‹ Le rôle théologique de Césaire d'ArlesChapitre 65 sur 84 · J LES MOYENS DE SANCTIFICATION IGI · texte numérisé non relu

J LES MOYENS DE SANCTIFICATION IGI

contienne ^ » Cette sévérité contre les personnes est étendue aux objets du culte superstitieux : abandon et destruction des chapelles païennes, incendie des arbres consacrés, mise en pièces des autels du démon, tels sont les conseils ou plutôt les ordres que Gésaire donne dans le même sermon. H était secondé parles autorités. Nous venons de le voir exhorter les chrétiens à supprimer dans leurs familles les mascarades du jour de Tan. Dans un autre sermon, qui semble avoir été prêché un peu plus tard, il n'est plus besoin de donner cet avis : « Dieu, dit-il, a daigné vous inspirer de supprimer entièrement de cette cité cette abominable coutume '. » Il n'est pas douteux que la réforme a été provoquée par Gésaire ; c'est lui qui a fait un appel efficace au bras séculier.

Tous les moyens réunis ne peuvent prévenir toujours le mal. 11 faut le réparer. L'expiation du péché mortel est la pénitence.

Gésaire distingue nettement cette pénitence nécessaire et la pénitence publique. La pénitence obligatoire comprend les larmes et les gémissements, des jeûnes continus et prolongés, de larges aumônes, Tabstention de la communion ecclésiastique, un deuil porté longtemps. Il ajoute, comme une sorte d'exercice supérieur et plus méri-

1. (( Admonete durius, increpate seuerius ; et si non corri<;untur, si potestis, caedite illos ; si nec sic emendantur, et capillos illis incidite; et si adhuc perseuerant, uinculis ferreis adligate, ut quod non ienet Ghristi gratia, teneat uel catena. » Sermon publié par dom Morin, Revue hénécl., t. XIII (1896), p. 205, Ug;nes 32 suiv. Voy. aussi col. 2-239, 5.

2. (' Quia Deus placatus uobis inspirare dignatus est ut pro aniore fidei ista miserabilis consuetudo de hac ciuitate in inle^runi tolleretur... » App., 12î1, 3 ; col. 2002. Un autre indice que ce sermon a été prêché après le sermon 130 peut être relevé dans ce qui est dit du jeûne, pratique recommandée dans le sermon 130, obligatoire dans le sermon 129.

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toire, la pénitence publique K Ailleurs, il dit expressément : (( Celui qui a reçu la pénitence publique aurait pu la faire secrètement, » 11 ajoute : ce Mais, je pense, considérant la multitude de ses péchés, il voit qu'il ne peut suffire seul à des maux si graves ; aussi désire-t-il implorer Taidede tout le peuple ^.)) La pénitence publique est donc un moyen d'associer la communauté chrétienne à l'expiation personnelle ; elle est une des manifestations de ce que l'on commençait d'appeler couramment la communion des saints ^.

A l'origine, la pénitence ecclésiastique avait le caractère d'une mesure sociale: la communauté excluait de son sein les indignes. L'amélioration du coupable paraissait au second plan, par le choix des exercices qui lui étaient imposés. Au temps de Gésaire, on considère surtout l'âme du pécheur et son laborieux travail. On conçoit la possibilité de se livrer à la pénitence sans l'intervention des autorités ecclésiastiques, et même de l'embrasser, sans y être forcé, comme une carrière riche en fruits spirituels. La sanctification personnelle en devient le but principal. Le caractère social de l'exclusion

1. « Pro capitalibus uero criminibus non hoc solum sufficit; sed addendae sunt lacrimae, rugitus et gemitus, continuata et long"0 tempore protracta ieiunia, larg^iores eleemosynae erog-andae, ullro nos ipsos a communione l^cclesiae remouentes, in luctu et in tristitia multo tempore permanentes et paenitentiam etiam publiée agentes... Si aut uxor aut fîlius aut maritus mortui fuerint, in terram se collidunt homines, capillos trahendo, pectora tundendo, in luctu et paenitentia uel in lacrimis non paruo tempore perseuerant. Uogo uos, fratres, exhibeamus animae nostrae quod illi exhibent alienae carni. » App., 10 i, 7; col. 1948.

'2. u nie quidem qui paenitentiam publiée accepit, poterat cam secretius agere; sed, credo, coiisiderans multitudinem peccalorum suorum, uidet se contra tam grauia mala solum non posse sufficere ; ideo adiutorium totius populi cupit expetere. » App., 261, 1; col.

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