GASTON DE NORY, A CHARLOTTE
“ Paris, 11 Avril 18...
“ Nous voici arrivés sains et saufs, ma chère petite sœur, et je brûle du désir de te revoir.... Il ne peut être question pour nous d'aller maintenant en Touraine, comme me le demande ta bonne lettre, trouvés à la poste restante. Depuis notre retour, nous n'avons pas eu uñe heure de loisir, et notre installation réclame tous nos instants ; mais ton mari ne peut te refuser à nous. Pendant que l'on apprête notre futur gîte, nous sommes descendus au Grand Hôtel, où nous te recevrons provisoirement. Bella ne peut se lasser de la vue du boulevard... Je t’assure qu'elle jouit de la vie parisienne ; les théâtres l’enchantent, les magasins lui tournent la tête. Toutefois, si ravissante qu’elle soit, ma jolie petite femme, le goût original de son pays, perce volontiers dans le choix de ses toilettes, et bien que sa jeunesse et sa figure lui permettent une pointe d'excentricité, j'ai besoin de toi pour la guider sous ce rapport, et la rendre aussi irréprochable qu’élégante,
à Ton frère, Gaston. ”
“P.-S. — Bella se joint à moi pour t'embrasser tendrement. Mille amitiés à ton mari. S'il peut venir te conduire ou te chercher, nous serons très aises de le voir. ”
Le docteur, pe de partir pone ses visites du matin, dégustait tranquillement le café que venait de lui verser sa ‘femme, et parcourait en même temps le journal arrivé avec cette lettre.
— Voulez-vous lire ce que m’écrit Gaston ? demanda Charlotte en rougissant,
, 1 prit le papier couvert d’élégantes pattes de mouche (Gaston aimait. à se vanter d’avoir une écriture de femme), le lut attentivement, et attacha sur Charlotte un regard un peu sérieux. ;
— J'ai écrit deux fois à votre frère depuis que snotre mariage s'est dé-
eu »
cidé, dit-il avec douceur ; ne pensez-vous pas qu’il aurait pu me répondre ?
— Oh ! il ne faut pas lui en vouloir, il écrit si peu ! Il a toujours dé.
testé toute espèce de correspondance, répliqua-t-elle, rougissant encore davantage. Et sa femme non plus n’a pas répondu à ma lettre. Ils ne sont pas encore chez eux, et la vie d'hôtel est si peu confortable !
ns L 58 "LE ROMAN D'ÜM MÉDECIN DE CAMPAGNE ,
— Je faisais une simple remarque, ma chère j VOUS savez que je ne suis pas susceptible, dit-il, posant sa tasse vide et se levant pour partir. harlotte le suivit dans le corridor, embarrassée, hésitante. Il l’embrassa tendrement, et prit son chapeau.
— À ce soir, ma chère... Je crains bien de ne revenir que tard... Le temps est beau, vous devriez sortir un peu... Elle le retint d’un geste. j — Édouard, dit-elle timidement, que vais-je répondre à Gaston. Il soulevait déjà le bouton de la porte ; mais il regarda sa femme, et, lui préhant la main, rentra avec elle daus la salle à manger. - — Est-ce rue vous désirez aller à Paris, Charlotte ? — Oui... C'est-à-dire si vous Pouvez y venir avec moi. Il secoua la tête. { — Je ne pense pas que votre frère désire bien vivement que je vous #CCOMpagne, répondit-il tranquillement ; et d’ailleurs, j'ai trop de malades
sir, je suis disposé à faire le sacrifice de votre présence. — Vous êtes toujours bon ! dit-elle avec élan. * Il etouffa un léger soupir. R — Cela veut dire que vous acceptez, n'est-ce pas, Charlotte ? — Si vous ne devez Pas Vous trouver trop seul, je serai bien heureuse de revoir Gaston. à — Alors c'est une’ affaire convenue. Mais je n'aimerais pas à vous voir Voyager toute seule ; si court aie soit ce trajet, vous pourriez vous :… trouver souffrante : vous êtes si peu forte depuis quelque temps! Priez votre frère de venir vous chercher, ne fût-ce qu'à mi-chemin ; je vous conduirai, sil le faut, jusqu’à Orléans... À ce soir; mon amie, prenez l'air, mais ne vous fatiguez pas. 13 porte se referma sur lui, et la jeune femme, les joues colorées et les yeux brillants, s'élança légèrement dans le vieil escalier en spirale, Elle
s'assit d'abord devant le secrétaire de noyer placé entre les deux fenêtres de sa chambre, écrivit à 80
naturelle suppléaient à ijoux.
Elle monta au grenier, où étaient déposées les malles, les visita soigneusement, et passa le reste de la journée dans une excitation qui sembla rendre à son visage l'éclat, et à son esprit J’élasticité d'autrefois. Son mari, en rentrant, la trouva gaie et animée, Ilne parla pas d'abord du voyage projeté ; mais elle ne pouvait penser à autre chose, et ‘elle énuméra avec vivacité les projets qu'elle formait, les visites qu'elle comptait fairs. Peut-être le cœur d'Édouurd se serra-t-il un peu en voyant
. bonheur sans bebe re égoïste, Charlotte atten lit fiévreusement la réponse de Gaston. Deux cour. .
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; LE ROMAN D'UN MÉCECIN DE CAMPAGNE 59 s' riers trompèrent son attente ; mais le surlendemain ün coup vigoureux fut frappé à la porte dans l'après-midi, et la jeune femme, appelée précipitamment par Louison, crut défaillir de joie et d'émotion en apercevant son frère, debout au milieu du salon. : Ai Il avait bien un peu vieilli ; l'air de la mer avait hâlé son teint ; quel- * 5 ques rides très fines rayaient son front, et sa chevelure, presque aussi ‘ll blonde que celle de Charlotte, s'était légèrement éclaircie. Mais comme il' 4 était élégant et distingué avec sa taille svelte et élevée, ses traits qu'on | eût trouvés presque efféminés sans le regard vif et assuré de ses yeux bleus, sa barbe soyeuse, taillée à la dernière mode, et le riche pardessus doublé de loutre dont il était enveloppé, malgré la douceur de la saison ! il — Que c'est bien à toi d'être venue! Que tu est bon ! répétait-elle à Bi travers ses larmes. qu ‘ Mais une gravité inaccoutumée couvrait d’un sombre nuage les beaux traits de Gaston. Ilse laissa tomber dans un fauteuil, entr'ouvrit son ls pardessus, et dit d’une voix singulièrement émue : MAX ‘1 — Je viens de ce triste cimetière, Charlotte ; il a fallu tout le désir que j'éprouvais de t'emmener pour me décider à venir ici... À ta place je haïrais ce village, où elle est venue mourir. .. Ma pauvre mère, si Jeune, Si jolie encore, et si tendre pour moi!. .. Je voudrais ne l'avoir jamais fait pleurer. … ‘ à Il appuya sen front sur ses mains. Charlotte s’assit près de lui, et lui parla d’une voix basse et entrecoupée de cette mère dont elle avait reçu le dernier soupir en son absence. Biëntôt ses sangluts l'empêchèrent de continuer, et elle cacha son visage bouleversé sur l'épaule de son frère. Celui-ci, relevant brusquement la tête, essuya vivement une larme ; puis son regard reprit l'expression un peu sceptique qui lui était habituelle. . — Allons, calme-toi ; je ne viens pas pour 'attristes, mais pour tam: | mener. .. Sèche tes beaux yeux... Moi aussi, je l’ai pleurée, hélas !... Tu es pâle, mais toujours jolie. Bella est un vrai bputon de ruse, moins distingué que toi, Lotte / Cela me rajeunit de te donner ce petit nom d'enfant. .. Sais-tu que Bella est folle de moi, ajouta-til avec fatuité. Quelque chose en elle laisse un pou à désirer ; tes manières influeront sur , les siennes, Dame! l’origine de sa famille n’est pas aristocratique. .. Des . marchands américains émigrés à Sydney... On ne peut pas tout avoir, ! D'ailleurs, un homme ne se mésallie pas, c'est mon principe, et les plus nobles familles confondent avec'ieur vieux sang patricien un peu de sang | plébéien. .. mêlé de beaucoup d'or. 13 — Mais tu aimes ta femme? demanda Charlotte, un peu choquée et inquiète. | Re ts — A la folie... Sitn avais vu la fureur de son oncle! ajouta-t-il souriant comme à ‘un souvenit très-amusant.
— Quoi ! Arabella s’est-elle mariée ‘contre son gré ? [LS — Naturellement. Un tuteur n'est-il le tyran obligé de 34 BR pupille ? Et un oncle raisonnable donne-t-il de bon cœur sa nièce et des. millions à un pauvre diable de secrétaire qui ne possède au monde que s0n tortil de baron ? Les banquiers américains ne savent. pas évaluer ur titré à son prix, ma chère ; le mien comptait pour rien dans la balance. Heureu: sement, Bella était majeure | |
é \ LE ROMAN D'UN MÉDEGIN DE CAMPAGNE
Charlotte resta un moment silencieuse.
— Je regrette que tu aies offensé M. Wilson, ‘toi, dit-elle enfin. .
—Que veux-tu?.... Je l'ai servi consciencieusement Pour les appointements qu'il m'octroyait ; muis j'aurai e véritable dupe si j'avais ré à un sentiment de déli i
Ïla.
qui & été si bon pour
— Ne se serait-il pas laissé fléchir À la longue ? so — À la longue ! Tu en parles à ton aise, ma chère ! La vie est courte, et il faut se hâter de jouir.
Il se leva, se débarrassa tout à fait de son Pardessus, et promena autour de lui un regard dédaigneux.
— Fi donc, Charlotte ! ment n’as-tu pas mieux arrangé cette:
r bicoque? Avec des Peintures dans le style du temps, les solives du
plafond ne Manqueraient pas de cachet ; Une tenturs en cuir ou en étoffe
ancienne remplacerait avantageusement ces bosquets Jurannés, et un mobi. lier Henri II...
— Tout cela coûterait très cher, interrompit-elle en soupirant. D'ailleurs mon mari tient à tout ce qui l'entoure, et tous ces vieux meubles sont pour lui des souvenirs de famille,
+ Bah | c'est très joli, les souv l
valeur artistique. Mais si "*, BAsl passer ses vicilleries à l’état
de reliques, l'industrie issi icliterait joli
uils pour t'en ureusement que la besogne est à moitié faite, et qu'ils. Peu en poussière !.... Mais, au fait, où est-il, ton mari ? la campagne, où il voit des malades,
à “+ ne regrette rien, dit-elle d’une voix tremblante, Mon mari est. “rem même, et tu me fais de la peine en me Parlant de lui sur ce ton, Le ne veux pas te blesser, répliqua-til en hau
tu ne prétends pas me faire x d’fnclination ?. Après tout, peut-être les valent-ils pas la peine d’un mobilier mi je + Mais quand donc rentrera. ‘on mari, ma chère ? I] faut absolument que je t’'emmène ce soir ; Bella est
‘mais
ouard ? Tu y trouveras des livres.
:.. — Non, je vais voir l’église, qui ne m'a pas fait l’eflet d'être classée: g armi les monuments historiques, par parenthèse, et je prolongerai ma. trouble que vous appelez sens doûte votre
| Tout çe que disait Gaston,
: Passé au crible de la critique, eut semblé
depuis son arrivée à Givray, comme s'il eût été admis que Charlotte était :
insignifiant et égoïste. Mais son sourire était si attrayant, sa voix si singulièrement harmonieuse, qu'on était disposé à tout lui pardonner, et Charlotte était trop heureuse de le revoir pour être longtemps choquée de sa légèreté, ou pour lui en vouloir de a manière irrévérencieuse dont il . parlait du docteur. af
Restée seule, elle donna à Louison des ordres pour le dîner, et lui | adressa quelques recommandations pour le temps de son absence : puis elle ii s'occupa fièvreusement de ses bagages. : AR
.— Pouvu qu'Fdouard rentre à temps ! se disait-elie, regardant sans cesse la pendule,
Une heure après, comme Gaston revenait de sa promenade, le sabot de Trilby résonna avec un bruit sec sur les pavés inégaux. : il * — C'est mon mari! dit Charlotte d’une voix un peu auxieuse, D.
Et presque aussitôt, la haute silhouette du docteur apparut sur le : 1 seuil. 1) — Edouard, Gaston est: venu îne chercher ! s'écria-t-elle, s'avançant “4 vivement au-devant de lui, er
Le visage d’Edouard exprima un mélange de plaisir et de peine,
— C’est bien à vous d'être venu, dit-il, tendant franchement sa main robuste à son beau-frère. Je vous confie Charlotte bien volontiers, quoique son absence doive me causer un grand vide.... Ménagez ses forces, qui laissent toujours un peu à désirer, et ne me la gardez pas trop longtemps
«+. Vous restez jusqu’à demain à Givray !
— Qh ! impossible, ma femme m'attend.
— Et pourquoi ne vous a-t-elle pas accompagné ? Nous eussions été heureux de 1a recevoir, et nous aurions pu vous décider à prolonger votre visite. :
— Bella est fatiguée en ce moment. La, traversée l’a un peu éprouvée et notre installation réclame d'ailleurs tous ses instants, . . Charlotte a fait ses préparatifs, et j'ai l'intention de repartir ce soir.
— Avez-vous veillé à ce que le dîner soit bon, Charlette? J'aime à
-croire que Louison se sera distinguée. .. Je vous laisse un instant avec votre frère, et je-vais
ton négligemment. C’est un supefbe garçon, et'mon ami Dietricht, le peintre de
de sportman ou de squire anglais...
pleine campagne que dans un salon. . a . de Nory parlait toujours du docteur, soit dans ses lettres, soit, : :
La jeune femme fondit en larmes. Fo — O Gaston, c'est mel! Je tai déjà supplié de ne pas Parier si légèrement de l’homme à qui je dois le plus de respect et de reconnaissange ! J'étais si pauvre, si désolée uand il est venu à moi ! ; Mais je te dis qu'il dt très bien, au contraire ! Que tues enfant,
Charlotte ! Puisque je:te répète que je ne me le figurais pas ainsi. . + 4
mare i 62 LÉ ROMAN D'UN NÉDECIN DE CAMPAGNE
Le pas du docteur se faisait entendre dans le corridor, et Charlotte \ essuya rapidement ses yeux. Presque aussitôt, le dîner fut servi. Mais, “;| malgré son humeur expansive, Edouard prit peu de part à la conversation.
‘Son cœur se serrait à la pensée du départ de sa femine, et d’ailleurs, Gaston .. * parlait avec son entrain ordinaire, racontant des histoires australiennes,
s'informant de ses anciens amis, et développant avec complaisance la longne et brillante suite de ses projets. Le repas se fit à la hâte. Comme . | il s’achevait, l'omnibus du chemin de fer s'arrêta à la porte... : Quelques minutes après, le docteur entrait dans sa maison solitaire, ( presque étourdi de la rapidité avec laquelle s'était arrangé ve départ, et le N . .Ccœur-oppressé d'une sorte d'émotion jalouse en voyant un nouveau venu ‘ ‘entrainer sa femme vers un monde si différent de celui où il demeutait attaché, l RU de cet de use Lien à Fe Se ete d'a CUP Eat \ Q r LA QC d s se n et la porte de T leur appartement leur ayant été ouverte par la femme de chambre de : à Bella, celle-ci accourut vivement, et.souhaita la bienvenue à sa belle-sœur di , avec un aimable empressement. “ Charlotte fut éblouie, Madame de Nory était d’une taille élevée, aux di +. proportions gracieuses, son teint avait cette éclatante fraîcheur qui dénote . l'origine saxonne, sa chevelure châtain clair était abondante, et ses yeux ” et ris, fort beaux, avaient une expression caressante véritablement pleine qi Éatéraits, Elle était vêtue d’un long peignoir én cachemire ponceau, entièrement garni de plumes de paon, et sur lequel retombait un collier de sequins. De lourds rouleaux d’or entouraient un de ses poignets délicats, st ses longs doigts minces resplendissaient de bagues, :: Gaston jeta son chapeau et son pardessus sur un siège, et parcourut d’un regard la toilette de sa femme.
— Charlotte, aimes-tu cette mascarade ? J'ai déjà dit à Bella que jü . cette robe de chambre, qui conviendrait peut-être à une brune, la pâlit je . horriblement, et lui donne l'air d’une actrice en déshabillé. . G : Les yeux de Bella se mouillèrent de larmes, et elle regarda Charlotte. pe — Vous m'apprendrez les goûts de votre frère, lui dit-elle avec À : douceur, de son petit accent étranger. Il m’assure que vous m'indiquerez Se - des réformes à faire dans mes toilettes, et c'est très urgent, ajouta-t-elle, =: se tournant vers son mari d’un air de reproche timide, car il critique mes &e
robes avant même de m'avoir embrassée,
— Et je blâme sa critique, car vous êtes si jolie qu'il ne devrait voir que cette charmante figure, dit Charlotte, lui tendant la main. Gaston sourit, et attira sa feunme à Ini. Elle était singulièrement
douce au milieu de la gaité qui lui était naturelle, et peut-être prenait-i un .
plaisir inconscient à appeler sur ce visage presque en antin des nuages que son sourire dissipait aussitôt, :
. Une table à thé était dressée près du feu, et ja jeune femme, rassérénée, s'acquitta aussitôt de sa tâche gracieuse de maîtresse de maison, Charlotte dut voir remplir deux ou trois fois sa mignonne tasse de Sèvres, et goûter à toutes les fantaisies américaines écloses sous forme de biscuite dans un magasin exotique pour le plus grar.d bonheur de Bella,
Une heure après, elle était dans sa chainbre. La nuit était avancée, le bruit du boulevard s’éteignait, et cependant Charlotte resta derrière ses
vitres, jouissant de la seule pensée qu'elle était de retour à Paris, et .
qu’autour d’elle respiraient des milliers d'êtres, se préparant par un court repos à reprendre leur vie fièvreuse d’affaires ou de plaisirs.
Quaud elle se mit enfin au lit, son sommeil fut agité, peut.être par le bruit.inaccoututé des voitures roulant une partie de la nuit, peut-être par
: l'excès même de sa joie et la quantité de projets qui se heurtaient dans son
cerveau. ... Et ce repos incomplet fut court.... Les premières rumeurs du matin l’éveillèrent, Elle s'enveloppa d’un peignoir épais, et retourna à sa fenêtre. ... C'était l'heure où la première messe tintait à Givray, et où
Louison sortait sans bruit pour se rendre à l’église, — l’heure où Edouard se levait pour achever quelque travail commencé la veille, avant de faire
ses visites accoutumées, Le Paris élégant dormait encore, mais les humbles :
marchants, les laitiers, les porteuses de pain commençaient leur besogne. Une à une, les boutiques s'ouvraient, et ce bourdonnement sourd qui annonce-le retour de la grande cité à la vie se, faisait vaguement attendre. ... Dans le ciel flottaient encore les teintes brumeuses du matin, etla rosée avait purifié de la poussière du jour précédent la verdure naissante des arbres du boulevard. ...
À Givray, Edouard pensait à sa femme avec une tendresse profonde et un regret dénué d’égoïsme. Mais Charlotte, en ce moment, ne songeait qu’à son plaisir. ,