‹ Le rôle théologique de Césaire d'ArlesChapitre 53 sur 84 · Tobie, vi, 18; voy. Freisen, /. c, p · texte numérisé non relu

Tobie, vi, 18; voy. Freisen, /. c, p

4. Westermarck, Origine du mariage, trad. H. de Varigny, p. 145. Je renvoie à cet ouvrage comme à un répertoire commode et accessible au lecteur français, mais sans prendre la responsabilité de l'approuver ou de le critiquer. L'aspect ethnographique de ces prescriptions de Césaire doit être mis en lumière, pour qu'on s'en forme un jugement. Il n'est pas dans ma tâche d'aller au delà de ces indications ; je laisse aux spécialistes la discussion des faits et le soin des théories. — (( Chez les Berbères de l'Atlas marocain, la femme reste trois jours dans la maison du mari avant la consommation du mariage. » Haris, Tafilelt, p. 101 ; cité par Gaudefroy-Demombynes, Les cérémonies du mariage chez les indigènes de i Algérie (Paris, 1901 \ p. 54, n. 1.

5. u Mulieres quando maritos accipiunt, per triginta dies intrare in ecclesiam non praesumant ; quod etiam similiter uiri obseruare deberent. » App., '292, 5; col. 2299.

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doute guère qu'il s'agit d'un tabou préhistoricjue et cjue la Femme plus spécialement contracte Timpureté. « On considère la femme enceinte le plus souvent comme impure ^ » L'impureté ne peut, en effet, avoir pour riiomme ([u'un caractère passager, tandis qu'elle se prolonge pour la femme par la conception ; et, d'une manière générale, la femme est considérée comme impure'-*.

L'interdiction de Césaire est tout de même étonnante. On ne trouve rien de semblable dans les documents chrétiens. Les textes canoniques que 1 on rapporte à Théodore de Gantorbéry contiennent cette interdiction ; mais elle n'est en vigueur qu'une seule fois, après la bénédiction nuptiale '^ Un autre document, nécessairement appa-

1. Westkrmarck, p, 456. — « Quant à Torigine do cette impureté sexuelle, on peut peut-être la rattacher au sentiment instinctif contre les rapports entre les membres de la même l'amille ou de la même maison. L'expérience tend, je crois, à prouver (juil existe, entre ces deux sentiments, une association qui se montre de plusieurs manières. L'amour sexuel est entièrement banni de la vie domestique, et il est raisonnable de supposer que lorsqu'il apparaît en d'autres relations, une association d'idées attache une notion d'impureté au désir et une honte à la satisfaction de ce désir. » In., ih., p. 449.

*2. Dans les canons mis sous le nom d'IIippolvte, la femme qui a mis au monde un «garçon est exclue de l'église pendant vin^^l jours et, après ce délai, doit se tenir hors du lieu sacré [extra locum sacrum) pendant quarante jours. Ces chiffres sont doublés, si elle a eu le malheur d'avoir une fille (canons 17 et 18). \'oy. plus loin, la citation du pénitentiel attribué à Hède, p. 474, note '2. D'après le pénitentiel de Théodore (in, xii, 30), mari^us nondeheluxorem sumn niidani uidere\ cf. avec ce tabou, l'histoire de Gygès, celle de Psyché, etc.

3. Pénilentiel de Théodore, I, xiv, I : « In primo coniugio prcsbyter débet... benedicere ambos et poslea abstineant se ab ecclesia XXX diebus, quibus peractis, paeniteanl xi. diebus et uacent oralioni et postea communicent cum oblatione. » Textes parallèles dans les Cnnones (irer/orii, 62, et les Cupiluln Dacherinna, 34. a Chez les Arabes du Sinaï, il est convenable c(ue la jeune mariée reste au moins quinze jours après le maria^^e dans l'intérieur de sa lente et n'en sorte qu'à la tombée du jour. » Hirckiiaudt, Voi/af/es en Arahie, Irad. Kvriès (Paris, 1855j, t. III, p. P.)3 ; cité par G.MnEFRov-DEMOMnvNES, /. c, p. 75, n. '1.

rente à ces livres anglo-saxons, les réponses de Grégoire le Grand aux questions d'Augustin, le premier évêque de Gantorbéry, parle d'une exclusion répétée chaque fois, mais restreinte à un temps fort court. Il est assez curieux de voir que le pape a soupçonné le caractère en quelque sorte ethnographique de ces pratiques : « Quoique à ce sujet, les divers peuples aient divers sentiments et diverses observances, les Romains, dès les temps les plus anciens, ont eu coutume, après leur union avec leur femme légitime, et de chercher la purification de l'eau et de s'interdire par respect l'entrée de l'église pendant un peu de temps ^ » Grégoire ne parle que des hommes : ce sont les termes de la question d'Augustin. Mais il insinue que la pureté des femmes doit être, à plus forte raison, encore plus surveillée ^. La réponse de Grégoire a passé dans les compilations canoniques ^.

Il semble donc que, sur ce point, Césaire a introduit dans l'usage chrétien une pratique que les nécessités de la vie ont restreinte par la suite en deux manières différentes. Le contexte prouve qu'il s'agit bien d'une exclusion renouvelée chaque fois. L'interdiction est insérée dans une discussion sur la culpabilité du plaisir que l'on recherche dans Taccomplissement du devoir conjugal.

1. « Quamuis de hac re diuersae hominum nationes diuersa sentiant atque alla custodire uideantur, Romanorum tamen semper ab antiquioribus usus fuit posL admixtionem propriae coniug'is et lauacri purificationem quaerere et ab ingressu ecclesiae paululum reuereiiLer abstinere. » Gregorii I Begistrum, XI, lvi a, 8 ; éd. Ewald, Hartmann et MoMMSEN [Monumenta Germ. hist.), p. 340, 25. Un peu plus haut, il dit que, dans Fancienne loi, il était défendu d'entrer à Tég^lise [sic] avant le coucher du soleil, ante solis occasum ecclesiam non intrare (cf. Leii.^ XV, 16). Cette référence montre quelle étendue il assigne à paululum. L'obligation du bain, pour Thomme, souvent réduite à un simple lavement des mains, se trouve dans les pénitentiels (Théod., III, XII, 29).

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