‹ Le roman dans la Grèce ancienneChapitre 13 sur 70 · M. GuATius, ouv. cil,, 1. 1, p · texte numérisé non relu

M. GuATius, ouv. cil,, 1. 1, p

respectent la plupart dca attributs de la déesse Bidonienne. Elle garde sa riche ceinture,ct sa couronne de myrtes et de roses; elle conserve à la main la grenade entr'ouvcrte, symbole de la fi^condité. Néanmoins, comme on a surtout vu en elle la patronne des matelots, ou la prend en même temps pour une divinité marinechargéedc défendre l'approche des ports, de conduire les navires dans leur course. On crée une foule de légendes plus en harmonie avec cotte nouvelle conception.

On la fait naître de Técume de la mer, et c'est de là que lui viendra son surnom d'Aphrodite, Et l'on ajoute, rappelant sous une gracieuse allégorieiliistoire do sa venue en Grèce, que les flots l'ont déposée sur la côte de Cypre ', d'où elle est montée radieuse vers l'Olympe, dans un char traîné par des colombes.

Plus tard. lorsqu'elle se propage dans l'intérieur (lu pays, la tradition s'altère encore. Les Phéniciens donnaient à leur divinité des traits toujours riants, toujours jeunes, afin do montrer quêta nature no peut vieillir. On no saisit pas le sons do cette figure. Dans la belle Tyriennc on voit la personnification

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même do la beauté. Bienluf., par une association d'idées fort naturelle, on en fera la déesse des amours^ puis celle de la débauche. Et la noble Astaroth, Tépouse fidèle, la tendre mère, qui présidait jadis aux mystères du mariage, finira par devenir et par rester l'héroïne de mille fables obscènes.

En s'appropriant les déités étrangères, les Grecs ne se contentent point de les défigurer de la sorte. Ils font mieux, ils les rattachent par des liens de parenté ou d'alliance à la famille de leurs dieux nationaux. G*est que dans ces âmes enfantines se livre une lutte entre deux passions opposées. Leur curiosité instinctive les attire vers les choses nouvelles, et la mobilité de leur nature tend à leur faire changer de prescriptions et de cultes. D'autre part, la crainte les retient. Us n'osent abandonner les vieilles croyances de peur de troubler les mânes de leurs ancêtres et de s'aliéner leurs anciens protecteurs... Ce sentiment se manifeste surtout chex ces habitants du centre de la Grèce.

Moins en relation avec les peuples qui visitent le rivage, ils sont moins exposés à corrompre leur foi. Us sont aussi plus superstitieux parce qu'ils sont plus ignorants. Lorsque la tentation est devenue trop forte et qu'ils

y ont cédé, ce sacrilège leur paraît être cause de tous leurs maux, et ils s'imagiueDt entendre dans les montagnes la voix tonnante de Zeus les rappeler au devoir ' . Un héros, un apôtre, vient tout à coup exalter les fanatismes et prêcher la guerre sainte*; les temples sont envahis, les idoles brisées, les prêtres égorgés au pied de leurs autels. Parfois le souvenir de ces massacres qui ont précédé l'introduction définitive des divinités exoliquess'cst conservée travers les siècles. C'est ainsi i)u'Hérodole parle du soulèvement des Cauniens qui, armés de pied en cap, et brandissant leurs glaives, ont chassé les (lieux élrangers de leur territoire '. El les Argiens racontaient que leurs pères avaient jadis ciimbattu contre des espèces de sirènes farouches qui élaienl venues des îles avec Dionysos '.

Cependant arrive un juur où la résistance devient impossible. L'ilcllaile, celle presqu'île s'ouvranl par trois cùlés sur la mer, est un foyer vers lequel convergent

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