per omnia, sicut iam supra dictum est, et unitas in Trinitate et trinitas in unitate... cpiicumque uult saluus esse,... sentiat... lideliter credal... lides recta... pariter et... ex substantia Patris... humana carne... secundum diuinilatem, minor Patri secundum humanitatem. Qui licet... non... lamen... unus omnino... Nam sicut... ita... pro sainte nostra, descendit ad inferna... omnes homines resurgere habent... rcddituri... rationem... Haec est lides catholica quam nisi quisque lideliter lirmiter credideril, saluus esse non poterit. »

l'appendice, nous n'hésiterions pas à l'attribuer à Gésaire. r3e plus, les formules dogmatiques qui ont été fixées pour les siècles dans le symbole d'Athanase se retrouvent dans les homélies de Gésaire. Plus d'un lecteur a pu déjà les reconnaître dans nos citations, dans le traité de la Trinité, dans des sermons de l'appendice, dans le sermon 244, dans rhomélie publiée par Gaspari et par M. Burn K Même insistance autoritaire, même relief donné à la nécessité de la foi, même attention à définir la nature et les rapports des personnes divines, la composition du Christ, la propriété de la chair des hommes ressuscites, la certitude de la rétribution finale ~. Ges ressemblances n'auraient pas grande valeur si elles se rencontraient séparément; réunies, ellesvalent une signature. Ajoutez à ces données internes

1. Voici quelques rapprochements : Athan.^ 3 : De trin.^ vu; App. 69, 79, etc. ; homélie publiée par Elmenhorst. — 6 : Engelbrecht, p. 257, 7; — 7: A4; — 15-16: A3, C12; App. 5,5; Eng., p. 346, 25; — 19: Statuta, 3; De Tr., vu et xii; —22 : A 6, 5 13 ; Eng., p. 345, 8;

— 24 coaequales : Eng., p. 340, 27 ; — 29 : C 5 ; — 29 ea: suhstantia Patris : De Trin., xii; — 30 : 5^. 4; — 31 : A 5, C 19, De Tr, viii et IX ; — 33 : A 5 ; — 35 : St. 4 ; — 38 cinn corporihus svis : C 24, St. 9 ;

— 40 : St. 15. = Dom MoRiN,'/?ei^. hén., t. XVIII (1901), p. 339, note dans le Quicumc/ue a l'absence de tout trait véritablement caractéristique d'une erreur particulière quelconque ». Ce n'est vrai que d'une manière générale : mais le développement accordé à la Trinité et à l'Incarnation, à la procession du Saint-Esprit et au composé delà personne du Christ, des expressions comme et Deurn et Dominum (v. 19), cum corporihus suis (38), sont les indices de préoccupations spéciales. Sans doute, nous ne les découvrons giière que par l'étude comparée avec les Statuta elles autres documents. Peu à peu, le formulaire s'est dépouillé de ce qu'il avait d'occasionnel et d'actualité passagère, pour retenir l'essentiel et le permanent. Malgré ce travail de généralisation et d'abstraction, il est resté assez de souvenirs des controverses sous la majesté indifférente des théorèmes. L'appréciation de dom Morin n'est donc pas pour ébranler nos hypothèses.

2. M. BuRN, An introduction^ p. 144, croit que le symbole d'Athanase qui affirme si clairement la responsabilité humaine {de factis propriis, V. 38), proteste contre le fatalisme astrologique des Priscillianistes. Gésaire attaque ce genre de fatalisme, en songeant aux manichéens, App., 253,2, col. 2213.

[181] THKOLOdlE SPÉCULATIVE .*).")

la présence du Quicumr/uc parmi les (ruvres de Césaire dans plusieurs recueils de provenance arlésienne ^

M. Arnold et d'autres ne peuvent su|)porter Tidée (jue Césaire aurait mis le nom d'Athanase sur celte pièce * : c'est un faux ! Le titre paraît bien, en elTet, avoir été dès l'origine : Fidescdthollcasancti Athanasii episcopi. Césaire la cite sous le nom de l'évêque d'Alexandrie *. Mais (( Césaire avait pour habitude de mettre en tète de ses compilations le nom du Père, de l'écrivain ecclésiastique, dont les ouvrages authentiques ou supposés lui avaient fourni, ne fût-ce que quelf[ues lignes, une sentence, quelques mots même '*. » Dom Morin en donne des exemples pour Athanase et pour saint Augustin '. L'objection témoigne d'une certaine ignorance des idées antiques sur la propriété littéraire. Les anciens avaient le respect de la tradition. L'abréviateur mettait sur son Epîtonie le nom de l'auteur original plutôt (jue le sien. Les scruj)ules ont changé de nature. Emile Zola s'interdit d'inscriie les noms de Goyau, Pératé, Fabre sur la couverture de Home.

Le symbole athanasien répond à ce que Ton attend de l'évèque d'Arles. Dom Morin La très bien dépeint. <( Le Quicumrjue est une sorte de catéchisme élémentaire, destiné à mettre à la portée des esprits, même les moins cultivés, les formules dogmatiques élaborées «i la suite des errandes hérésies des iv® et v^ siècles touchant la Trinité et rincarnation : le tout avec un certain accent pratique qui ne s'accuse pas au même degré dans la plupart des anciennes professions de foi. » A ce but concourent « la

1. Munich 6298, vii*^-viii" s.; (i.'iii, ix'" s.; etc. \'oy. Mokin, /. c, p. 361.

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