Voy. plus haut, p. 142 et la note
2. « Quando ad ecclesiam uenitis, secundum uires uestras qualescumque eleemosynas pauperibus exhibete. Qui potest, afferat argentum; qui non potest, exhibeat uinum. Si nec hoc habuerit, exhibeat esurienti buccellam ; si non habet integram, uel qualemcumque particulam : ut impleat illud quod Dominus admonuit per prophetam : Frange esurienti panem tuuni. Non dixit : Da totum ; ne forte pauper sis et amplius habere non possis. » App.^ .305, 1 ; col. 2330. « Unusquisque secundum uires studeat ne ad ecclesiam uacuus ueniat. Débet enim aliquid exhibere qui optât accipere. Qui potest, nouo uestimento tegat pauperem ; qui non potest, uel uetus porrigat. Qui uero ad ista se non sentit idoneum, porrigat buccellam, suscipiat peregrinum, lectulum faciat, pedes abluat. » 316, 2; col. 2351. Ces textes se rapportent aux oiFrandes que les fidèles doivent apporter à l'église.
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Tout doit être soumis à une règle, inrine la charité. Césaire ne l'oublie |)as et nous retrouvons son esprit inétho(li(|ue clans ce qu'il appelle a Tordre juste et légitime des aumônes ». « Il faut d'abord t'assurer j)our toi et les tiens des aliments et des vêtements suffisants, en quantité modérée. Ensuite, s'il y a des pauvres parmi tes parents, donne-leur dans la mesure où tu le peux. Puis, ne laisse pas tes esclaves et tes servantes avoir faim ou froid. Et, après cela, tout ce que Dieu t'aura donné en outre du vivre et du vêtement, place-le dans le trésor céleste * )).
Ceux enfin qui n'ont rien du tout et ne peuvent absolument rien donner, les pauvres eux-mêmes ont un autre moyen d'effacer leurs péchés, une autre espèce d'aumône, comme Césaire l'appelle à la suite de saint Augustin, le pardon des injures '^. C'est l'œuvre pie par excellence,
M. Arnold pense que des rangées de pauvres stationnaient sur le chemin de lég-lise et que Césaire recommande de leur donner. Je ne crois pas qu'il y ait songé.
1. ^( Ipse est eleemosynarum ordo iuslus atque legitimus, ut prius tibi et tuis uictum et uestitum sufiicientem et mediocrem... prouideas. Deinde..., si qui sunt pauperes de parenlibus tuis, quantum praeuales largiaris. l^einde seruos et ancillas tuas nec esurire nec algere permittas. Et post haec quicquid tibi Deus... excepto uictu et uestitu dederit,... in caelesti thesauro recondas, » App., 276, 2 ; col. '2'26A.
'2. « Ille qui captiuos redimere et pauperes pascere uel uestire non praeualet, contra nullum hominem odium in corde reseruet et inimicis suis non solum malum pro malo non reddat, sed etiam diligat et pro eis orare non desinat. » App. .308, 4; col. 2'.VM . *< Pins et misericors Dominus sciens frag-ilitatem generis humani sine qualibuscumque peccatis praesentem uitam non posse transigere, lalia medicamenta dignatus est prouidere quae non solum diuites sed etiam pauperes possint peccatorum suorum uulneribus adhibere. Quae autcm sunt ista medicamenta ? Illa utique duo, de quibus Dominus dixit (Lie, vi, 37) : « Date et dabitur uobis, dimittite et dimitletur uobis ». « Date etdabitur uobis » pertinet ad eleemosynam quae datur esurientibus nudis atque captiuis ; « dimittite et dimittetur uobis » pertinet ad eleemosynam per quam indulgetur omnibus inimicis. » "274, 1 ; col. 2259- 2260; et. le Fau.sle cVli^GEumEciir, p. 238, 9. « Potuit enim Deus
178 LE RÔLE THÉOLOGIQUE DE CÉSAIRE d'aRLES [606J
supérieure à l'aumône. De même que le jeûne est sans valeur sans l'aumône, l'aumône est sans valeur si l'on n'y ajoute la remise des torts causés par le prochain ^ Gésaire ne tarit pas sur ce devoir de la charité. Il y revient par les détours les plus inattendus. Dans des temps troublés, chacun était exposé à la brutalité et aux rapines de tous. Gésaire essaie d'adoucir les cœurs et de prévenir les représailles.
Nous avons terminé la revue des moyens généraux par lesquels le chrétien peut obtenir la rémission de ses péchés. Il faut placer hors cadre un autre moyen préconisé par Gésaire, à cause de son emploi restreint à une circonstance particulière, l'onction des malades.
L'œuvre de Gésaire contient trois avis sur cette onction. Tous trois l'opposent à la médecine magique. « Toutes les fois qu'une maladie surviendra, que le malade reçoive le corps et le sang du Ghrist; pour que ce qui est écrit soit accompli en lui : « Quelqu'un de vous est-il malade? (( qu'il appelle les prêtres de l'Eglise et qu'ils prient sur (( lui, l'oignant d'huile au nom du Seigneur. Et la prière de
omnes homines diuites facere ; sed nobis per pauperum miseriam uoluit subuenire, ut et pauper per patientiam et diues per eleemosynam possint Dei gratiam promereri. » App., 305, 2; col. 2330-2331. — « Duo sunt eleemosynarum g-enera, unum quod pauperibus erogamus, aliud quod uiciiiis uel fratribus nostris quotiescumque in nobis peccauerint, indulgemus. » App., 276, 5; col. 2266; voy. 225, 3, col. 2161 ; 305, 3, col. 2331 ; 308, 3 et 5, col. 2336 et 2337. — « Habebit (oratio) alas duas, geminas eleemosynas. Quid est : geminas eleemosynas? DimiltUe et dimiilelur uohis^ date et dabitur uohis (Luc, vi, 37-38j. Vna eleemosyna est quae lit de corde, quando fratri tuo dimittis peccatum. Altéra eleemosyna est quae fît de substantia, quando pauperi panem porrigis. Ambas fac, ne sine una ala remaneat oratio tua. » Augustin, Sermo LVIII, vin, 10; P. L., t. XXXVIII, col.
l. « Eleemosyna nihil proderit, nisi prius leconciliatio inimici praecesserit. » App.. 21i^ i; col. 2261. « Duo sunt eleemosynarum gênera, unum bonum, aliud melius, etc. » 305, 3; col. 2331.