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« Pour la millième, mais dernière fois, répondait-elle à un ami questionneur, qu’elle ne voulait point renseigner, je vous répète que j'ai passé ma vie au lit, mais seule, malade et sans amour d'aucune sorte. »
Tant adulée pendant sa jeunesse et, de toutes parts, assaillie de fascinations, elle était parvenue à la phase extrême de la vie de sentiment presque neuve de passion fortement ressentie. Le reste : des caprices, des échappées ou, comme il en fut avec Napoléon (elle avait dix-sept ans) : l'obligation des circonstances. Des s acrificesmomentanés à l’irrésistible penchant des hommes, dans l’attente et l'espoir d’un plus noble but à atteindre. Elle n’était née ni tendre ni sensible, mais prédisposée aux désirs ambitieux, Les témoignages d’admiration rendus par quelques-uns à la supériorité de son jugement la touchèrent au cœur d’une atteinte beaucoup plus sensible que les compliments prodigués à l’harmonie des lignes de son corps. À ses succès de Cour elle n’avait attaché que la valeur d’une ambition travestie. Cependant, ceux et celles qui l’avaient connue, ne voulurent se rappeler que ceux-là.
Dans le tourbillon de la vie élégante, elle n’avait pas discontinué de respirer en soi, comme dans une différente et libre atmosphère, de grandes idées; obstinément elle en avait demandé la réalisation au concours d'hommes estimés puissants et forts. Quels en avaient été les résultats, pourtant? Et quelle juste mémoire en avait-on gardée ?
Aisément, en ses affirmations, la comtesse de Castiglione grandissait son rôle : « J’ai fait; l'Ilalie et sauvé la papauté. » C'est une parole qu’elle répéta souvent. Le mot, évidemment, dépassait de loin la chose. Le certain