I. — ANAI.YSF: 1>V HOKME vif
(Vl^Sty. Fauveî est vêtu d un manteau en dwp de Turquie qu'Hypocrisie' lui adonné; les franges d'dr oht'ëté falte^ paf' les rilàîns àè 'Câïn. II porte sur la tète une couronne dont les pierres ont perdu toute Kl'forde que Dieuy avait mise dés' qiië Fauvel lés' k' edeè';' îAïiis Wiir bèàùié est reistéé. Sur 'les rhiltls ' éon't' pdrits de petits singes et de' petit? rènat'ds ( r535), lés ch ironiques dé Fauisseté '{ i3S4), toute' rtiisTo'îfe ' de Rertard (i S'^y), dé' décevants sbpWshléè'(t 3Ôo)', été. Lé jp'atâis est joliniérit laril-
bdiiSe dé'bor^ d'Irland^C*^?'»)- "'"' " '' '" , "' Fauvel éâi 'entouré dé à'à cour, à droite: Charrià-
lî^ë' (1388)," 'Convoitise ' (f46-6)V' A'vàrîce' (i48i), Fnvié"(t4^i')V D^ttaction '(iDoy), 'Haïne'''(i'53i); Rârici[^e''Cr333), Tristesse^ ■(i'547); 'Ire (V549); t^atesié' (î'354), 'Oisiveté' (iddS);" Venus ■(1*557)', GloUtonMé ti'^^3)/'îvreàse;'ï:éçhèrie' (1365) V'à g-aiiché •'!" Orgueil • (i5^o),""Présorhpt'i6'ri''{ï5Vvj; Î)cspit,'lndlgiiàti6rt'[i5''^2),' Vaiiie Coin'tise, 'Vati^ tarieé'''(t57Îy;' BôùbâiiV'Cyùtrécuî^ 'i'i^'1'4)\
Myp'ô'cHs'i'e' (t 5(75'); Fâûx-Sertiblant' ' (ées'deux derniers', dit' le ' poète, soAt décrits plus' en' détail dans \ë Rôffiàn de ta Rose), Variété (iSgg) 'où 'ïnconstàticé'(V6o8); D'(5tibl'étc'('t6bt));'mhëté (r6'i3);ïfigra'titltdé''('i'6V7}, Vilenie'' '(i'èiîS',,'^ Angbisséù^é (1643), Baràt; 'Boulérié (ïôSt)),' Fausart;'TdpOt. Tri'chéri'éi [im'ù), ' Meiïrtfe; Trahison, Rbberie tV66i)';'Pai^jùre, Fôi-M^'fitié rï662); H6ulérië'(i6'65), Hà's'ard'(v666),'kérésie; Sodomie (1667)'. ' ' '" ' • ' FâliVél adres'âe tih di^è'ôu'fs a'ses fidèles ôù'il leltr fôit"pctrt'de' îiè^' projets (it373)' ! 'â'ù 'comble dé la ?tràrtdé'ur','kiù''ra'mi^ Fôhuilé ((72^)'," Il craint Tincbtistart'ce dont Fortuné à dortné tant d'ékc'nifiles ;
VIII IXTRODUCTION
il voudrait profiter de la faveur qu'elle lui témoigne pour l'épouser; il deviendrait ainsi maître de sa roue (1762), et la fixerait toujours au profit de luimême et des siens.
La cour approuve ce projet (1785). Fauvel ceint son épée, met ses éperons et, suivi de sa cour, s'en va à Macrocosme (i85 1). C'est là que séjourne Fortune, Elle a deux profils, l'un beau et riant, l'autre affreux ; elle tient à la main deux couronnes : l'une ornée de pierres précieuses qui resplendissent, mais dont plusieurs piquent cruellement ceux qui portent la couronne (1886) ; l'autre, à l'usage des malheureux, est laide à voir, mais elle recèle de petites émeraudes qui réconfortent ceux qui en savent apprécier les vertus (1902). Devant Fortune sont deux grandes roues qui tournent sans cesse, l'une vite, l'autre lentement (1933); dans chacune d'elles sont agencées deux roues plus petites, animées d'un mouvement contraire. Faire tourner ces roues, sur lesquelles sont échelonnés tous les hommes, est le jeu auquel Fortune se divertit sans cesse (1941). A ses pieds est assise Vainc Gloire (i953), qui fascine ceux qui parviennent pour un moment au sommet de Tune des roues et les empêche de voir la rapidité du mouvement qui va les faire descendre (i960).
Fauvel se présente et fait sa demande, protestant de l'amour qui le tourmente (2o3o), et alléguant l'intérêt même de Fortune, qui doit désirer avoir des héritiers de son pouvoir et de ses richesses (2093). Mais Fortune refuse avec indignation. Dans sa longue réponse (2 i 17-31 85) elle dit que Fauvel, semblable en cela d'ailleufs à tous les hommes
t. — ANAI.YSIÏ l»U l'OKMK \K
(2144), ne le connaît pas. Elle est la fille du roi souverain; elle a pour sœur aîpée Sapience (2(91). Son père a fait le monde et l'entretient ; il lui a laissé le gouvernement de tout ce qui est mobile et contenu dans le temps (2218). Elle a quatre noms, suivant l'aspect sous lequel on l'envisage : Providence, Destinée, Aventure ou Fortune. Parabole de la demoiselle qui jette du haut d'une tour des galets et des pommes qui blessent les uns et profitent aux autres (2302). Ayant ensuite allégué maints exemples des vicissitudes qu'elle amène par les influences des planètes, auxquelles cependant, en ce qui concerne la moralité, le libre arbitre humain résiste (2303), ayant cité Nabuchodonosor (2355), les Ninivites (2401), Ezéchias (2426) et Boèce (2446), Fortune explique le symbole de ses deux couronnes, dont l'une représente la prospérité avec ses épines secrètes (2626), l'autre le malheur supporté avec résignation (2683), et de ses deux roues, l'une rapide, l'autre lente, avec leurs « contre-roues ». qui montrent que dans le plus grand bonheur apparent il y a toujours quelque souffrance cachée, et que la prospérité est sans cesse minée par ce qui doit tôt ou tard la détruire (2786). Il faut aimer, comme venant de Dieu, le sort qu'on a dans ce monde (2867) : c'est le seul moyen de ne pas soufi'rir de l'instabilité des choses terrestres. L'auteur des Six Principes (2993) a appelé avec raison le monde « macrocosme » et l'homme « microcosme » : l'un comme l'autre est composé de quatre éléments, le chaud, l'humide, le froid et le sec](3oo5), d'où le feu, l'eau, l'air et la terre, et aussi le sang, le flegme, la « cole » (bile)
.TRofiufcViô]^:
et 'la' mélancolie {362b). L"Hortiin(ié' est'flegmatik^tle dans le premier âgé', 's&hguili daiis la jeufiefâse, colérique ' dàiis l'àgè ' mût," hlclancolique ■ dans • îà vieillesse; dé mêrhe'îè'tn'ôndë a commeilcé par' le fîégmê '(3o6ô),' i.r est èttsiiité'îdëvénli' èatigiiln' au temps àè' Tiavià '('3b66),''eblérîqué au tertif)s' de Jésus - Christ'. Mais maintenant iè monde 'est devenu vîeiix'et tout' 'f^leî'ii-' d'é'in'élkncoHé (Sô^t)! Aussi' la' fin 'dû "ibôride kpfprôché ;' l'Antêdhrist arWvé,' et Faiivei^ est'' son fourrier (3 rro). Il a été bien.'' présorriptùéux' ''dé 'pf étendre' à'' épouser 'k damé 'i^6rtuné p V3i:)l' Màiè;'^'aiïr'iq'à''irnë'si''éri'àiîlé pà's 'sans' émporié'i*'''ùrié''' grâce 'dé ' Fbrtiitie, qu'^l ép6ûsé'V"àine Gloire' (3 iSy). Fauvel l'époùsè'fti'i'S'sitdt| dé^'^à' inàin ' gàùché'^S'i^/). On ' eélêWè' le^ fêtes' daiis'ïe palais dé FauVëï.'De cette union nfais-^ sent •d''iniibrribraBles''<<'FàliV-baùs")i'''('32;i'r)i 'Ils' ont éiivalii ëtd'esho'noré'Iës plus beaux pâysddmohdeî mais il éri'ést un IqueTâiitèùV re'g^ëtlte"par'^déàstls tQu't de voir contaminé if 'c'éfet' ie'béà'û' jàW^n de France,' oùDièq pTàii't'a l'ë'lys 'derbyautéétd'autres fleui-y 'précieuses. Llâ'^bïït ve'riÏÏ.V 'è•ëba'rtt•e^'podf' h gàte'r,' ' Fàù'véi et '^a ' fàmiîl6'(-3'25b).'Qtië-lé''lys'-de Virginité' sauvé ïà {îéLir"d'é lys "de France;'- Ferrâtît à'' ïiriî ; ' Fauvel' 'li'nï râ aii^âï'; cà'f i\ At petit pas' 'ViVf è toujours' '(3 27 'i).''C'é secofid'livfë'fiir fait le 6' dë^ çémb'ré' ïii'i'. Lé 'pHëttlë'firiit par ''ufië érfig^'è qUi dbi^'né'lë'riom de'Pa'utëu'f. 'rjërvai?; do Bus'.-'- ""'■'
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^rjVAn*\ .AvWA/. -A,
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,\ .A^DBSCRTPTiÔN DES MANnSGRITS ^ i.!;
Le Roman de F-aimel a été conservé dans douze manuscrits plus on moins complets. Nous étu^dions d'abord ceux qui' i se trouvent à W' Bibliô^ th^que nationale; suivant le numéro de leurscote», puis ceuX" de Dijon ^t de Tourti, eAfin cç-lui dç Petrogradi II convient d'ajouter qu'un extrait insignifiant 'se trcmve dans-' un 'manuscrit' ■cf'Épinal '-.
il ii.'i .il,'!. •:■ i.i-.. iM.^'iiiiini ■>.'• •.".■'.'\'\ /.•,
Paris, Bibl. nat., fr. 146. Cet important . niai nuscrit du xiv*' siècle, où le Roman de Fauvel a subi de vastes, interpolations, $era. décrit en. détail à l'Appendicei. —r Nous, .désignerons .eeiimanuscri^
par la lettre E i-jn;.), n. .iHni-.rl »u.<( ...
iiiiir.ii.ii.il II"» iii»nf<li:.''i .•.!«< l'iii lui ii>«ii .'l-ii.,':
MfiibLnat., frl 58ô;(anc^i7oâ3.*) a jadis appartenu
■à laitamilUv des Bicor -. Cest un-^rand manuscrit
fp, jp^anj»,! aqcienri^, librairie di^j Louvre se i;rouyau yin exçmplaice de ce roman i^ui est ainsi indiqué dans l'ioventajre dressé en i 3 j? par Gilles Malet (n" 4(1) ': « ù\>\-'é' dé Toràhe FaUvel. Init-.Benedicite DomiHo,T>. (Sic).(M«Mr Barréisj Bibliothèque' proty^ ^?f'*'?<'''W"^' .If- A"-..T, ^^^^:y^sf':ill^ ^auvçau qui se ,trp\ivaif ladisdaris l'a librairie de Charles d'Orléans n'était pas notre texte, mais celui de Raoul Le Petit (voir plus loin, chap. ix).
2. Voir Delislt, Bibliotheca Bïgotiana mamtsçfîpta. flat'àlogue des manuscrits rassemblés au xvii*' siècle par les Bigpit, ' koucn . 1877 ■Collection des Bibliophiles de Normandiél ii"' i.^^' p. 41.
XII INTRODUCTION
du XV* siècle, sur deux colonnes, et orné de miniatures, qui contient : i . Le Traité sm^ le jeu d'échecs, mis en français, d'après Jacques de Cessoles, par Frère Jehan de Vignay ' ; 2. Le Livre de Mellibée et de Prudence sa femme, d'Albertanus, traduction de Renaut de Louhans - ; 3. Lettre de Christine de Pisan à Isabelle, reine de France, du 5 octobre 1405 ; 4. Le Livre du chevalier de La Tour Landry"^; 5. Le Roman de Faiivel. Ce poème commence, sans titre, au fol. 128, par une miniature représentant Fauvel « torché ». Ce manuscrit donne le premier livre seulement, qui finit au fol. i3i, à la première colonne du verso, par Explicit Fauvel cest (sic). La deuxième colonne est restée blanche. La marge inférieure du fol. 129 a été coupée, peut-être pour enlever un ancien ex libris. — Ce manuscrit sera désigné par la lettre B.
Bibl. nationale, fr. 2189 (anc. 7975). C'est un petit volume, en reliure ancienne, de 29 feuillets de parchemin, sans compter deux feuillets de garde, non numérotés, également en parchemin. L'écriture est celle du xiv^ siècle. Tout le volume est occupé par notre texte, qui porte la rubrique : Ci commenche le livre de Puuvel.
Les vers sont écrits deux à deux sur une seule ligne; dans la partie en strophes (vers 843-ii3o), les vers 3 et 6 de chaque couplet occupent une ligne à eux seuls. Le bas du recto et le verso du
1. Grôber, Grundriss dtr roman. Pliilologie, H. i, p. 1023-4.