GÉNÉRALE
La doctrine du péché est, dans Toeuvre de Césaire d'Arles, la partie la plus intéressante sinon la plus originale. Ses idées sur les moyens de sanctification ont moins d'imprévu et n'ont soulevé aucun débat passionné.
On peut les rattacher, comme il le faisait lui-même, à la doctrine du péché, qui reste ainsi le centre de sa morale. Contre le péché originel, le Christ a inventé un remède, la régénération baptismale. Contre le j)éché actuel, il y a, naturellement, une plus grande variété de moyens. Pour le réparer, on dispose de la pénitence contre les péchés capitaux, des bonnes œuvres contre les péchés menus. Nous avons indiqué précédemment cette double série de remèdes, parce qu'elle achève la distinction des deux espèces de péchés actuels, les péchés pénitentiels et les péchés non soumis à la pénitence. Nous avons maintenant à étudier ces remèdes en eux-mêmes.
Mais il n'y a pas seulement à réparer le mal causé par le péché actuel. On peut le prévenir. Nous considérerons
comme des préservatifs l'œuvre de la conversion, qui remplace dans l'âme les vices par leurs contraires; 1 édification mutuelle procurée par les conversations pieuses et par le bon exemple ; la contrainte salutaire exercée sur les subordonnés par les supérieurs.
Quand nous aurons achevé cette étude, nous verrons ce qui reste hors de ce cadre ; nous y aurons fait rentrer tout l'essentiel. Ce résultat achèvera de caractériser le rôle théologique de Gésaire.
La première naissance de l'homme à la lumière est, par le fait du péché originel, une naissance à la mort^ . Une deuxième naissance est nécessaire pour arriver à la béatitude céleste ^. De ce point de vue exclusivement, Gésaire considère le baptême. Les auteurs un peu plus anciens le présentaient comme une initiation. Nous n'avons plus aucun rituel, aucun traité d'initiation aux mystères païens. Mais nous pouvons nous en faire une idée en lisant des œuvres comme le De Mysterils de saint Ambroise ou le De Sacramentis^ qui provient du même milieu. Toutes les cérémonies sont autant de degrés par lesquels le profane accède lentement aux mystères. Des monitions répétées le préparent à ouvrir ses yeux et son âme aux révélations de la grande veillée. Dans la nuit solennelle, depuis le moment où il descend dans la piscine jusqu'à celui où il est admis à la table des fidèles, il parcourt tout le cycle de ces mystères sur lesquels on lui a enjoint de garder le secret le plus profond. Sa régénération