V. — I.A LANGUK DU l'OKMK XI. Vil
premier cas, avec le ms. E seul : Gouverneciirs ne sont seiirs (mais gouva^neur figure, sans variante, aussi au v. 377), et, en retouchant légèrement un manuscrit secondaire (F), dans le second cas : A tricheeurs, a boulecurs\ mais je n*ai pas jugé utile de toucher au texte des manuscrits les plus autorisés.
Le V. 2io'3 : Car aussi seroic je assei'n\ est ainsi dans tous les manuscrits, sauf deux manuscrits secondaires (JL) qui omettent /«?; comme la forme trisyllabique asseiir est probable, étant attestée un grand nombre de fois, on peut se demander si sêtoie ne doit pas compter pour deux syllabes.
La versification de l'auteur n'était pas très rigoureuse. Avant de signaler des cas où, selon les règles observées par les bons écrivains de son temps, le vers devait être considéré comme trop court, on peut se demander s'il n'est pas quelquefois trop long. J'ai adopté, peut-être a tort, au V. 383 [C'est a dire Eglise présente) la leçon d'un seul manuscrit [B] qui est de peu de valeur. La majorité des manuscrits a l'Eglise, avec article, ce qui, bien que donnant un vers trop long, était peut-être la leçon primitive. Il faut toutefois ajouter que MA^ donnent une leçon irréprochable : .4 dire est l'Eglise présente. La ù peu près la même leçon : A durée (sic) est l'Eglise pt^esente. Cependant, on concevrait difficilement que ces manuscrits, qui paraissent secondaires, eussent conservé la leçon primitive; ils ont peut-être corrigé un vers trop long. — Le v. 22 56 [Qui dispose, mesure et termine) est trop long partout. .l'ai proposé en note de remplacer mesure par meine ^
Xi. VIII iNTKObUC IIOK
mais je ne suis pas convaincu de la nécessité de cette retouche. •
Passons maintenant aux vers paraissant trop courts. Ce sont des cas présentant des hiatus inusités chez les bons versificateurs. La non-élision dans les cas comme Pour ce vucil je encore dire 1237 ^^ ^^ pour ce a rous sur renus 1999, de même que l'élision dans Pour c{e) en ce monde aventureus 2863, n'ont rien que de normal Mais les vers suivants sont moins corrects : En tremble et ele chancelé 558, Riche' et de vanité plaine iSoy, Enrdië au mouvement 2272, Qui est briej>ë et transitoire 3 168 (dans EM, ce vers se lit ainsi : Qui est et brieve et transitoire) .
Il y a, dans le Roman de Fauvel, des vers qui paraissent au premier abord trop courts, mais qui sont, en fait, dus à une manière particulière de versifier qui, bien qu'attestée chez d'autres poètes, a néanmoins été quelquefois méconnue.
On sait que chez les poètes du moyen âge (et également chez certains poètes modernes) la syllabe atone est souvent constituée par un mot spécial qui, de sa nature, ne peut être qu'atone et enclitique '.
Servons la tuit, ainsi le lo ge, iGo Quant Diex meismes tient l'orlogc...
(Gautier de Coinci, éd. Pbquet, col. 676).
Également dans le Roman de Fauvel :
Saint François et saint Dominique 85o Deus ordres commenceirent si que...