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d'y voir un rit organisé. On concédera seulement que Césaire en hâtait Téclosion.
Il assignait, au surplus, une valeur spéciale à la pénitence ecclésiastique. Le pécheur qui avait fait une pénitence privée pour ses fautes capitales, qui les avait effacées par ses bonnes œuvres et n'y était pas 'retombé, qui avait aussi racheté les péchés menus échappés quotidiennement à sa faiblesse et avait" pratiqué cette charité qui étend l'amour, non seulement aux amis, mais aussi aux ennemis, celui-là obtenait le pardon de ses fautes, alors même qu'il n'aurait pas « reçu la pénitence ». Ainsi la pénitence ecclésiastique n'est pas indispensable pour le salut, même quand on a commis des fautes capitales. Mais si, au moment de mourir, cet homme « reçoit la pénitence » et admet avec ses enfants le Christ en partage de ses biens pour le profit de son âme, non seulement il obtient le pardon de ses péchés, mais encore il reçoit les récompenses éternelles. Un surcroît de bonheur céleste est le fruit de la pénitence canonique, conférées extremis k un fidèle d'ailleurs bien disposé et acceptant le devoir d'une aumône considérable ^ Cette doctrine s'accorde à merveille avecla discipline de Césaire. Au
1. u Prirnus etpraecipuus modus est ut christianus crimina capitalia non admittat ; aut, si forte admiserit, sic pro illis paeniteat etea bonis operibus diluât ut postea ad peccata ipsa non redeat ; minuta peccata quae cottidie subrepunt redimat et illam caritatem teneat quae non solum amicos, sed ipsos diligit inimicos. Qui haec fideliter implere uoluerit, etiamsi paenitentiam non accipiat, quia seniper illam l'ructuose et fideliter egit, bene hinc exiet ; si eo tempore quo moriturus est eam acceperit, et partem sibi et Christo ad substantiam suam cum filiis fecerit, non solum eum ueniampeccatorum credimus obtinere, sed etiampraemia aeterna percipere. ^> App.^ 256, 1 ; coi. 2217. Saint Augustin avait disting-ué Fœuvre de la grâce qui ressuscite le pécheur et celle de TEglise qui le débarrasse de ses liens, Sermo LXVII, 2-3 ; P.L., t. XXXVIII, col. 434; cf. Turmkl, Ilisl. delà théologie positive jusqu'au concile de Trente^ p. 152. L'auteur du sermon 255 a eu peut-être cette préoccupation, voy. p. 165, note 2. Mais je crois qu'il n'y a ici aucun écho de l'explication donnée par Augustin au Lazare, ueni foras.
.*)9.)] LES MOYKNS DE SANCTIFICATION if)?
premier concile d'Orange (441), Hilaire avait fait décréter qu'on donnerait la pénitence à tous les malades (pii en feraient la demande ; mais on ne devait |)as les réconcilier ni leur donner la communion autrement (ju'en viatique. Césaire, dans les Stalutd Ecclesùie aritiqiui, ordonne de les réconcilier avant le viatique '. Cette consolation était devenue nécessaire par suite de Tusage ijui s'était introduit de faire pénitence sans recevoir la pénitence.
Il faut donc distinguer, dans la terminologie de Césaire, les deux expressions « faire pénitence », paenitentiam agere, « recevoir la pénhence ^^^ paenitentiam accipere. La deuxième désigne toujours la pénitence canonique ; la première, le plus souvent, une pénitence privée.
L'efficacité de la pénitence, d'une manière générale, est affirmée à plusieurs reprises par Césaire -. La seule difficulté était de savoir ce que valait la pénitence ecclésiastique donnée au dernier moment. Le cas que nous venons de citer n'était sujet à aucun doute. Il en était autrement du pécheur qui n'avait fait aucune œuvre de satisfaction au cours de sa vie, qui s'était abandonné à ses penchants dans l'intention de se faire remettre d'un seul coup toutes ses fautesetqui n'était disposé ni à restituer le bien d'autrui, ni à faire de larges aumônes, nia expier ses péchés en cas de guérison. « De celui-là, nous hésitons à dire ce qu'il en sera. Le Seigneur cependant l'a dit expressément