‹ Le roman dans la Grèce ancienneChapitre 22 sur 70 · f)//f/ssrp, rh. vii-xu. — â. //y/V/.. eh, ix, vers 100 et · texte numérisé non relu

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U LE HOMAN MVTHOLOGiQUE

Je ne sais si je m'abuse, mais il ne me parait point impossible que ces vers du poète aient inspiré à PJaton la pensée de nous transporter, lui aussi, dans une île fabuleuse pour nous révéler toute une civilisation, et nous laisser entrevoir sur les plages de l'Atlandide la cité de ces rêves.

Do même que nous trouvons ainsi dans l'Odyssée l'origine du roman de voyage, nous trouvons dans ïlliade l'origine du roman d'histoire.

L'épopée primitive est l'expression d'une tradition et comme la tradition elle est faite dessouvenirsvivantsdu passé. Le sièged'Iliou n'est pas un événement moins réel, moins certain que la défaite de Roncevaux; après les remarquables fouilles de Schliemann ', il n'est plus permis d'en douter. Beaucoup des héros d'Homère n'appartiennent pas davantage au mythe. Lt-uis noms, leurs caractères sont ce qu'ils durent èlre. L'Agamemnon et l'Achille, le Priam et l'Hector de l'Iliade oal vécu aussi bien que le Roland et le Charlomagne de nos chansons de gestes.

Seulement la fable s'était bientôt emparée

de la donnée liislorique pour l'amplifier et l'embellir. L'expédition des Hellènes contre les Troyens, comme celle {ju'ils avaient jadis entreprise contre la Colchide, marquo simplement une phase de leur invasion en Asie Mineure. Cliassés de leur patrie par le besoin de pourvoir à l'excès de population et l'impossibilité de tirer assez de moyens de subsistance de leur sol presque partout rebelle à la culture, attirés du reste vers ces riches contrées ofi les fleuves roulaient des paillettes d'or, dès l'antiquité la plus lointaine les Achéens avaient commencé vers les régions d'ou(re-mer le mouvement de migration qui se perpétua longtemps encore à travers les siècles historiques... Celte explication des faits est trop savante; lalégende leur en substitue une autre : le ravissement d'une femme, prétexte habituel aux disputes qui s'élevaient alors entre tribus et cités voisines. Ce n'est donc plus l'avidité qui arme la Grèce, mais un légitime sentiment de son honneur national.

Puis, le point de départ grandi, tout grandit en proportion. La mémoire d'une foule di' conquêtes antérieures s'absorbe dans la mémoire de ce triomphe. Acliillc prend d'assaut Lyraesse, Pedase, Lesbos, vingt-trois

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villes l'n lout, dont douze sur la ctHe ft onze dans l'intérieur du pays. Quant au siège môme d'Ilinn, il dure ce (|uc dura la lutte des Titans et des Dieux, une période mytliiquc de dix années.

Cette guerre du reste est autant une guerre de dieux qu'une guerre de morlrls.

Siins doute les liûros (|ui eonihatlaient dans les plaines de la Troade, devaient croire euxmêmes d'une foi sincère à l'inlervcnlion des divinités au milieu do leurs batailles, niaid à une intervention toute mystérieuse, (|ui ne se traduisait à leurs yeux que par des pliéuomènes naturels plus ou moins favorables.

Tel ils avaient vu un soir le lleuve Seamandre, écumant de colère et burlant des menaces, se précipiter au-devant (rAeliille alin de prévenir la ruine des Troyens '. La légende donne aux dieux un bien autre rôle. Elle les rend lidbitnent visibles que, pour se dérober aux reganls des bommes, ils tmt besoin de s'envelopper d'un nuage; telletnent sensibles (jue, pour se proléger conli'c les traits, ils ont besoin du se couvrir d'un casque et d'une cuirasse. Ils guerroyent confondus dans la mêlée. Ils iasul-

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