‹ Le rôle théologique de Césaire d'ArlesChapitre 43 sur 84 · Concile d"Ag"de, canon xviii · texte numérisé non relu

Concile d"Ag"de, canon xviii

l'IO LE ROLE THÉOLOGIQtJE DE CÉSAtRE d\rLËS [447]

restaient n'était pas édifiante. Ils causaient de leurs affaires ou même ils tenaient des propos moins inoffensifs. Pendant les lectures et le sermon, les femmes s'étendaient tout de leur long sur le pavé et bavardaient au point de couvrir la voix du lecteur ou du prédicateur ^.

Les évêques d'Arles avaient eu quelque tort. Honorât prêchait pendant des heures. Avec lui, la messe ne durait pas moins de quatre heures. Honorât était un ancien religieux de Lérins. comme son prédécesseur Hilaire. Ces évêques, habitués à la vie du cloître, étaient mal préparés au maniement des hommes. Leur conception rigide se heurtait à la vie. Les étranges procédés d'Hilaire avaient amené une rupture durable entre le siège d'Arles et celui de Rome. Honorât, en voulant imposer son idéal de moine, incompatible avec la vie dans le monde, avait lassé les fidèles. Césaire avait traversé Lérins, mais il n'y avait pas séjourné au point de perdre la notion des réalités. Le monastère avait été seulement une des expériences multiples où s'était formé son esprit, entre le stage fait dans le clergé de Ghalon et les années d'apprentissage sous la direction de Pomère et d^Eone. Son bon sens eût sans doute suffi à le préserver des erreurs d'Honorat.

Telle était la situation. Nous n'avons pas à suivre les efforts de Césaire pour établir une discipline dans le clergé et parmi les fidèles, ni à définir cette discipline. Pour achever de déterminer son rôle théologique, nous avons à dégager de ses sermons ses théories sur la morale et sur les moyens de sanctification ^.

1. « Aliquae de fîliabus nostris..., ubi uerbum Dei coeperit recitari, quasi in lectulis suis ita iacere uolunt. Atque utinam uel iacerent tanlummodo ettacentes uerbum Dei sitienti corde susciperent, non etiam se ita otiosis fabulis occuparent ut quod praedicatur nec ipsae audiant nec alios audire permiltant. » App., 300, 1 ; col. 2319.

2. Nous laisserons aussi hors du sujet les conseils aux religieux. Cette partie de l'œuvre de Césaire ne peut être séparée de l'étude des règles et de son rôle comme instituteur monastique.

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L'tMincmi de Tévêque est le péclié. Par le |)éclié est détruit le temple de Dieu, la demeure tlu Saint-Ksprit, que la grâce édifia dans l'a me '. Par le péché l'homme est de nouveau réduit dans la servitude qu'avait brisée le Christ en descendant aux enfers ''.

Mais Césaire rencontrait aussitôt les objections des astrologues et des manichéens. « Le serpent diabolique par Pintermédiaire des astrologues et des manichéens donne aux hommes le conseil de ne point reconnaître leurs péchés. Par la bouche des astrologues, il dit : a Est-ce (( que Phomme pèche ? telle est la disposition des étoiles, (( il est fatal que Phomme commette le péché. » Il dit donc par Porgane des astrologues que les étoiles font que Thomme pèche, mais lui-même ne pèche pas... De même par certains manichéens, il suggère : « Ce n'est pas toi « qui pèches, c'est la gent des ténèbres; toi, tu n'es pas « en faute. » C'était un des prétextes dont on usait pour refuser de faire pénitence. « Quand on reprend certains hommes, et qu'on leur dit : « Pourquoi avez-vous fait cela?», ils répondent : « Mais c'est le diable qui a fait cela ^ » Césaire consacre une de ses plus longues homélies à répondre et à montrer le danger de ces illusions. M. Arnold a pensé que les partisans de l'astrologie auxquels il s'attaque sont des priscillianistes '' ; peut-être a-t-il

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