‹ Le rôle théologique de Césaire d'ArlesChapitre 33 sur 84 · Saint Césaire^ p · texte numérisé non relu

Saint Césaire^ p

2. Pomère avait écrit un De Jintura animae en \ III livres aujourd'hui perclus. Le second traitait la question : Vtrum anima incorporea an corporea deheai credi ; le quatrième : Vtrum anima^ quae nasciluro

[243] LE PKCm'; (nn(;iM:L kt la (;i<ack 83

(jiiel(|ue temps '. On ne lui devait j)lus (jiie les égards dus à la mémoire d'un saint personnage, conlesseur de la foi catholique devant un prince arien. Tout favorisait I augustinisme bien avant que Césaire eut recueilli Théritage du vieil évéque d'Arles.

La lettre d'Anastase 11 peut passer pour un accident Mais elle montre î\ quel point les milieux romains étaient désormais inclinés vers les idées de saint Auofustin. On en eut une nouvelle preuve dans l'affaire des moines scythes. En 431, Célestin avait donné à Prosper une lettre sur laquelle les adversaires d'Augustin avaient eu toute facilité d'ergoter. Plus de quatre-vingts ans après, en 519, Hormisdas condamnait les écrits de Fauste ' et recommandait ceux d'Augustin, notamment le De praedestinatione sanctorum , un des traités qui avaient ému autrefois si fort les Marseillais et que Célestin n'avait voulu ni

corpori infuudenda est, nou,i fi^il .sine pcccnfo, an ex sul)stnnli;i nnimne pruni honiinis, uehit propugo ex radiée jjroduclft, elinm peecalum primae animae seeiim oT'if/inaliler Irahal f addition à Gknnadivs, De uiris mlustrihus, xcix ; éd. Richardson, p. 96).

1. La dernière date de Fauste est son retour d'exil en LS5 ; en TWMK Avitus en parle comme d'un homme mort depuis quelques années. Voy. Engelbrecut, Fausli opéra (Vienne, 1891), p. xi.

*2. Tel est le sens de la réponse. M. Tirmel, Revue, t. IX (19()4), p. 510, traduit littéralemenl ; M.Arnold, Caesarius, p. .S33, dit qu'IIormidas s'exprime sans précision ; M. Malnorv, Samf désaire, p. l.")!, prétend qu'il ne voulut pas condamner Fauste. \'oici le texte : « Ili uero quos nos de Fausti cuiusdam Galii antistitis dictis consuluisse litteris indicastis, id sibi responsum liaheanl . NcMpie ilium recipi necpie quemquam quos in auctoritate Fatrum non recipit examen catholicae fidei aut ecclesiasticae disciplinae amhiguitatem posse }j;^ig-nerc aut religiosis praeiudicium comparare. l'ixa sunt a Fatribus quae fidèles sectari debeant instituta : siue inlerpretalio sine praedicalio seu uerbum j)opuli aedificationi compositum, si cum lide recta et doctrina sana concordat, admittitur; si discordât, aboletur. » Episl. LXX , P. A., t.

LXIIL col. 492 B. On peut imaginer une condamnation plus expresse.

Mais le sens «général de recipere, non reeipere, est trop connu pour

qu'on puisse hésiter sur la pensée d'IIormidas. Il est éclairci au surplus

j)ar l'opposition de admittitur et de aboletur.

84 LE ROLE THÉOLOGIQUE DE CÉSMRE d'aRLES [244]

approuver ni désigner ^ Les papes avaient suivi le vent.

Il n'en était pas encore tout à fait de même en Gaulé. On a établi un lien direct entre le débat sur Fauste et le concile d'Orange '^ : cette supposition n'est pas nécessaire. La question de la grâce était toujours discutée et les sermons de Gésaire montrentqu'il n'évitait aucune occasion d'insinuer sa doctrine. Mais les œuvres écrites par Fulgence de Ruspe à l'occasion de ce débat purent être pour l'infatigable prédicateur une mine précieuse ; il a pu en tirer des homélies et des tracts avec son ordinaire sans-gêne. Fulgence lui a fourni des formules trinitaires ^ ; il a pu lui donner aussi quelques développements sur la nécessité du baptême et sur l'efficacité des secours divins. Gependant ces rapports littéraires sont insuffisants pour expliquer une manifestation comme celle d'Orange.

Les débats de doctrine n'ont pas toujours l'importance qu'ils paraissent avoir. Us masquent souvent des compétitions ecclésiastiques et des visées plus concrètes. Gésaire avait gagné la partie engagée depuis tant d'années entre les métropoles d'Arles et de Vienne (513 et 514). Avit de Vienne, mort le 5 février 518 ^, n'avait pas survécu bien longtemps à sa défaite. Son successeur, Julien, pouvait chercher à reprendre sur l'adversaire une partie du terrain conquis \ On ne pouvait s'attaquer directement

Page 1