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ADELE CONSOLEE. 265
qu'elles fréquentaient, chez la princesse de Vaudémonf ou ailleurs, elles ont reçu les hommages des hommes marquants de leur temps : Saint- Aignan, Pasquier, Mole, Lavalette, Montliveau, Dalberg, Vitrolles, et combien d'autres.
En résume, nous ne savons rien ou presque rien de leur vie à cette époque. En ces années qu'on croit si bien connaître, elles ne nous apparaissent qu'enveloppées d'obscurité, à ce point enveloppées que le grave cardinal Billiet, convaincu qu'il dit la vérité, forgera plus tard tout un roman inspiré par des informations mensongères.
A l'en croire, Adèle de Bellegarde, dont il a ignoré l'arrestation après la mort de Hérault de Séchelles, a eu un fils de son amant; elle est allée faire ses couches à Grenoble, et ne sachant comment nommer cet enfant qu'il lui était impossible d'avouer, elle lui a donné le nom de la rue Chenoise où elle se cachait quand il est venu au monde.
« Sa sœur Aurore l'adopta, ajoute le cardinal; elles le firent élever avec soin sous le nom de M, de Chenoise. Elles prirent à la maison pour précepteur un jeune homme nommé Ocnoud, natif des Marches, mais domicilié depuis (pichpie temps à (jrcnoble avec son père. Ce M. Gcnoud
se fil connaître avantageusement dans la suite sous le nom de M. de Genoude '. M. deChenoise est devenu plus tard lieutenant dans un régiment des gardes de Louis XVIII. »
Tout est ici confondu et dénaturé : les personnages, les faits, les époques. Mais ce qui est plus grave, c'est que depuis 1865, date de la publication des Mémoires du cardinal, ces erreurs n'ont pas été rectifiées et que la Savoie où s'est conservé le souvenir des dames de Bellegarde vit, en ce qui les touche, sur cette légende. On va voir que tout autre est la vérité.
1. Né on 1798, ce qui, disons-lo en passant, ne lui eût donné qu'une année de plus que Télève dont le gralilie à tort le cardinal Biiliet, il ret;ut ses lettres de noblesse en 1822.
« Nous allons lui donner du de par devant et du de par derrière », dit plaisamment Louis XVIII en les signant.
C'est ainsi que le petit Genoud, lils d'un débitant de tabac de Grenoble, devint M. de Genoude. 11 se maria. Devenu veuf en 1834, il entra dans les Ordres l'année suivante. 11 a dirigé longtemps la Gazelle de France.
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