‹ Le roman dans la Grèce ancienneChapitre 39 sur 70 · XÉNOTHON, Cyropédie.liv. IV. ch. i · texte numérisé non relu

XÉNOTHON, Cyropédie.liv. IV. ch. i

LA « CYIWPEDIE . 163

aime sans leur faire ses adieux, sans les exhorter aux vertus dont il leur a donné l'exemple, sans leur parler une fois encore de dévouement et d'amour. Puis son esprit s'élève au delà des sphères des vérités présentes et s'ouvre sur le grand problème de la vie future. C'est là surtout, dans les nobles espérances où se complaît Cyrus, que le philosophe couronné fait songer à Socrate : « Mon âme, dit-il, a été cachée jusqu'ici à vos yeux, mais elle se manifestait à vous assez clairement pour que vous n'ayez mis en doute son existence... Pour moi, je n'ai jamais pu me persuader que Tàme qui vil tant qu'elle est dans un corps mortel, s'éteigne dès qu'elle en est sortie, car je vois que c'est elle qui vivifle ces corps destructibles tant qu'elle les habite. Je n'ai pu me persuader davantage qu'elle perde sa faculté de raisonner dès qu'elle se sépare d'un corps incapable de raisonnement : il me parait bien plus naturel de croire que l'àme, alors plus pure et dégagée de la matière, jouit pleinement de son intelligence *... »

Et quand Cyrus sent ses forces décliner, comme Socrate à son heure suprême, il se voile le visage et se recueille pour mourir.

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