App., 10, 4; col
*2. « Qui fuit superbus, sit humilis ; qui luit incredulus, sitlîdelis; qui fuit luxuriosus, sit castus ; qui fuit latro, sit idoneus ; qui fuit ebriosus, sit sobrius ; qui fuit somnolentus, sit ui{,nl ; qui fuit auarus, sit largus; qui fuit biling^uis, sit boniloquus ; qui fuit detractor aut inuidiosus, sit purus et benignus ; qui aliquando larde ad ecclesiam ueniebat, modo frequentius ad eam currat. » App.^ 244, 3; col.
quel ministère t'est confié. Et en conséquence, si jusqu'à présent tu as été lent à venir à Téglise, désormais tu dois y être assidu ; si jusqu'à présent tu as été somnolent, désormais tu dois être vigilant ; si jusqu'à présent tu as été adonné à l'ivrognerie, désormais tu dois être sobre ; si jusqu'à présent tu n'as pas été modeste, désormais tu dois être chaste '. » Cette allocution s'adresse au candidat au sous-diaconat. Elle a passé, modifiée, dans le pontifical romain. « Cette allocution est bien extraordinaire. Elle suppose que l'on introduitdans le clergé des hommes qui ont pu être inhonesti, c'est-à-dire qui ont pu commettre des péchés entraînant la pénitence et l'irrégularité ^. » Césaire, moins que personne, eût admis cette hypothèse : il s'est efforcé d'établir en Gaule la discipline romaine, qui excluait des ordres les pénitents *\ Mais peut-être ne faut-il pas prendre ces qualificatifs au pied delà lettre. Il ne serait pas contraire aux habitudes de Césaire de forcer quelque peu la note et d'employer dans une exhortation morale des termes qui dépassent la réalité. Je ne dis pas que l'allocution du pontifical soit son œuvre; je laisse à d'autres le soin de chercher si son style peut se retrouver dans d'autres parties du cérémonial gallican. Césaire a fortement empreint, même de ses couleurs littéraires, les générations suivantes. L'analogie du ton et du mouvement m'a paru mériter une remarque ^.
1. « Vide cuius ministerium tibi traditur. Et ideo si usque nunc fuisti tardus ad ecclesiam, amodo debes esse assiduus ; si usque nunc somnolentus, amodo uigil ; si usque nunc ebriosus, amodo sobrius ; si usque nunc inhonestus, amodo castus. » Missale Francorum.
2. DucHESNE, Oricjines du culte chrétien, 3® éd., p. 367, note 3.
3. Statuta^ lxxxiv; cependant Tadmission d'un pénitent à un ordre mineur, comme le sous-diaconat, n'aurait pas été une infraction à la léf^islation un peu plus conciliante des conciles d'Agde et d'Arles. Voy. Malnory, Césaire, p. 62.
4. Il y a encore d'autres morceaux de même dessin : u Qui fuit ebriosus, sit sobrius ; sit patiens qui fuerat iracundus; qui solebat rcs
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Présenter la prati([iic de la vertu coin me un passage du vice à un état meilleur et rétluire l'imitation du Christ à cet efTort nécessaire et modeste •, c'est supposer (jue l'homme par lui-même ne peut être qu'orgueilleux, sensuel, avide. Pour Césaire, la vertu est un état relatif, auquel le fidèle parvient après s'être dégagé du vice; il la définit en quelque sorte en fonction du péché. Cette manière de concevoir le progrès spirituel et de prêcher la morale s'accordait avec les habitudes d'un public peu délicat ; mais elle cadrait surtout parfaitement avec faugustinisme le plus rigoureux. Prosj)er avait dit : (( Personne n'a de soi que mensonge et péché », et cette proposition, insérée par Rome dans les canons d'Orange, avait été signée par Césaire ^.
Pour sortir de cette déchéance inhérente à l'homme, aucun moyen ne peut être négligé. Césaire n'a garde d'omettre les moyens extérieurs. Le bon exemple est un thème fréquent chez lui et il rend le pécheur responsable
aliénas rapere, incipiat etiam proprias pauperibus erogare ; qui solebat maleclicere, benedicat; qui solebal periurare, etiam a iuramento abstineat ; qui consueuerat detrahere, semper quod boiium est loqui studeat; qui luerat inuidus, pius esse coutendat ; qui erat superbus, sit humilis. Et hoc ordine semper contrariis studeamus sanare contraria et, destructis uitiis, uirlutes festinemus struere. » App., 17, 3; col. 1776. \'oy. 33, 3, col. 1812 : « Quem furor cepit, sapientia possidebit ; etc. » ; 265, 3, col. 2'238 : « Qui fuit superbus, sit humilis; etc. » ; 298, 3, col. 2316 : « Qui solebat esse luxuriosus, sit castus ; etc. ».
1. « Vestigia sequi », App.^ 2il, 3. Cf. cependant plus haut, p. 76 et note 2. — Tertullien dit des chrétiens qu'ils sont nec aliunde noscihiles qiiam de emendafione uiliorum [Ad Scapulam, ii, fin ; I, p. 5i2 Uehleri. Mais il oppose les vertus des chrétiens aux vices des païens et ne donne pas un sens technique à ses paroles. C'est en comparant des phrases de ce j^enre, d'apparence semblable de part et d'autre, que l'on peut mesurer le chemin parcouru et la dillérence des pensées.
2. « Nemo habet de siio nisi mendacium et peccatum. » Frosper, Se«/. cccxxv ; concile d'Orang^e, can. xxii. Voy. plus haut, p. 102, n. 3.
non seulement de ses propres fautes, mais de celles que d'autres commettent à son imitation ^
Il paraît compter davantage sur sa propre parole. On sait quelle importance il attachait au devoir de la prédication, avec quelle insistance il Ta rappelé aux évêques dans les conciles et dans un opuscule publié pour la première fois par M. Malnory, et comment une partie des admonitions ont étéécrites par lui en plusieurs rédactions pour servir aux sancti sacerdotes incapables de composer eux-mêmes des sermons ^. Dans son auditoire même, il cherche de ces espèces de répétiteurs qui rapporteront le sermon aux absents ou en rafraîchiront la mémoire à ceux qui pourraient l'oublier. « Qui peut retenir tout ce que nous disons, qu'il rende grâces à Dieu et qu'il montre toujours aux autres ce qu'il retient. Qui ne peut tout retenir, qu'il se rappelle du moins quelque partie. Car si un seul ne peut pas tout retenir, que chacun retienne le tiers ou le quart du sermon ; et tandis que l'un répète à l'autre ce qu'il a entendu, en vous rapportant le sermon les uns aux autres, non seulement vous pourrez retenir le tout de mémoire, mais aussi l'accomplir par de bonnes œuvres avec l'aide du Christ. Que l'un dise à l'autre : (( Moi, j'ai entendu mon évêque dire telle chose (( de la chasteté. » Que l'autre dise: f( Moi, j'ai présent (( à Tesprit son sermon sur l'aumône. » Qu'un autre dise: (( 11 est resté dans ma mémoire qu'il a dit de cultiver (( notre âme comme nous cultivons nos terres ». Qu'un autre rapporte : « Moi, je sais que mon évêque a dit que
1. « Nemo se circumueniat, fr. car. ; nullus homo sibi uiuit aut sibi soli moritur. Sed, sicut fréquenter sugg'essi,quantoscumquealiquisexeniplosanctaeuitae aedificauerit, cum tantis et pro tantis mercedem beatae retributionis accipiet; et quantiscumque exemplum malae conuersationis, etiamsi non eum illi sequantur, praebuerit, pro tantis se malis rationem nouerit redditurum. » App.^ 168, 4; col. 2071.