Voy. Revue, t. I\ (1904), p
•2. « Libertatem iioluntatis humanae non exstinctam, sed adtenuatam et infirmalam esse. » Fauste, lettre ii, p. 160, 17 Fn(;.
3. u Post primi hominis lapsum de toto arbitriiini uolunlalis cxslinctum. » //>., p. 165, 20.
ne peut, comme il devrait, ou aimer Dieu, ou croire en Dieu, ou faire pour Dieu ce qui est bon, à moins qu'il ne soit prévenu par la grâce de la miséricorde divine K » On notera l'incise sicut oportuit, « comme il devrait » ; elle se retrouve au canon vi et au canon vu {iit expedit) à propos de l'action du Saint-Espritsur l'âme qui accomplit les bonnes œuvres. C'est un rappel de la doctrine de l'apôtre Paul (/?o/?i., VIII, 26): Quid oremus sicut oportet nescimus. L'infirmité de la volonté et la nécessité de la grâce prévenante sont nettement opposées. Césaire ne fait au surplus que reprendre sous une forme affirmative une doctrine proclaméedans le canon viii sous forme de proposition condamnée ^. Si donc une épithète de Fauste revient sous sa plume, c'est peut-être, comme dans le canon v, comme dans le sermon sur le Pharaon, un moyen discret de désigner l'évèque de Riez sans le nommer. Césaire n'a pas peur du jugement porté par saint Augustin sur le libre arbitre de l'homme déchu ; il a laissé au canon xiii les fortes expressions de Prosper : « Le libre arbitre, perdu, n'a pu être rendu que par celui par qui il avait pu être donné ^. » L'évèque d'Arles était donc bien éloigné de l'affaiblissement de la volonté tel que l'avait conçu Fauste de Riez.
D'autres passages de la profession de foi ont paru contredire la doctrine d Augustin sur a le don de la persévérance ». Césaire réclame la collaboration active de
1 . u Debemus et credere quod per peccatum primi hominis ita inclinatum et adtenuatum Cueritliberum arbilrium ut nullus postea aut diligere Deum sicut oportuit aut credere in Deum aut operari propter Deuni quod bonum est possit, nisi eum gratia misericordiae diuinae praeuenerit. » Édition Maassrn, p. 51, 1. 20.
2. ((. Is enim non omnium liberum arbitrium per peccatum primi hominis adserit infirmatum aut certe ita laesum putat ut tamen quidam ualeant sine reuelatione Dei mysterium salutis aeternae per semelipsos posse conquirere. » Édit. Maassen, p. 48, 1. 20.