LES MOYENS DE SANCTIFICATION
pénitentielle s'efTace, et, nous venons de le voir, change même d'interprétation : la pénitence publique est surtout une forme de la participation de tous les fidèles à la sanctification de chacun.
Mais, si Ton en maintient l'obligation pour les péchés capitaux, on se trouve forcé d'en donner de fréquentes dispenses. Tous ces concubinaires que Césaire ne pouvait excommunier, parce qu'ils étaient trop nombreux \ venaient tôt ou tard à résipiscence. 11 est peu probable qu'il ait été plus facile de les astreindre à la pénitence publique que de les excommunier. Parmi les conditions de la pénitence publique, telles que Césaire voulait les maintenir, se trouvait l'interdiction de contracter mariacre ou d'user d'un mariage antérieur. Nous avons vu qu'il était obligé, en conséquence, à refuser la bénédiction nuptiale aux fiancés coupables d'adultère ou de concubinage ^. Quand une personne mariée demandait la j^énitence, elle devait s'être assurée du consentement de son conjoint ^ Des dispenses devenaient donc souvent nécessaires. L'évèque d'Ailes ne craignait pas d'engager à les solliciter : « Peut-être, quand nous invitons tous les pécheurs d'une manière générale à la pénitence, quelqu'un se dit en lui-même : « Moi, jeune comme je suis et ayant (( femme, comment pourrais-je ou tondre mes cheveux ou (( prendre un vêtement de religieux ? » Mais ce n'est pas cela que nous disons, mes frères; nous ne demandons pas que des jeunes gens, que l'on voit engagés dans le mariage, aient à changer leur habit plutôt que leurs mœurs ' ». La pénitence nécessaire n'était donc pas tou-