‹ Le rôle théologique de Césaire d'ArlesChapitre 39 sur 84 · COLLEGE · texte numérisé non relu

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[261] LE PÉCHK (>HI(;iNEL ET LA (MIACE |()|

riionime, soit pour obtenir le haplcme, soil pour accomplir les commandements après le baptême '. Mais saint Augustin exige de son côté la collaboration de l'homme. Il termine son livre De gralid et libero arbitrio j)ar cet encouragement : « Soyez assurés que votre labeur nc^ sera pas vain, si, vous avançant dans le bon piopos, vous persévérez jusqu'à la fin '. » II serait banal de dire qu'il n'a jamais déconseillé TefTort des chrétiens. Césaire tient ferme lui aussi « les deux bouts de la chaîne » : le chrétien doit agir pour son salut, aucune action bonne ne vient de lui. Il réunit les deux idées dans la même phrase ^ Par une sorte de réaction, qui n'est pas une contradiction, les doctrines c[ui limitent le plus le rôle de la liberté sont souvent celles qui exigent le plus TefTort de la liberté : Prométhée défie la fatalité.

Enfin, cette dernière partie des actes répond à l'une des accusations portées contre Césaire. « Que quelquesuns soient, par la puissance divine, prédestinés au mal, non seulement nous ne le croyons pas, mais même, s'il en est qui veulent croire une pareille horreur, avec la plus grande indignation nous leur disons anathème ''. » Saint Augustin avait parlé quelquefois de prédestination

1. « Ipse (Deus) nobis nullis bonis praecedentibus merilis et lidoni et amorem sui prias inspirât ut et baptismi sacramenla fideliter rcquiramus et, post baptismum, cum ipsius adiutorio ea quac sibi sunt placita implere possimus, » lùlil. Maasskn, p. 5*2, 1, '23.

*2. «Gerti estote quia non erit inanis lal)or uestor si in bono proposilo l)rolicientes perseueretis usque in fincni. » \.\ni, i.") : P. A., l. \LT\ . col. 911.

3. " Secunduni tidem catholicani credinius qudd... oniiius baplizHti, Chrinlo nuxiliunle cl cooperuuic. (jiiae ad salutcin auimae pertinent possint et debeant, si fidelilcr hibontrc iio/ncrinl, adimplere. »» Édit. Maassen, p. 52. 1. 16.

^. « Ali(|nos uem ad ni;iluni diiiiiia polcstate praedestinalos esse non soluni non credimus, sed etiam, si sunt qui tantuni mali rredere uelint, cum omni detestatione illis anathemam dicimus. » //>., p. 52, I. 18. C'est le seul anathéniatisme de ce concile.

à la peine ; mais il n'avait pas nommé une prédestination au péché. Ce procès de la prédestination, qui avait été soulevé par les Marseillais, se poursuivait donc^ . Gésaire, après Prosper, était obligé de condamner la prédestination au mal. Nous avons là, sans aucun doute, l'explication du concile de Valence et le thème sur lequel brodaient les ennemis du primat des Gaules.

Le primat avait une douce obstination, vis-à-vis du siège apostolique comme vis-à-vis de ses ennemis. A Rome, on s'en tenait encore au jugement porté dans les Capitula attribués à Gélestin. On admettait bien dans l'enseignement privé les conséquences du système d'Augustin ; mais on croyait qu'il était inopportun de les avouer officiellement. On pensait qu'il y avait dans ces débats plus d'un problème incertain, plus d'une vérité à garder dans les cellules des docteurs et à préserver des méprises des fidèles et des disputes des conciles^. Gésaire ne se l'était pas tenu pour dit. Par des amendements, il avait trouvé le moyen de trancher indirectement quelques-unes des questions qui lui tenaient au cœur. La mention du baptême, ajoutée dans une sentence et répétée dans la finale, entraînait la condamnation implicite des païens, des infidèles et des enfants morts sans baptême ^. Une correction dans le canon xx et une proclamation solen-

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