Voy. plus haut, p. 143 et note
dis que l'envie, la haine, la colère, l'ivresse sont susceptibles de degrés et figurent à la fois sur la liste des péchés menus et sur celle des péchés capitaux, il n'en est pas de même du vol. Le vol, la rapine, la vente à faux poids se trouvent seulement dans celle des péchés graves ^ Il ne faudrait pas tirer de cette remarque une conclusion trop stricte : l'évèque d'Arles n'estimait sans doute pas une faute pénitenlielle le vol d'une grappe de raisin. I^e fait prouve du moins que sa pensée était moins habituellement inclinée à 1 indulgence en cette matière et qu'il songeait moins vite à faire des distinctions que pour la colère ou pour l'ivresse. Le droit des pauvres laissait intact le droit des maîtres.
L'aumône est limitée aussi par les facultés de chacun. Elle est proportionnée à la fortune : celui qui a de l'argent, doit en donner; celui qui a du vin, doit en apporter; celui qui le peut, doit revêtir le pauvre d'un habit neuf, et, s'il ne le peut, en donnera un vieux. Qu'on ne donne qu'une bouchée de pain, et qu'on la partage, si l'on n'a que cela. Si l'on n'a rien, si l'on ne peut recevoir l'étranger, on peut lui faire son lit, on peut lui laver les pieds. Dieu ne nous dit pas : donnez tout ; nous ne devons pas nous réduire nous-mêmes à la pauvreté ^.