Platon, République, liv. Vil. — 2. Ibùl., liv. X
future. Je crois que jamais il n'a mieux révélé la puissance de son génie qu'en cette ('■vocation des mystères d'outre- tombe.
Quand il ouvre ici l'Knfer h nos regards pour nous montrer les victimes du divin courroux, son inspiration s'élève à des hauteurs que môme celle de Dante n'a pas dépassées.
Aristote fit, dans son œuvre, moins de place à l'imagination que son maître. Il n'avait point vu le jour comme lui sous le climat fortuné de l'Attique, mais dans lc3 froidures de la Macédoine. C'était du reste le fds d'un savant, et lui-même, par son éducation première, avait été destiné à la science. Pourtant il ne fut pas un écrivain aussi didactique qu'im se rimagincd'lialiitude. Nous le jugeons mal, parce que nous le jugeons d'après les seuls do ses ouvrages qui soient parvenus jusqu'à nous ; mais, h côté de ces écrits d'érudition pure, il en avait composé beaucoup d'autres dont les Anciens célébraient à l'envi ta douceur, le nombre et l'éloquence'. N'al-il pas suivi les voies d'Homère et de Pinrlare on rliantunt des Épopées et des odes, qui lui valurent la première place liv. 11. 38. Viiir encore
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parmi les écrivains lyriques de son siècle?
NVt-il pas laissé des livres populaires, où il sacrifiait au goût de la foule pour la fiction » ? N'a-t-il pas écrit des traités sous la forme romanesque du dialogue, où abondaient les récits allégoriques *? Plutarque nous a conservé un de ces récits dans sa Consolation à Apollonios^. Il y est question de ce bon roi de Phrygie dont on faisait volontiers le héros d'une merveilleuse aventure. Nous voyons Midas, un jour, à la chasse, s'emparer d'un silène. Le silène ou l'haï est ce petit quadrupède des Indes que son extrême lenteur de mouvement a fait surnommer le « paresseux 5 . Dans son immobilité il a quelque peu l'air d'un sage qui médite. Le roi, voulant s'instruire, l'interroge donc et lui demande quel est pour un homme le plus grand des bonheurs. — € Assurément, répond la béte, ce serait de no jamais être venu au monde, mais, puisqu'il y est venu, c'est de bientôt mourir *. t
i. Cf. Havet, Étude mr la Ithètoriqup fJ'Arr^fofe, pngo U et suivantes.
t. ÂLBXis PiERRON, Lîff. f/rec(/ue, pn^'c 405.