LOUIS DE BELLEGARDE-CHENOISE
dévouement maternel qui les a transformées rachète le passé. De même qu'elles sont tout pour lui, de môme il est tout pour elles. Elles aident à sa carrière, mettent à son service toute leur activité, importunent leurs amis en sa faveur, frappent à toutes les portes pour hâter son avancement. Elles sollicitent Talleyrand, le pair de France Lenoir de la Roche, le prince de Condé à qui elles donnent des fêtes au château de Chenoise où, en vertu d'un arrangement avec elles, il a ses équipages de chasse *.
En faveur de ce fils adoré, elles se permettent toutes les démarches. Elles écrivent au minisire de la Guerre Gouvion Saint-Cyr : « Vous êtes le père de tous les militaires français, le Turenne de noire temps » ^. Elles signent toutes deux cette supplique qui n'est qu'une apologie du jeune de Chenoise, une longue énumération de ses mérites qu'elles rappellent à l'effet de prouver qu'il est digne de devenir officier d'ordonnance du ministre.
Ainsi, l'amour maternel si longtemps muet dans le cœur d'Adèle de Bellegarde a éclaté et, quoique tardif, il la métamorphose, tandis