LOUIS DE BELLEGARDE-GHENOISE
Au moment où elles résidaient sous le même toit que Mme de Goigny, celle-ci était en liaison réglée avec Mailla-Garat, neveu du conventionnel Garât, ministre de la Justice pendant la période révolutionnaire. Mailla avait un frère de quelques années plus jeune que lui, l'illustre chanteur Carat, un bellâtre, i'at et vaniteux, homme à bonnes fortunes, véritable bourreau des cœurs qui trouvait bien peu de cruelles quand il se mettait en tête de séduire. Le brilant artiste étant venu à Epinay — c'élait pendant l'automne de 1800, — y vit la comtesse de Bellcgarde, alors dans tout l'éclat de sa beauté. Il s'éprit d'elle et osa l'avouer. Elle l'écoula sans colère, tomba vile sous le charme et non guérie du goût des aventures, quoique la première eût si mal
tourné, <* elle coiironiia la nanime » de ce soiipiraiil habile et roué.
Des nouvelles amours tlAdèle de Bellegarde, de leur caractère, de leur durée, de leur dénouement, nous sommes aussi ignorants que de tant d'autres épisodes de sa vie. Nous savons seulement qu'il y eut doux enfants : un fils, Louis François Aurore, (jui naquit à Epinay-sur-Orge, le IC» octobre 1801 et dont on négligea de déclarer la naissance*, et une fille, Pauline, venue au monde le 16 juillet de l'année suivante, qui fut inscrite le même jour à l'état civil de Paris sous les noms de ses père et mère.
Mlle Garât resta aux mains de son père qui avait voulu se charger de son éducation, ce qui explique pourquoi il n'est à aucun degré question d'elle dans les papiers des dames de Bellegarde, comme si elles se fussent entièrement désintéressées de la nouveau-née, qui plus tard se maria, et mourut en 1827. Toute leur sollicitude fut pour le fils.
i. La transcription de son acte de naissance, sur les re^iis- Ires de Tctat civil d'Épinay-siir-Orpe, eut lieu seulement le 12 juin 1820 en vertu d'un jujicnient rendu par le tribunal de la Seine, le 2 du uu'uie mois, — circonstance <iu'a ignorée riiislorien de Garât, M. Paul Lal'ond, ([ui, d'autre paît, l'ait naître la sœur iivanl le tii'ce, alors ([ue c'est le contraire (pii est vrai.