LOUIS DE BELLEGARDE-COENOISE
Au moment de sa naissance, résolues à ne plus résider en Savoie, elles venaient d'acheter le château de Ghenoise en Seine-et-Marne, qui avait appartenu à leur grand-père d'Hervilly. A l'enfant sans nom, elles donnèrent celui du château. Il s'appela Louis de Ghenoise. En outre, la mère ne pouvant le reconnaître, tante Aurore déclara qu'elle l'adoptait.
Plus tard, en 181G, quand elle substitua à cette adoption de l'ait l'adoption légale qui devint définitive en 182(), elle put déclarer et prouver « qu'elle l'a adopté au moment de sa naissance, que ses père et mère lui ont remis leurs pouvoirs; qu'elle l'a élevé, qu'il ne l'a jamais quittée et que sa tendresse s'augmentant avec l'âge et par les sentiments qu'il lui a voués, elle lui fait don de sa terre de Ghenoise qui lui appartient à elle en toute propriété par la liquidation de sa fortune avec sa sœur ».
Il ne faudrait pas conclure de celte déclaration de la tante que la mère lui a abandonné l'éducation de l'enfant. Les deux sœurs vivaient ensemble; il était auprès d'elles et la tendresse vigilante de sa mère adoptive n'enleva rien à celle de sa mère naturelle. Il eut deux protectrices pour une.
Toute démontre qu'il les aima également. G'est
270 LE HOMAN d'un CONVENTIONNEL.
SOUS le nom de Louis de Ghenoise qu'elles relevèrent, sans qu'il soil élabli (jue le jeune de Genoude qu'on retrouve plus tard parmi leurs amis' ait été son précepteur. Sous le même nom et à peine ûi^é de (piinze ans, il s'engatçe en IHlo dans le corps de volontaires que le duc d'Angoulème conduit contre Bonaparte et entre dans l'armée en 181G, avec le rang de garde du corps surnuméraire, compagnie de Luxembourg; appelé à l'activité en 1820, il est attaché tour à tour comme lieutenant au 5" hussards en 1823, au l*''" régiment de grenadiers de la garde royale en 1827; après la révolution de 1830, il passe comme capitaine au 6" hussards.
A cette époque uti arrêt de la cour royale de Paris lui avait accordé le droit, sa mère l'ayant reconnu, de s'appeler de Bellegarde-Ghenoise. Il signe de ce nom la demande de mise en réforme sans traitement qu'il adresse en IS33 au ministre de la Guerre en invoquant les raisons de l'amille qui l'obligent à quitter la carrière.
Pendant tout ce temps, il a vécu en fils tendre et reconnaissant, dans l'intimité des deux femmes à qui il doit tout et dont, à cette heure, le
1. On m au lias (I"(if1 afi(> de notoriôlé m tlalc du 21 juillet 182(1, iiainii les sif;fialuies tics ti-nioin», celli" d(> Antoiiu'- Eugcnc do Gontuldo, inaîlre des ro(iuète» au Conseil dMltal*