S LE ROMA.N
TÎeot-elle dODc de faire pour CharloUe? Je n'y entend^ plus rien. Ce n'est doac plus la mode de marier sea enrants pour qu'ils soient heureux, apparemment ?... H. et H" de Bellegarde, en me faisant part du mariage! de ma nièce, m'ont prié de venir à la noce; j'ai d'à-' bord dit oui; l'idée d'une noce m'avait ragaillardi ;: mais quand j'ai va ce dont il était question, que le priDcecelui-là, la comtesse celle-là. ..devaientconduire la bande joyeuse, j'ai changé d'avis et je suisresté. Cela esl dit, je n'irai pas, mais je leur envoie un diable 'sorle de camion) chargé de gibier. J'ai Tail venir mon garde, mes paysans et mes chiens, je leur ai dit : Mes amis, je marie ma nièce, il s'agit de nous distinguer ici. Aussitôt on a commencé les battues, et pendant trois jours et trois nuils nous nous en sommes donné b cœur joie. » 11 n'était pas plus d'avis de marier son autre nièce, Louise, à quelque» marmouset nde Paris; il eûl voulu qu'elle vînt, avec M™ d'EtcIavelles, s'élablir chez lui : <c Et pourquoi ne trouverions- nous pas quelque bon gros geatiliiomme dans notre province qui tiendrait à honneur d'épouser notre enfant ? i Néanmoins, s'il apprend que le neveu d'un duc a demandé la main de Louise, tout en maugréant un peu, il s'engage à léguer sa terre à sa nièce. Finalement, celle-ci épouse le jeune d'Epinay, et tout de suite M"" d'EsclavelIes, très dévote, pousse des cris d'alarme : • Ce qui me perce Tâme, écril-elle au comte " , c'est l'empire que je vois prendre à mon r sa femme ; il la perdra, il ne lui parle que que plaisir ; peu A peu je vois le désir d'aller onde et de se montrer qui la gagn». Jusant, ellea résisté ; elle n'a encore élé ni à li aux comédies... Néanmoins, elle met du
rouge ; mon frère, ma fille qui met du rouge 1... Ces deux jeunes gens sont ivres l'un de Taulre ; ils s'embrassent, ils^se tutoient toute la journée en notre présence. » On voit que si la famille n'existait guère au xviir siècle, le nôtre n'a pas, quoi qu'il prétende, inventé labelle mère. La réponse du comte de Preux, qui est assez longue, est tout bonnement admirable de bon sens et de' belle humeur : « Allons tout droit devant nous, à chaque jour suffit sa peine. Prenez garde de tout gâter à force de vouloir trop bien faire et que, pour prévenir une imprudence qu'on ne pense peut-être point à faire, pour éviter enfin un malheur... que diable 1 qu'on n'évite point quand il a à venir, vous allez préliminairement séparer les goûts du mari et de la femme. Eh ! jouissez et jetez derrière vous ces misères qui ne valent pas la peine qu'on en parle : ne dirait-on pas que le vice et la vertu se trouvent au fond d'un pot de rouge ?... J'aime à les voir aller à la comédie ensemble, moi. Cela est bon, cela, c'est une bonne école, et dès que le mari voudrait y avoir sa femme à côté de lui, tout va bien, au lieu que s'il allaita l'église tous les jours tout seul, je ne répondrais de rien ». Voilà comme parle le comte de Preux, aussi raisonnablement, plus peut-être que n'aurait su le faire M. de Wolmar, et Dieu sait néanmoins que leur vie n'est pas la même 1 Le comte, enragé chasseur, vit au milieu de ses chiens, passe la journée à courir ses bois et ses guérets, et rentre boire un coup de vin vieux ; il serait le plus heureux des hommes sans une « chienne de colique » qui le tourmente de temps à autre, et sans l'obligation où il est parfois de faire un voyage à Paris. Il y vient une première fois à la mort de M"**' de Bellegarde. Aux porlesdela ville, impatienté