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liaient justice à sa vertu et à sa bonté. Quoiqu'elle nous apparaisse aujourd'hui sous les traits revôchcs d'une femme savante, d'un bas-bleu, il y avait en elle un cœur aimant, un cœur féminin. Elle inspira mémo une passion au docte Pellisson, qu'elle aima de son côté, à la façon des héroïnes de ses livres, d'une aflection exaltée, quoique très chaste. Ils étaient aussi laids l'un que l'aure, laids, selon le mot de Guilleragues, jusqu'à l'abus, c Chacun aime son semblable », chantonnait Sarrazin. N'y a-t-il pas, au fond, quelque chose de touchant en l'amour de ces deux disgraciés? Mis à la Bas« tille, le célèbre charmeur d'araignées conserva toute l'amitié de Mlle de Scudéry.
Le Cyrus même atteste qu'elle était capable de dévouement. Il est dédié à Mme de Longuevillc dont le portrait orne la pi*emière page du tome I : assez joli portrait, entourà d'une couronne de. fleurs que soutiennent deux Amours, et gravé par Regnesson, beau-frère de Santeuil. La duchesse y est représentée en belle blonde grasse, avec des / . '
yeux très doux, peut-être un peu niais, une bouche toute petite, des cheveux plats et bien lisses sur le haut de la tète, qui retombent en boucles le long des joues. La dédicace est vraisemblablement de la plume de Georges, qui n'y emploie pas moins de trente pages à comparer Mme de Longueville au soleil.
c II ne me sera pas difQcile de faire voir que ma
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LE ROMAN AU DIX-SEPTIfUIE SIECLE.
comparaison est juste : que le mesme éclat que ce grand Astre a dans les cieux, vous Tavez dans cette cour, et que vous estes comme luy toute couverte de rayons et toute brillante de lumière. En eiïect, si Ton regarde la liante naissance de Votre Altesse »... et la démonstration continue de la sorte avec des en cflfect, des de mesme que, tout Fattirail i)édantesc|ue d*un compliment à la Diafoirus. Mais oublions la rhétorique de Scudéry et rap- IK*lons-nous à quelles dates parurent les volumes du Cyrtu : les tomes I et II en jOip: III et IV en 1G50; V, VI et VII en 1031 ; VIII en 1052; IX et X len l^jSL Dans rinten'alle, la situation de Mme de ^Longueville et de Condé avait bien changé; ils étaient des vaincus. Néanmoins, chaque volume s'ouvre sur un hommage de dévoué respect ; chaque volume leur était envoyé dans leur prison ou dans leur exil. Maz;u*in se vengea : il ôta à Scudéry son gouvernement do Notre-Dame de la Garde, qui lui fut, il est vi*ai, bientôt rendu, gr;\ce & Tentremiso de Montausier. Mais Georges dut quitter Paris, et sa sœur s*y ti*ouva seule, un moment même réduite & la gène. Voilà un exemple de tidélité assez chevaleivsque. Les auteui*s du Cynis auraient eu, du reste, mauvaise grike & trahir leurs amitiés, en mémo tem(>s quMis donnaient dans leur livi*e de si belles leçons de constance.
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Le premier chapitre d'Artamène ou U Graiid Ojruê nous montre Sinope ea Homme». Le prince d^Vssyrie y a conduit Mandane^ la tille de Cyaxare^ roi de» Mède»^ qu^il aime et qu*il a récemment enlevée. Artamène» mystérieux héro» qui commande Tarmée médi<iue^ survient pour délivrer Mandaiie qu'il adore^ lui aussi^ et dont il est aimé^ à rinsu de Cyaxare. Il écarte ou tue les ennemis qui essayent de lui tenir tête; il éteint Tinceudie à Taide de son bouclier rempli dVau; enân,. d arrive jusqu*i une tour où il espère trouver la. captiw. Il uV trouve que son rivale eu proie au désespoir. Mazaiw autre prince amoureux deMan-^ dane, la ravie & son premier ravisseur^ et Tem-^ mène sur un >"aisseau qui déjà disparait à Tho* v'uoix. Artamène se sent si triste qu*il u a plus la foive de châtier le prince dWssyrie et se borue à panier sou prisonnier. Le prisonnier s*évade^ et lui écrit une lettre où il lui pivpose de faire trêve à leur haine jalouse et d^uuir leurs efforts pour arracher Mandane à Ma^are : s'ils y réu;^>sisseut^ Us axlovitnuU'ont rivaux» et un combat singulier déci* dera de leur destin» Artamène ivpoud qu'il accepte et qu'il « observera iuviolablemeuc les chose» dout ils sont convenus ».
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Le lendemain^ errant au bord de la mer, il y voit les débris d*un naufrage. La tempôte a brisé la galère de Mazare qu*Artainène trouve & demi mort sur le sable. Le naufragé raconte que Mandane a roulé dans les flots et qu'il n*a pu saisir d'elle que son écharpe. Artamène éperdu parcourt te rivage, interroge les pécheurs : personne ne peut lui dire ce qu'est devenue Mandane; personne n'a retrouvé ses malheureux restes.
Telle est la nouvelle qu'il rapporte & Cyaxare. En même temps celui-ci reçoit d'un traître le billet qu'Artainène a envoyé au prince d'iVssyrie, et où il est parlé d'une convention passée entre eux. Cyaxare accuse Artamène de trahison. Artamène pourrait se justilier, en avouant qu'il aime T Mandane ; mais ce serait manquer de respect à * * Mandane elle-même , et peut-être irriter le roi
d'une autre maniera. Il se laisse emprisonner comme conspirateur.
C'est alors que ses deux écuyers, Chrisante et y^ Féraulas, après avoir l'assemblé quelques rois qui
lui sont dévoués, leur révèlent son secret pour les intéresser davantage ù son salut. Artamène n'est autre que CymSypetit-fllsd'Astyoge. Astyoge, roi de Médie, efl'rayé \ytiv des oi'acles qui annonçaient la venue pi*ochaino d'un conquérant issu de sa propre maison, a jadis écarté de lui son fils CyaxarCy et sa fille qu'il a mariée à Cambyse, roi des Perses. Cellen^i est devenue mère. Astyage lui
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a pris son enfant, et a ordonné qu'il fût exposé dans une forêt peuplée de bétes féroces. Le serviteur, chargé d'exécuter ses ordres, mais touché de compassion, a confié le nouveau-né & un berger; et c'est ainsi que Cyrus a vécu, nialgrà la volonté de son aïeul. Devenu grand, il s'est réfugié auprès de sa mère; puis, las de mener une vie sans gloire, il est parti à dix-neuf ans en quête de glorieuses aventures , sous le pseudonyme d'Artamène, n'emmenant avec lui que Chrisante et Férauias. Le bruit de sa mort s'est bientôt répandu ; et Cyaxare, qui a succédé à Astyage, croit n'avoir plus & craindre l'apparition do ce vainqueur de toute l'Asie dont les devins ont jadis menacé le royaume des Mèdes.
Cependant, Artamène a couru le monde. Il a visité l'Asie, la Grèce, bmve et invincible déj& comme un demi-dieu. Son vaisseau a erré sur les mers et lutté contre toute la flotte du pirate Thrasybule, osant même rechercher l'abordage.
c II arriva, en cette occasion, ce qui n'arrivera peut-être jamais. Car, comme nous ue songions qu'& suivre Artamène, tout se laiiça avec lui, tout se pressa pour le suivre, et tout passa dans le Vaisseau du Corsaire, excepté quelques-uns qui tombèrent dans la Mer ou qui furent tuez par ceux qui d'abord les repoussèrent. D'autre part, les soldats du Corsaire ayant fait même chose que nous, et ayant suivy leur Capitaine, avec mesme
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