‹ Le roman au dix-septième siècleChapitre 3 sur 12 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

de Brutus dans les ouvrages de Mlle de Scudéry ou de ses émules. Ils ne pouvaient savoir comment ont pensé et senti les Romains et les Romaines; et ils ne s'en préoccupaient, pas. Ils voulaient en revanche — et tel est leur unique peut-être, mais très réel mérite — peindre, chacun de leur côté, les gens de leur « quartier ». Les uns pénétraient dans les petites maisons de la place Maubert et dans les petites villes de province; les autres, dans les salons, dans ces incomparables salons d'autrefois dont le parfum est encore si doux à respirer. Les uns publiaient des romans bourgeois, les autres des romans aristocratiques; là se borne, au fond, la différence qui les sépare. Tous, avec plus ou moins de bonheur, ils ont été les historiographes de leur temps.

Leur art a eu d'abord les maladresses et les timidités d'un art de transition. Ils avaient reçu une éducation, contracté des habitudes intellectuelles qui ne leur permettaient pas de tout montrer ni de tout voir. Ils n'en ont pas moins pris l'initiative de chercher leurs modèles autour d'eux, quitte à les affubler ensuite de quelque classique draperie d'atelier. Ceux mêmes à qui

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