‹ Le roman au dix-septième siècleChapitre 4 sur 12 · INTRODUCTION. IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. IX

le talent manquait , ont eu l'instinct d'une esthétique nouvelle et ont contribué à en établir le principe : ils ont peint d'après le vivant.

Pour qui les lirait, en suivant à peu près l'ordre chronologique, c'est tout un siècle qui se ranimerait, un siècle oii il y a bien de la variété, quoiqu'il nous apparaisse de loin uniformément solennel. Entre les pages de ces gros volumes, dont les belles dames du temps passé faisaient leurs délices, sur lesquels Mme de Sévigné fatiguait ses yeux « bigarrés », il y a plaisir à voir se lever, comme en un fusain légèrement effacé, la physionomie d'un monde qui n'est plus. Il y a plaisir à retrouver, chez celui-ci, la vision de la foule et le brouhaha de la rue; chez celui-là, le reflet d'adorables figures, l'écho des vieux menuets, tous les sourires et toutes les grâces un peu compassées de l'ancienne cour.

Peu d'auteurs ont été plus raillés; quelquesuns d'entre eux, en effet, sont assez ridicules. Mais outre qu'il est toujours fâcheux de mépriser ce que nous ne connaissons guère, notre dédain serait ici un manque de piété filiale. Nous devrions avoir pour eux un peu de cette

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