I. Alcipiiron, h'f/r'ps^ liv. IL :i el i
'2. Coinp. Ar.cu'Hiios, Lt'/frrs, liv. l, 7, 8, et ATHÉïiéB, Bam/uft des Sojtftis/t*s, U, 67, H.
CONTES ÈROTIOUES 273
un si ylisto qui inanquetrop souventde naturel elde simplicité, el qui se perd trop volontiers endes descriptions interminables. Mais il sait rtre et faire rire, ce qui est déjà un mérite. Son ouvrage est du reste curieux comme monument littéraire, car il est plein de réminisconces des vieilles Sfilésiennes. Le rhéteur, il est vrai, n'a pas avoué ses emprunts comnu- Pailhenios ou Apulée, mais les singulières ressemblances qu'olFrent ses hisluires précisément avec celles d'Apulée ou de Parlhenios me paraissent assez signilicatives'.
Ce qui lui appartient suns conteste ce sont les maximes piquantes dont il a souligné la plupart de ses récits, — sortes de moralités de ces fables immorales :
€ Qu'un amuut, dîl-il quelque part, ne jure point à sa maîtresse de n'aimer jamais qu'elle : il risquerait de faire di^ faux serments. Une belle nous touche par ses charmes, mais peul-on être certain de n'en rencontrer aucune autre qui n'ait les mêmes mérites et par suite ne fasse sur nous une impression loute setiibliibli.' '? n
Le romancier a souvent de ces mots sceptiques. Serait-ce qu'il parle d'expérience et qu*il ait eu à souffrir de misères de l'amour avant de se résoudre à les railler? On le croirait à en juger par certaines de ses réflexions dans le genre de celle-ci :
€ La bonté des hommes fortifie la malice des femmes : la femme est une louve: faitesvous mouton, elle vous mangera*... »
Ou de telle autre plus cruelle même :
« Bien fou qui préfère les femmes aux richesses ^ »
Cette amertume au surplus n'est pas propre à Arislénète. Il la partage avec tous ceux qui ont tourné en ridicule les faiblesses humaines. Si le vice est amusant cjuelquefois, il n'est jamais consolant. Sous le sourire des désabusés perce toujours un peu de mélancolie.
On pourrait une fois de plus s'en convaincre par les Lettres erotiques de Théophylaclos de Simocate, un écrivain épistolaire du lîas-Empire, dont je ne citerai que les lignes suivantes :
u 11 n'y a rien, écrit une maîtresse délaissée à son amant, il n'y a rien auquel les
1. Aristénète, Lettres, liv. 11, ii. — î.. Ibid,, liv. I, lu.
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hommes s'attachent plus qu'à l'amour; ii n'y a rien aussi dont ils se fatiguent plus vite. Tu m'as aimée, tu en aimes une autre, et lui fais aujourd'hui les mêmes serments (|ue tu me faisais hier... L'amour est volage. Les peintres uni raisuii de lui donner des ailes'. ■