Cf. Isidore de Skvii.lk, (irifjim's
i. Cf. Athkrêr» Banquet dos Snjihistes, Liv. XV.
iOO LE ROMAN PUlLOSOPHiQUE
s'il y a jamais eu un Esope, a dû être de ces lionimes-là. Pour les Anciens, il a personoilié la fable même. Tout en lui est symbole ou tout en lui était fait pour le dcveuir. Son humble condition semble marquer l'origine populaire des apologues, sun esprit et sa curiosité la grâce et la finesse d'observation qui convient à ces petites allégories, ses voyages enlin en Asie et en Egypte les emprunts faits par les fabulistes de Grèce aux conteurs orientaux. La tradition, qui aime les puissantes synthèses, a fait pour lui ce qu'elle avait fait pour les demi-dieux. Elle lui a attribué l'œuvre des siècles, et l'a bientôt regardé comme l'auieur de toutes les lîctions morales qui couraient alors parmi les Hellènes.
Nous en possédons le recueil assez complet. Dans cette compilation, aux vieux apologues grecs se trouvent sans doute mêlées beaucoup de fables nouvelles de source étrangère. II est mallieureusemenl impossible de se prononcer avec certitude sur l'origine particulière du plus grand nombre de ces récils. Sous la plume anonyme qui les a rassemblés, ils ont perdu loute physionomie caractéristique. 11 n'en subsiste que des abrégés succincts, de simples arguments de narration.
sans nulle variété ni de contexture ni de style, sans couleur, sans mouvement, sans vie. semblables entre eux comme des squelettes dans un ossuaire.
Mais d'autres sont venus plus tard ressusciter ces cadavres. Sur des thèmes propres à de si riches développements ne pouvait manquer de s'exercer la verve de tous les hommes d'esprit et de {çoùt. Chacun dans l'antiquité amplifiait des fables comme il aiguisait des épigrammes pour occuper ses loisirs ou se délasser de ses travaux. Les historiens, les orateurs, les philosophes, se récréaient ainsi. On sait que Démetrios de Phalère composa un livre d'apologues* . Socrate à la veille de mourir en versifiait quelques-uns dans sa prison *, et, interrompant ses discours, Démosthëne parfois disait un de ces contes afin de réveiller l'attention de son auditoire •.
Ceux-ci n'étaient fabulistes qu'à leurs heures; quelques poètes le furent par profession, en petit nombre, il est vrai, et pour la plupart de médiocre talent... La Grèce ne