‹ Le roman dans la Grèce ancienneChapitre 56 sur 70 · XÉNOPHON d'Éphbse. Habvocome et Anthia, liv. II, ch. iv · texte numérisé non relu

XÉNOPHON d'Éphbse. Habvocome et Anthia, liv. II, ch. iv

laisser tromper. Leur amour n'est pas l'amour des forts et des jeunes, un amour pur, éthcré, idéal, fait de rêves et de sourires ; c'est Tamour triste et malsain de ceux qui souffrent ou qui s'ennuient. Ils se tiennent beaucoup plus par les sens que par le cœur.

Le romancier ne nous laisse à ce sujet que peu d'illusions; d'aucuns penseraient même qu'il en laisse trop peu. La première fois qu'Anthia rencontre lïabrocome, — elle a quatorze ans à peine, — avant de lui avoir parlé rncore, elle relève vivement le bas de sa tuni(|ue et lui montre en cachette... ce ([u'il n'rst guère permis à une jeune fille de montrer. Pouvons-nous douter ensuite de quelle nature est une passion qui prend ainsi naissance !...

A la sinîTulière manière dont Xénophon d'Éphèse comprend la vertu, on juge comment il doit comprendre le vice. Il s'est d'ailleurs souvent ménagé l'occasion de le peindre. Ses infortunés amants ne rencontrent sur leur route que d'ignobles et répugnants personnages. Tandis que Habrocome est éloigné de son épouse, sa fidélité est plus d'une fois éprouvée. Une jeune fille et une femme mariée, entre autres, tentent sa vertu. Pour se venger de ses dédains, la

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première l'accuse d'avoir voulu lui faire violence, et la seconde tue son époux afin d'obtenir contre le pauvre garçon une condamnation du chef de ce meurtre. Les hommes dans ce livre ne valent pas mieux que les femmes. Les aventures d'Anthia le prouvent. Tous ceux qui la voient, par force ou par ruse, essayent de lui faire violence ; i^e sont à la fois ou successivement un chef de pirates, trois ou quatre chefs de brigands, deux riches seigneurs, un capitaine, un rajah de l' Inde, et bien d'autres de moindre importance dont je no me souviens plus. Elle tombe pour finir entre les mains d'un proxénète qui veut la débaucher dans un lieu infâme. Il est vrai qu'après celte suprême épreuve, le conteur, ayant épuisé toutes les ressources do son imagination, n'a plus qu'à faire grâce à sa victime.

Xénophon d'Éphèse n'est pas seulement lubrique; par endroits il devient immonde. Avec une licence de pensée, et une audace de style que permettaient seules les langues anciennes, il s'attarde à détailler les plus inavouables sentiments. Les Grecs, on le sait, furent toujours enclins à des monstruosités, que la fmcssc souvent un peu mièvre, la grâce innée, l'élégance, la beauté de

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Si aux belles époquei temps de sa prospérité la lèpre Je SoJonie et Je elle Je semblables rava qu'il en fut lorsqu'elle vii la servituJe. L'amour c( tellement Jans les m<eur aux festins et aux veill maintes fois et ;rravemenl si ce genre J'alfeclion ne instincts charnels et à J raies autrement délicats (] même qui ne se laissaiei

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