ADÈLE CONSOLÉE. 2G
Mme de Genlis rend hommage à leur amitié fra- Icrnclle, à la douceur et à la bienveillance de leur commerce.
Plus tard le biographe de Louis David trouvera dans les papiers du peintre des notes qui lui permettront de nous apprendre que la comtesse de Bellegarde qui, à la prière du peintre, a posé pour VEnlèvement des Sabines « était une brune extrêmement jolie, mais avec rélégance et la liberté de costume de ce temps. Elle profitait de sa jeunesse et de sa réputation de femme à la mode pour vivre et s'exprimer comme bon lui semblait. Tandis que cette dame profitait du laisser aller des mœurs républicaines à Paris, tout en atîectant l'élégance de la Cour, que l'on avait détruite, son mari officier supérieur au service de l'Autriche se battait contre les armées de la France, et devait quelque temps après succéder à Mêlas comme général en chef de l'armée d'Italie *. »
Au même narrateur nous devons de savoir que les deux sœurs, la plus jeune aussi blonde que l'aînée était brune, fréquentaient l'atelier de David où les avait conduites une Noailles leur amie, ce à quoi nous pouvons ajouter qu'elles
1. Lo biopraplio de David ((infond ici le pi-nc-ral do Bcllegardo mari d'Adèle avec son frère, le feld-inaréclial.
connaissaient i\cyd Tancien conventionnel; il était (les l'amiliers du chàlcau d'Epone du vivant de Hérault de Séchelles, et elles s'y étaient trouvées avec lui.
A ces détails trop brefs et trop rares, Aimée de Coigny en ajoute un autre :
« La vicomtesse de Laval, je ne sais ni pourquoi ni comment, vint à connaître Mmes de Bellegarde et elle en (it aussitôt ses esclaves, ce qui n'étonnera aucun de ceux qui la connaissent. Maîtresse de M. de Talîeyrand quand elle était jolie, actuellement son amie devenue très exigeante, la seule au fond qui ait de l'empire sur lui, elle poussa ces dames à organiser chez elles un dîner hebdomadaire qui réunissait des artistes et des hommes de lettres : Lemercier, Alexandre Duval, le peintre Gérard, Talîeyrand lui-même. Ces réunions se prolongèrent quatre ou cinc} ans. »
A cela, et à de rares traits, tels que l'intimité de leurs rapports avec Talîeyrand, se réduisent les informations que nous donnent sur les dames de Bellegarde leurs contemporains. On reconnaîtra que c'est bien peu, alors (juc ce (|u'ils en disent autorise à penser (pi'elles ont été répandues dans la société du Directoire et du Consulat, et <pie dans leur salon ou dans ceux