‹ Le roman dans la Grèce ancienneChapitre 16 sur 70 · I. Telle est l'opinion que Banier a savainmeot eipo«ée · texte numérisé non relu

I. Telle est l'opinion que Banier a savainmeot eipo«ée

dans aa Mytholo'jie f,rpliquée par f/iislnire. (l'ariB 1738,) Celle interprétation au surplus concorde avec le récit d'Appolodore qui rapporte qu'une des Harpyei tomba sur les cùttis du rélo[)oné3C, et que l'outre vint jusqu'aux Euhinadus d'où ellu rebroussa chemin et se laissa de lassitude L-Uoir dnas la mer.

homme, le dieu lui prête ses talonnières qui lui permettront de franchit les espaces plus rapides que Toiseau*. Les divines sandales l'amènent en effet sur les côtes d'Afrique, en Ethiopie, en Mauritanie, et jusqu'aux bornes du monde, près du séjour des ténèbres, où il triomphe des Grées*, et de leurs sœurâ les Gorgones ', ces redoutables filles dé Phocos, le dieu marin*.

• 11 serait aisé de multiplier les exemples.

Mais à quoi bon? Le peu que j'en ai glanés au hasard ne suffit-il à montrer la puissance de l'imagination grecque dans cette première éclosion de légendes historiques? Jamais elle n'a créé tant d'êtres difformes et prodigieux, jamais elle ne s'est lancé avec plus de fougue

1. D*autres navigateurs sont également représentés avec des ailes. Icare par exemple, et Galûîs, et Zeth{>6, les enfants de Borée, qui chassèrent les Harpyes sur les côtes de Thrace.

2.. On sait que les mythologues expliquent les cheveux blancs des Grées parles flots de la mer qui blanchissent qaand ils sont agités. (Cf. Noël, Dict. de la fable.)

3. Fourmont, ayant recours aux langues orientales, a trouva dans le nom des trois Gorgones, celui de trois vaisseaux qui échangeaient sur les côtes d'Afrique et de Grèce, de l'or, des dents d'éléphant, des cornes de divers animaux, des yeux d'hyènes et autres pierres précieuses. Ainsi s'expliquerait le mystère de la dent, de la corne, et de l'œil que les Gorgones se prêtaient mutuellement;

4. Phocos avait eu encore une fille, Sçyila,Ia terreur des mers de Sicile.

U LE HOMAN MYTHOLOGIQUK

dans les sphères de l'irréel el de l'impossible, jamais elle n'a été plus hardie parce que jamais elle n'a été plus jeune. Je n'ignore pas que la chronologie des Alexandrins plaçait ses traditions après celles qui se rapportent à l'immigration des colons asiatiques.

Comme les Hellènes faisaient remonter à ces colons la fondation de la plupart de leurs villes, on conçoit qu'ils aient voulu inscrire leurs noms à la première pagede leurs annales. Toutefois, avant d'avoir été en relation avec leurs voisins, il n'estpas douteux qu'ils n'aient eu des fables héroïqucsde même qu'ils eurent des fables religieuses. Beaucoup des récils auxquels je viens de faire allusion, doivent remonter à une antiquité plus lointaine : d'abord parce qu'elles sont plus confuses et semblent avoir subi des remaniements en plusgrandnombre; ensuite parce qu'en dépit des surcharges postérieures, elles paraissent témoigner de conditions d'existence plus élémentaires.

Certes, nous n'en sommes plus aux mœurs nomades des Pélasges. Les tribus se sont fixées sur les diverses parties du territoire et la propriété individuelle s'est peu à peu substituée à la propriété collective. Mais les travaux de la campagne, l'élevage du bétail et

des abeilles, la culture du blé et de la vigne sont restés leurs seules occupations. C'était encore un peuple de pasteurs. Chaque famille vivait pour soi. Les besoins généraux ne se faisaient pas sentir. On ne se livrait pour ainsi dire à aucun traiic, car les troupes de brigands qui gardaient l'intérieur du pays, devaient rendre les communications presque impossibles; et quant à la navigation, elle ne pouvait avoir pris une extension bien considérable, puisque les barques à voiles étaient regardées toujours comme je ne sais quels monstres ailés.

A travers les brumes de ces vieilles légendes, un grand fait donc se dégage : la crise par laquelle dut passer la société à sa naissance. Les populations laborieuses et pacifiques tendaient à se rapprocher, à constituer les éléments des États futurs, à faire prévaloir les idées d'ordre et de justice. Mais bien des obstacles s'opposaient au progrès. Sur terre les bandits, sur mer les pirates, représentaient le règne antique de la terreur, la grossièreté primitive... Et c'est alors que s'éleva entre les deux forces en présence cette lutte gigantesque, dont les romans d'un Hercule ou d'un Persée évoquent le souvenir.

LE BOMAN MYTUOLOGIOLE

Cctto lutte durait encore lorsque la civilisation patriarcliale H'eiïaça devant une civilisation supérieure par suite du contact des indigènes avec les immigrants étrangers. J'ai déjà eu l'occasion de parlerde l'influence que les Ioniens, les Cariens, les LelÈges, les Phéniciens, exercèrent presque dès l'origine sur les destinées do l'Hellade. Nous avons pu la reconnaître dans les légendes de ses dieux; elle se manifeste directement dans les légendes de ses héros.

Grande fut leur œuvre'. Fondateurs de dynasties royales et sacerdotales, partout où ils ont débarque, ils ont établi entre les tribus épnrscs les premiers liens politiques, nt les ont habitués à se réunir en bourgades. Avec cu\ sont apparues des sciences, des industries, lies institutions qui témoignent d'un degré déjà très élevé do culture intellectuelle et morale. La terre a été rendue plus productive par le dessèchement des marais; des digues et des canaux ont été creusés pour

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