‹ Le rôle théologique de Césaire d'ArlesChapitre 64 sur 84 · LES MOYENS DE SANCTIMCATION I · texte numérisé non relu

LES MOYENS DE SANCTIMCATION I

u celui qui sait ses lettres s'a|)pli(jue à lire TEcriture (( divine ; cjue celui cjui ne les sait pas, se cherche et u demande qui devra lui relire les préceptes de Dieu, c( pour qu'il puisse accomplir avec l'aide de Dieu ce qu'il c( aura lu. )i Qu'un autre dise : « Moi, j'ai entendu mon « évêquedire que, de même que les marchands qui ne « savent pas leurs lettres louent, pour s'enrichir, des « mercenaires qui les savent, de même les chrétiens « doivent demander et, s'il est nécessaire, même (( payer un salaire, pour qu'on leur lise l'Ecriture divine, (( afin que, comme le marchand par la lecture d'autrui (( s'enrichit, ainsi eux, ils acquièrent la vie éternelle '. » Ce long passage, tout en donnant uneidée de l'éloquence Familière et vivante de Césaire, montre quelques-unes de ses inventions pour dispenser à ses ouailles l'enseignement religieux. Cette collaboration des fidèles à la tâche de l'évêque doit aller jusqu'à la coercition et au châtiment corporel des indociles. C'est un devoir qui dégage la

1. u Qui potest totum retinere qiiod dicimus, Deo gralias ag"at et aliis quod retinet semper ostendat. Qui totum non potest retinere, uel partem aliquam recordetur. Et si totum unus non potest, singuli ternas uel quaternas sententias retinete. Et dum unus alteri insinuât quod audiuit, totum uobis inuicem referendo nonsolum memoriter retinere, sed etiam bonis operibus Christo adiuuante poteritis implere. Dicat unus alteri : K^o audiui episcopum meum de castitate dicentem. Alius dicat : Kj^o in mente habeo illum et de eleemosynis praedicasse. Alius dicat : Hemansit in memoria mca quod dixit ut sic colamus animam nostram quomodo colimus terram nostram. Alius referai : Ego retineo dixisse episcopum meum ut qui nouit litteras scripturam diuinam studeat lej^^ere ; ({ui uero non nouit, quaerat sihi et rofj;et qui illidebeat Dei praecepta rele^^ere ut quod le^-^erit possit Deo adiuuante complere. Dicat etiam alius : Kgo audiui episcopum meum dicentem quod, quomodo negotiatiores qui non nouerunt litteras conducunt sibi mercennarios litteratos ut acquirant pecuniam, sic christiani dobent recpiirere et ro{.;:are, et, si necesse est, etiam et mercedem dare, ut illis debeat aliquis scripturam diuinam relegere, ut, quomodo nej5a)tiator alio legente acquirit pecuniam, sic illi acquirant uitam aeternam. » A/;/j.,.m3,8;col. -i.'i'iH.

responsabilité des voisins, de réprimander les adultères et de les dénoncera Tévêque s'ils n'écoutent pas ^ 11 faut reprendre et menacer ceux qui n'assistent pas à la messe jusqu'à la bénédiction du prêtre et qui s'en vont après les lectures et avant le sermon 2. Mais c'est surtout contre les survivances du paganisme que Gésaire fait appel à l'intervention des bons chrétiens. Si l'on ne veut point participerau péché, que l'on ne permette pas aux hommes déguisés en cerf, en vache ou en d'autres monstres, de venir stationner devant la maison. « Châtiez-les plutôt et reprenez-les, et, si vous le pouvez, punissez-les sévèrement. Donnez à vos familles Tavis de ne point observer les coutumes sacrilèges des païens maudits ^. » Dans un autre sermon, il va encore plus loin : « Donnez des ordres sévères, reprenez terriblement. S'ils ne se corrigent, si vous le pouvez, frappez-les ; si même ainsi ils ne s'amendent, coupez-leur les cheveux ; s'ils s'obstinent encore, liez-les avec des entraves de fer, afin que ce que ne contient pas la grâce du Christ, du moins une chaîne le

1. « Vosuero si a uestris et ab alienis peccatis liberi esse uultis, nolite |:iarcere talibus (adulteris) ; et si uos secretius et frequentius admonentes audire noluerint, facile hoc ad humilitatis nostrae notitiam peruenire. » App., 288, 2 ; col. 2289.

2. « Monete eos qui nec orationem dominicam dicere nec benedictionem accipere uolunt ; et non desinatjs castigare, dicenles et definitissime comminantes quia nihil eis prodest quod diuinas lectiones audiunt, si antequam diuina mysteria compleantur abscedunt. » App.^ 281, 3; col. 2277. La bénédiction dont il s'agit est celle qui se plaçait, dans le rit gallican, entre la fraction de rhostie et la communion ; voy. Duchesne, Origines du culte chrétien^ 3^ éd., p. 222 et, plus loin, p. 184.

3. « Si in peccatis eorum participes esse non uultis, ceruulum siue iuuencam aut alia quaelibet portenta ante domos uestras uenire non permittatis ; sed castigate potius atque corripite et, si potestis, etiam cum seueritate distringite... Admonete ergo familias uestras ut infelicium paganorum sacrilegas consuetudines non obseruent. » App., 130, 2; col. 2004.

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