XKNnpHi.v, Vyroit'die, liv. VIII, cb. iv, — S. Jbid
''-■''■. ■ ■■^oa^^ht—n^^^^âm^w^m. <>
il est devenu le maître, lorsqu'il s'est emparé de Babylone. Il est de son devoir d'affermir le nouvel empire d'Assyrie qu'il a fondé sur les ruines de l'ancien, et par suite d'imposer assez de respect à la multitude de nations qu'il a soumises, pour qu'elles n'aient jamais la pensée de se combattre entre elles, ou d'essayer, par une révolte, de recouvrer leur autonomie. Il se voit donc contraint d'offrir des festins, de donner des fêtes, de se montrer en public dans des cérémonies imposantes, qui faisant paraître sa majesté, font sentir sa puissance. Mais il réduit ses dépenses personnelles au strict nécessaire afin de donner davantage. Son premier soin en arrivant au pouvoir est d'assembler les principaux d'entre ses sujets et de faire étaler devant eux ses richesses a pour qu'ils n'aient dans la suite aucun scrupule à lui exposer leurs besoins ». Et quand il a rendu compte de tout ce qu'il possède : c Ne craignez pas, leur dit*il, que je dissipe ces biens ni que seul j'en profite. Je veux qu'ils servent à récompenser les belles actions et à secourir les- infortunes. Ils sont à vous autant qu'à moi*. » Plusieurs fois il revient sur cette
i. XÉNOPHON, Cyropédie, liv. \\\. ch. lu.
Il CQ use avec tant de noi conseillers croient devoir le i runtre lui-même. d«' peur (|ii (^»mme l'un d'eux revi^'iit su une infatigable persistance, ( lui demander :
a — Combien d'or estimezrais à cette heure si, depuis m< je n'avais cessé d'en amasser fres?
L'autre fixe une très grosse
— Eh bien! poursuit le pi sant à un de ses serviteurs, ail amis et apprenez à chacun d'ei soin d'argent pour quelque i vous confient un état par écrit, main, de ce qu'ils veulent biei disposition.
Peu après le serviteur est
LA . CYROPEDIE • 193
de beaucoup la somme qu'avait fixée le conseiller du roi.
— Vous voyez, lui dit alors Cyrus, que je suis moins près de l'indigence que vous ne le pensiez. L'attachement de mes amis vaut mieux que de l'or ; il est tout aussi incorruptible, mais il est plus léger, moin.s encombrant à garder, plus facile à défendre, et ne m'exposera jamais à l'envie de mon peuple'. »
Ses richesses ne lui permettent pas seulement de faire des présents et des aumônes; elles lui servent encore à réaliser les vastes projets qu'il a conçus. Car la sagesse de Gyruségale sa bonté. Désorganisée par de longues guerres, l'Assyrie demande des institutions plus fermes qui lui permettront do recouvrer sa prospéril<^ d'autrefois. Son roi les lui donne*.
Chose singulière! L'ordonnance politique que le romancier développe ici et qui n'olFre du reste qu'une très vague analogie avec celle du véritable empire de Babylone, rappelle beaucoup au contraire le régime de la féodalité. Les satrapes chargés du gouverne-
ment des provinces, sont ce que furent plus tard les seigneurs du moyen Age. Gomme eux ils sont vassaux du roi, et uni leurs propres vassaux. Comme eux, ils sont tenus de rendre la justice à leurs sujets. Comme eux ils sont soumis à l'impôt du sang et doivent lever tous les ans un contingent de soldats proportionné à l'étonduo de territoire placé BOUS leur suzeraineté. En cas de forfaiture, comme eux, ils voient leurs biens confisqués et peuvent ôtre déchus do leurs droits. Mais le roi d'Assyrie, plus habile que le souverain féodal, oppose à l'ambition des nobles un obstacle insurmontable. Il se réserve le cunimandenient {lc toute l'armée; les citadelle.i sont directement placées sous ses ordres, et les officiers, nommés par lui, reçoivent de lui seul leurs instructions.
Ainsi en temps do puix aucune autorité militaire n'est laissée au satrape, ce qui garantit sa soumission. Un envoyé du prince, à la tête d'une légion, visite d'ailleurs, de temps k autre, tes diverses garnisons du pays aQn de s'assurer de la vi^nlaiice des troupes et de la fidclilt'; des gouverneurs.
Il serait trop long d'étudier en détail les rclVirnies du toutes sortes que Cyrus .est censé avoir accompli dans son royaume.
LA . CrROPÉDÎE . 195
Nuus le voyons organiser, sur les bases d'une hiérarcliio Irès simple, des administrations, chargées des divers services publics, de la perception des tributs, de la gestion des finances, de l'inspection de la voirie; il crée une police et des postes ; il fonde des écoles ; il institue des jeux nationaux pareils à ceux de l'Hellade; il veille enfin à ce que tous les hommes valides reçoivent une instruction militaire et prennent part régulièrement à des luîtes, à des simulacres de bataille, à des courses à pied et à cheval, en un mot à tous les exercices qui, de près ou de loin, préparent au métier des armes, alin que le roi puisse disposer, en outre des 160,000 fantassins et des 120,000 cavaliers qui composent ses troupes permanentes, d'un formidable corps de seconde ligne capable de repousser, au cas échéant, une invasion étrangère.
Mais quand Xénophon a fini d'exposer ainsi l'oeuvre idéale qu'il prête à son héros, une page lui reste à écrire pour nous expliquer comment il n'en subsistait rien, moins de cinquante ans après la mort de Cyrus. Je ne sais pourquoi certains critiques ont voulu que cette page fût apocryphe, car le livre ne
iM LE ROMAN PHILOSOPHIQUE
pouvait avoir une autre conclusioo. Le dernier chapitre de la Cyropédie, c'est, sous une forme différente, la catastrophe do l'Atlantide : il marque, de même, l'instant où après !e sommeil les yeux se rouvrent à la lumière, ta transition douloureuse du songe à la réalité, du roman à l'histoire.
k*nMNtaM^IM"F^ - ...,-. ,, <rf tJO . JCTTIwfc l M