Rom.^ XI
[223] LE PÉCHK ORIGINEL KT LA GIIACE ().'i
les conséquences extrêmes du système aun^ustinien. Les objections ([u'on devrait lui opposer sont pour lui niilaiit d'aHirmations où il triomphe. I^e semipélagien suppose que Dieu veut le salut de tous, mais que tous ne le veulent pas '. « Cela pourrait encore se soutenir, réplicpie vertement Césaire, des gens d'âge mùr ; mais ([ue dire de tant de milliers d'entants, d'iiéréticpies, de Juifs et de païens, qui n'ont pas le désir ni la possibilité de demander le baptême ? Cependant, puisqu'ils meurent sans la grâce de Dieu, ce que tu crois aussi, à cause du })éclié originel ils sont perdus pour Téternité. Au contraire, on peut voir un nombre considérable d'enfants, sans nuls mérites antécédents, recevoir le sacrement du baptême, quand^ils ne peuvent encore ni le demander, ni vouloir, ni croire, et après avoir reçu la grâce on les voit mourir aussitôt et régner avec le Christ ~. » Qu'on ne rejette pas la faute sur la négligence des parents : la faute des parents ne sauve pas les enfants, et souvent l'enfant meurt quand on court le porter à l'église -^
On doit donc seulement, conclut Césaire, rendre grâces de la miséricorde et adorer les jugements de Dieu, ces jugements impénétrables et insondables, ordinairement cachés, mais qui ne sont jamais injustes * : 0 alti-
1. « Dicis forte: « Deus quidem uult omiies ut crcdant iii eo, sed « non toti uolunt. » 78-79.
2. « Etiam hoc de senioribus possitdici; quid respoiidebis de lot milibus inf'aiitum, haereticorum, Iiidaeonim et paj^anorum, qui uec uoluntatem habent nec possibililatem ul baplismum quaerere possiul. Tamen, cum siue Dei ^M-atia moriaiitur, (juod clianiet tu credis, pmplcr orif^inale peccatuni pereunt in aetcruuin. VX e contrario uidcas uullis praecedentibusmeritis non paruuni uumorum infantum baplisnii sacramentum accipere, cum adhuc nec petere nec uelle possint nec credcre, et post acceptam f,^ratiam statini mori et cum C'Jiristo re^Miare. » 87-9.').