‹ Le roman dans la Grèce ancienneChapitre 23 sur 70 · cr. ///"'/<■. rii, XXI, varit «fl H aiiiv · texte numérisé non relu

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lent les héros et les héros les insultent; ils frappent et on les frappe : La javeline de Diomède perce le bras de Cypris et le sang divin jaillit de la blessure \ Ares lui-même a la poitrine traversée d'une flèche, et, affolé par la douleur, il jette un hurlement qui résonne au loin, terrible, pareil au cri que pousseraient dix mille guerriers livrés à la fureur du carnage ' !

C'est ainsi que Timagination populaire a marié la fantaisie pure au récit exact des faits, un peu nu, un peu froid, un peu triste aussi comme toute vérité ; et c'est ainsi que plus tard, en tirant l'épopée de la fable, le poète a donné, dans la littérature, la formule du roman historique.

Ailleurs j'ai cité quelques fragments d'une jolie scène galante qui suffiraient à nous convaincre qu'Homère a ouvert la voie aux romanciers d'amour aussi bien qu'aux romanciers philosophes.

i iUadf, ch. V, vers 458.— S //-*/>/, c\\, v, v^rs

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S'il est vrai que, à proprement parler, aucun de ses deux poèmes ne roule sur une amoureuse intrigue, il y a une intrigue de ce genre au fond de l'une el de l'autre. Dans ['Odyssée, c'est Pénélope qui reste fidèle à Ulysse malgré les instances de ses prétendants et Ulysse qui pour revoir son épouse s'arrache aux tendresses de la maîtresse et aux séductionsdela courtisane; daasVIliade, c'est Hélène que Paris a séduite et que poursuit Ménélas.

Je signale le fait sans y attacher plus d'importance qu'il ne convient. Assurément l'amour est un ressort secondaire dans les chants homériques. Pour y étudier son action, au lieu de considérer l'ensemble des poèmes, il faut s'arrêter de préférence àquelques-uns de leurs épisodes, qui, envisagés à part, peuvent t''[re regardées comme de véritables nouvelles. Plusieurs de ces nouvelles sont empreintes d'une douce mélaacnlie, d'autres sont assez plaisantes. Je n'en veux rappeler qu'une seule, parmi ces dernières ', où il est impossible de ne pas voir le type primitif des contes erotiques dont nous aurons plus loin à nous entretenir.

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