‹ Le roman d'un Prince RusseChapitre 9 sur 30 · ELIM · texte numérisé non relu

ELIM

On était en mai 1824

A quelques versets de Pétersbourg, sur la gauche de la Neva, caché dans un massif d'arbres, un silencieux et pittoresque petit hameau aristocratique faisait parfois miroiter au soleil couchant ses coupoles dorées.

Gi LE ROMAN

Les maisons, bâlies en briques, ressemblaient à ce^ riants chalets qu'on découvre en Suisse sur la penle des collines, et leur toiture seule, surmontée d'un dôme et de quatre boules de cuivre trahissait une autre patrie.

Mais quelle patrie? Etait-ce réellement bien la Russie?

Ma foi, je serais fort embarrassé de le dire; car sur les bords de la Neva on est un peu de tous les pays, excepté du sien.

La génération russe actuelle, qui n'a conservé des Tatares et des Zaporogues ses ancêtres que les habitudes nomades, et qui est vraiment une génération intelligente et artiste, glane par toute l'Europe le goût, l'esprit, l'élégance et le confortable.

Si bien qu'une maison de campagne construite par un de ces Russes, — voyageurs comme nous en connaissons, vous et moi, de si parfaitement distingués et charmants, — est un véritable journal de voyage animé.

L'intérieur est suisse; le balcon-tonnelle, enrubané de campanules, est importé d'Italie ou d'Espagne, de Salamanque ou de Mantoue; le toit, élevé en dôme étincelant, vient d'Orient; les massifs de jeunes arbustes et les bancs de gazon qui abritent le perron sont anglais, et les salons, avec les boudoirs et les vestibules, représentent la France.

Le hameau dont je parle se composait justement de six habitations de ce genre.

La Neva baignait ses pieds, et les grands arbres, en s'entrelaçant amoureusement au-dessus de sa tète, le garantissaient contre les ardeurs du soleil, dont ils ne laissaient les rayons tomber en paillettes d'or sur les coupoles, qu'à son aurore ou à son déclin.

Son nom, je ne le dirai pas.

d'un prince russe 65

C'était une oasis de bonheur et d'affections de famille, au milieu de cette société dont l'égoïsme a fait un désert où chaque homme marche seul; un refuge du cœur, un abri de l'âme, quelque chose de mystérieux et de divin comme un secret d'amour.

C'était enfin cette parcelle de poésie, d'harmonie céleste, — tombée par mégarde du luth d'un ange et recueillie par la terre, — qui germe, fructifie, existe et parle, mais ne se nomme pas.

— Avait-elle un nom, la première femme dont vous avez rêvé?

Ainsi de mon hameau. Il était le bonheur comme la femme est l'amour.

Amour et bonheur! deux feuilles de roses qu'un souffle emporte et que deux voyelles attelées de trois consonnes froisseraient et terniraient aussi sûrement que deux doigts, — fussent-ils de fée, — terniraient et froisseraient l'aile d'un papillon.

Rien n'effraie la poésie comme le positif, et rien n'est positif comme un nom!

J'engage ceux de mes lecteurs qui sont propriétaires ou amoureux, — ce qui se ressemble autant qu'un désir et un regret, — à méditer sur ce terrible syllogisme.

Il y avait donc six maisonnettes dans mon hameau sans nom et une seule famille dans ces six maisonnettes, tellement les habitants en étaient unis et heureux ; car chacun sait que le bonheur est un doux enseignement qui apprend à être frères, et que d'ailleurs, de près ou de loin, un peu plus ou un peu moins, tout le monde est parent en Russie.

C'est comme jadis à la cour de France.

La princesse Catherine y occupait l'un des principaux

corps de bâtiment avec son fils, l'instituteur de son fils et ses gens.

J'ai dit que le bonheur était là; je ne le répéterai pas, mais j'ajouterai que ce bonheur était touchant, patriarcal, et qu'il allait à l'âme.

Î1. C'était un spectacle charmant à voir, parfois, que ces» trois têtes l'une vers l'autre inclinées : celle de la princesse, douce et sereine, mais intelligente et superbe ; celle d'Elim, juvénile, blonde et amoureusement candide ; celle de Ménars, plus calme et plus fatiguée, tout ensemble, mais belle de ses rides, de ses cheveux blancs et de son sourire vertueux et tranquille.

Ménars instruisait avec cet art merveilleux qui n'est que le don de ce que l'on fait avec amour; Elim, le regard attentif autant que l'oreille, le front accoudé dans la main, écoutait de toute son intelligence et de tout son cœur; la princesse regardait son fils.

Et ainsi, sous le capuchon bigarré d'une lampe de France, ou sous un rayon de soleil à travers les persiennes, se tenaient de longs et rapides entretiens. Ménars, comme l'a compris le lecteur, toujours intelligent, s'était fait l'instituteur qu'avait demandé la princesse; la princesse était au comble de la joie d'avoir été si bien remplacée dans l'éducation de son fils, et Elim, qui était une intelligente d'élite et une belle âme, puisait à grands traits dans la coupe pleine que lui versaient l'érudition attrayante et la parole affectueuse de son vieil et jeune ami.

Cela dura, hélas! ce que dure un beau jour, au ciel, ce que dure l'amour de tant de femmes, ce que dure un feu de paille et toutes choses éphémères qu'on voit naître et mourir.

d'un prince russe 67

Moins que rien !

Vers les premiers jours de mai, où s'ouvre ce chapitre, Elim devint tout à coup soucieux, il cessa d'être attentif aux leçons qui le charmaient la veille; son œil se fit langoureux et terne, ou bien, si parfois il brillait, c'était une larme contenue qui y perlait; sa voix prit un timbre tantôt sec et vibrant comme un tressaillement nerveux, tantôt mélodieux et tendre comme un récit d'amour.

Il se renferma en lui-même, cessa d'être affectueux et confiant, et ne répondit plus que par monosyllabes aux questions de sa mère ou de Ménars.

On eût dit une existence frappée d'un venin empoisonné, et se repliant sur elle-même ainsi qu'une fleur dans sa corolle, pour souffrir et mourir.

C'était pourtant le plus joyeux mois de l'année, celui où les feuilles s'épanouissent sur les bourgeons, où les oiseaux chantent dans les branches, où les ruisseaux murmurent leurs douces chansons et où la nature tout entière semble secouer ses ailes, ainsi qu'un passereau après l'orage, avant de reprendre son vol.

— Elim est malade! disait la princesse, en se désolant de son impuissance à deviner le mal dont souffrait son fils.

Et les larmes, dans ses yeux, remplacèrent les sourires heureux.

— Hum! hum! répétait Ménars en branlant la tête avec incrédulité, malade ! malade! cela ne veut pas dire incurable.

— Qu'espérez-vous donc, mon ami /

— Je n'espère pas, j'attends.

— Et qu'attendez-vous?

— Une occasion favorable de tâter, sans qu'il s'en doute, le pouls moral de notre malade.

— Vous croyez donc son mal imaginaire?

— Dieu m'en garde, princesse! car ces maux-là sont de ceux contre lesquels on est impuissant à lutter, parce qu'on ne sait où les saisir. Son mal est réel, bien réel, mais il est moral.

— Et quel est-il donc, enfin?

— Ce soir vous le saurez aussi bien que moi, princesse.

Le même soir, en effet, la princesse, Elim et Ménars étaient assis tous trois, comme aux jours heureux, autour d'une table ronde à tapis de velours violet frangé d'or.

Par extraordinaire, il pleuvait, et Elim n'avait pas pu aller rêver le long de la Neva, comme il avait coutume de le faire depuis deux ou trois semaines. On avait allumé un bon feu de bois sec dans le petit salon; deux lampes jetaient, sous leur globe embrasé, une clarté vive et limpide; et, comme le vent sifflait dans les rameaux d'arbres, ainsi qu'il fait en mer dans les mille cordages d'un navire, comme la pluie fouettait au dehors les vitres et les portes, c'était un vrai plaisir que de voir pétiller la flamme dans la cheminée, d'enfermer ses pieds dans l'épaisseur des tapis et d'écouter gronder l'orage au loin.

Ménars jugea le moment favorable pour sonder Elim, car il savait par expérience qu'il est bien peu de secrets qu'on n'avoue au coin du feu. Il semble, en réalité qu'en confiant sa parole aux flammèches bleues qui s'enroulent en jouant, elle s'envole vers ce monde de l'inconnu qui est l'espace, mais qui conduit à Dieu.

d'un prince russe G9

Tel mystère que vous porterez gaiement, pendant toulf un été, enfoui dans votre cœur, ne résistera pas deux jours à une causerie près des chenets.

— Tenez ! fit Ménars en se levant et tournant le dos à la cheminée à la façon des beaux parleurs de salon ; tenez, mon cher Elim, vous allez m'appeler un affreux égoïste, eh bien! je vous dirai que je ne connais pas de bonheur comparable à celui de me chauffer les jambes, par un temps pareil à celui-ci, quand la pluie est furieuse au dehors et que le vent gémit tristement, si ce n'est celui de trouver un lit bien chaud et bien douillet, vers minuit, quand j'ai froid et sommeil.

— Moi, cela m'attriste, répondit Elim avec mélancolie.

— Et pourquoi, mon cher seigneur? demanda Ménars en souriant.

— Parce que je pense à ceux qui n'ont ni bon feu ni bon lit, murmura IClim, et que la pluie ne sèche pas les larmes de ceux qui pleurent.

— C'est juste. Mais doit-on s'attrister sur tout ce qui est triste?

— Je ne sais si on le doit; mais quelquefois on ne peut faire autrement.

— Alors, adieu le bonheur.

— Ohl le bonheur n'est pas de ne pas souffrir. Le bontieur est...

— D'être heureux! fit Ménars.

— Mon vieil ami, observa la princesse en rompant le silence à son tour, je crois que vous faites dire une bêtise à mon Elim. Vous ne m'en voulez pas pour le mot?

— Je vous en veux beaucoup, au contraire, répondit Ménars d'un ton plaisant, car cette bêtise-là est une vérité. Je m'en rapporte à Elim plutôt...

— A moi? demanda le jeune homme étonné.

— A vous-même. Voyons mon cher élève, dites-moi un peu ce que c'est que le bonheur?

— Le bonheur? répéta Elim d'une voix doucement tremblante et pleine de mélodieuses rêveries.

Sa lèvre s'agita fébrilement, son œil brilla comme une opale enchâssée dans de Tor sombre, son cœur eut un éclair. Mais, se maîtrisant tout à coup, il ajouta avec calme, en prenant dans ses mains les mains de sa mère :

— Le bonheur, c'est d'avoir une bonne mère comme je l'ai, et de rester ainsi toujours auprès d'elle.

La princesse attira la tête de son fils vers ses lèvres, et, l'embrassant avec cette tendresse sainte et pure des mères qui inoculerait une âme sur un front :

•7- Voilà qui est parler comme un ange ! fit-elle.

— Bon ! observa Ménars tout en essuyant une petite larme refoulée dans le coin de son œil, avez- vous jamais entendu parler un ange, madame la princesse?

— Quelle question, Ménars I Et vous?

— Moi, c'est différent, et si j'étais tant soit peu capable de galanterie, je vous dirais que j'entends un ange en vous écoutant.

— Ah! ah! voilà le notaire impérial qui se trahit. Ceci est de la littérature césarienne ou je ne m'y connais pas; c'est de l'Hoffmann tout pur. N'auriez-vous pas, par hasard, travaillé quelque peu au Roman d'une Heure ?

La princesse Catherine avait embrassé son fils. Elle était heureuse, et quand elle était heureuse, elle adorait de taquiner un brin son vieux Ménars.

— Bien, bien, riez!... Mais, puisque vous m'y forcez, j'ajouterai que mon compliment est une vérité... J'en

appelle au témoignage d'Elim, et je soutiendrai que tout homme entend, au moins une fois en sa vie, la voix d'un ange.

— Et à quelle époque solennelle?

— Le jour où la première femme murmure à notre oreille : Je vous aime !

Elim tressaillit, comme sous une commotion électri- [jue, et sa physionomie s'éclaira subitement, ainsi que fait au théâtre celle des acteurs, quand le sifflet du ma- :)hiniste fait briller tout à coup la rampe.

— Bien ! pensa Ménars, on connaît votre secret, messire.

— Ménars ! Ménars ! dit la princesse d'un ton de reproche, de quoi allez-vous parler là, mon ami ?

— Mais d'une chose très-simple, qui arrive à tout le monde, qui vous est arrivée, princesse, qui m'est arrivée, qui arrivera à notre Elim.

— Vous croyez? demanda involontairement le jeune prince à son instituteur.

— Si je le crois ! certes !

— Ménars, vous êtes foui imterrompit la princesse 1

— Bah! bah! pas si fou, princesse, pas si fou... ei quelque jour une jeune et jolie Russe me donnera raison. . . Aimez- vous les jeunes filles russes, Elim?

— Moi? fit le jeune homme troublé, je ne sais.

— Qui voulez-vous qu'il aime, Ménars? est-ce qu'on aime autre chose que sa mère à son âge ?

— Tout ce qui devrait être n'est pas, madame, répondit à voix basse l'ex-notaire, et quand une plaie est ouverte, le meilleur moyen de la guérir, c'est de la laisser saigner.

La princesse regarda Ménars avec étonnement, puis

son fils, dont lesjoues étaient empourprées et les paupières baissées, et elle comprit le mal dont souffrait Eiim.

— Eh bien I reprit Ménars avec une insistance qui devenait très-visible, même pour son élève, je parie avec vous, princesse, que la première femme qu'aimera notre Elim sera une... Italienne.

Elim respira librement, comme délivré d'un grand poids.

— Et pourquoi, mon ami ?

— Parce que l'Italie est vraisemblablement le premier pays oii nous irons.

— Ne peut-on donc pas aimer en Russie ? demanda Elim avec un peu d'impatience.

— Je ne crois pas I... selon moi, on ne peut être aimé que dans quatre langues, en italien, en français, en espagnol ou en anglais : — Je vous aime ! — Jo famo t — / love y ou I — Mais soyez donc forcé de dire en allemand : ■ — Ich Liebe sie, et Tamour s'enfuira à tire-d'aile à cet appel de maquignon (puisque bien décidément l'allemand est la langue des chevaux). — Je me résume : il faut de jeunes voix pour murmurer les jeunes sentiments et de douces paroles pour dire les douces rêveries. Tout ce qui n'est pas français, italien, espagnol ou anglais est indigne de parler d'amour, indigne d'aimer, et par conséquent indigne de vivre , pour terminer comme le poëte.

— Voilà qui est d'une rare insolence ! fit la princesse en riant; d'un seul trait, vous biffez du monde la Russie, TAUemagne, la Suède, le Danemark et jusqu'à la Turquie. Savez-vous bien que Denis le Tyran était un agneau auprès de vous?

— J'en suis bien fâché pour la Suède ou h Chine,

d'un prince russe

mais qu^elles apprennent le français ! On ne sait aimer en Russie et en Europe, que depuis qu'on sait parler français; c'est pour cela que notre langue devient universelle I

— Allons, je ne sais sur quelle herbe vous avez marché, mais vous êtes un grand enfant, ce soir, monsieur Ménars.

Elim s'était levé doucement, il s'était rapproché du notaire, et posant amicalement ses deux bras sur ceux de son vieil et indulgent ami, lequel les tenait croisés sur sa poitrine :

— Savez-vous ! fit-il d'une voix charmante, puisque vous voulez que je pense tout haut avec vous, et que vous m'ordonnez d'avoir une opinion à moi, quitte à la modifier plus tard...

— Eh bien I interrompit Ménars.

— Eh bien ! continua Elim de la même voix caressante, il me semble que vous n'avez pas tout à fait raison...

— Voyons... prouvez-le.

— Je crois, moi... mais je puis me tromper...

— Enfin, vous croyez... affirma Ménars, qui aimait à s'arrêter aux choses précises et qui surtout, voulait y habituer son élève.

— Oui, je crois que lorsqu'on aime quelqu'un

comme vous disiez... quand on sent dans son cœur je ne sais quoi de vivace et d'inaccoutumé qui vous glace et vous brûle à la fois... et dans tout son corps, dans toute son âme, une sorte de fièvre insupportable et délicieuse ; quand la tête aspire tellement le ciel que le front pense loucher la nue, tandis que la poitrine, haletante et oppressée, reste attachée à la terre pour souffrir, et qu'on voudrait mourir parce qu'on a trop de vie... je crois

qu'alors nulle voix, nulle langue ne sont assez douces pour murmurer ce qu'on éprouve. Il faudrait qu'elles s'enrichissent de cette divine harmonie de la nature où tout est poésie, amour : l'oiseau qui chante sur le bord de son nid, le ruisseau qui gazouille entre les hautes herbes de son lit, le vent qui souffle dans les arbres, le fleuve qui s'écoule à long bruit, l'écho qui répète la chanson du pâtre attardé, le nuage à dentelures argentées qui plane sur nos têtes, semblable à un géant ailé, la feuille à demi morte qui roule plaintive dans le chemin creux du cimetière, et le rayon de lune qui se joue sur la voile inclinée du pécheur de la Neva.

— Le fait est, observa Ménars avec un mélange de gaieté et de tristesse, que Je vous aime ! ou Y loveyou ! ne disent pas toutes ces belles choses... isolément; mais ils les disent et d'un seul coup, parce qu'ils disent tout, aussi bien la furie de la tempête déchaînée que le murmure des clochettes pendues au cou des moutons qui broutent l'herbe humide; aussi bien les larmes sanglantes qui dévorent le cœur, que les joies infinies qui épanouissent l'âme; tout, tout, ils disent tout! Tenez, nous avons V article contracté t

— Dans Noël et C/iapsal?

— Précisément, princesse. Et Je vous aime n'est pas autre chose que ]-à poésie contractée.

— Permettez-moi de rire, mon cher Ménars.

— Riez, mais c'est ainsi, et je ne connais pas de poëte, moi qui ai vu finir un siècle et en commencer un autre, je ne connais pas de poëte, dis-je, qui ait écrit rien d'aussi divin qu'une bouche de femme, fraîche et rose, s'entr'ouvrantprès de vos lèvres et soupirant : Je vous aime!

— Vous croyez? demanda Elim d'une voix émue.

— Et VOUS, mon cher Elim ? car vous voici d'un âge à pouvoir déjà vous occuper, théoriquement, de ces sortes de choses.

— Moi, je connais un plus grand poëte que le vôtre.

— Et il s'appelle?

— Le cœur! Mais il n'écrit pas, il ne parle pas ; le seul langage qu'il sache, c'est parfois un regard timide et vingt fois baissé, derrière une jalousie tapissée de fleurs; c'est une larme furtive mouillant la paupière; c'est un sourire triste cherchant un autre sourire ; c'est...

— C'est notre Elim commençant un beau rêve, interrompit tendrement Ménars ; et, cachant dans son sein la tête du jeune homme, longtemps il la tint embrassée, longtemps il écouta battre le jeune cœur contre son vieux cœur, et il soupira, car si Elim espérait, il se souvenait, lui...

Espoir, regret! voilà la vie en deux mots.

Page 1