IX. — LBS SOUttCKS DU ROMAN
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l'influence des planètes sur la destinée des humains, etc. (v. 2383 et suiv.) se retrouve dans le Roman de la Rose, qui, de son côté, remonte à Boèce ', que les deux auteurs mentionnent expressément {Faupely V. 2474 ; Rose^y. b'jbj et 9692). S'il est possible que Tauteur de Fauvel ait étudie cet auteur dans l'original, ou à tout le moins dans les commentaires latins, il n'en est pas moins certain qu'il l'a surtout connu par l'intermédiaire de Jehan de Meun. Plusieurs vers du Roman de la Rose que nous venons de citer se trouvent intercalés dans des passages qui proviennent directement de Boèce. Tels sont les deux morceaux que nous donnons ci-dessus en regard de deux passages de Fauvel, où la concordance des idées, des expressions et, quelquefois, des rimes pourrait difficilement être fortuite :
Fauvel, v. 2383 et suiv.
Mes c'est bien voir que homme sage A sus estoillez seignourage, Et c'est a dire que science Passe planetel influence, Engendrant disposition Sus corporel complexion, Car il n'est nul, pour voir di ce, Que s'il s'encline a aucun vice Par naturel complexion, Selon la constellacion. . .
Rose, V. 18442 et suiv.
Tous jors feront li cors celestre, Selonc ior revolucions, Toutes Ior transmutacions, Et useront de Ior puissances Par nécessaires influances...
Car tous jors choses engendrables Engendreront choses semblables, Ou feront Ior comroixions Por naturex complexions, Selonc ce qu'el aront chascunes Entr'eus propriétés communes.. .
I . E. Lan^ois, Origines et sources du Romn de (^ i<Of<«P« 1 36-7.
INTRODUCTION
Fauvel,\. 2841-43612849-58 Mes sachiez bien qu'aversité Vaut mielx que grant prospérité, Car prospérité si enyvre. . .
Ses anemis ne ses amis Ne connoissoit, mes quant l'a mis Fortune au bas et jus geté, Si qu'il est en grant povreté, Lors treuve il ceulx qui l'amoient Et connoist ceulx qui le haioient ; Car quantil avoit grant avoir, Si bien ne le peiist savoir; Et si est vérité sans fable Qu'adversité estprouffitable.
Rose, y. 5563-6 et 5673-82 Que miex vaut assés et profite Fortune perverse et contraire...
Et Fortune la mescheans, Quant sus les homes est cheans, Si lor fait par son mescheoir Trestout si clerement veoir, Que lor fait lor amis trover Et par experiment prover Qu'il valent miex que nul avoir Qu'il poissent ou monde avoir; Dont lor profite adversités Plus que ne fait prospérités.
Le Testament a beaucoup de motifs en commun avec Fauvel. Tel est, par exemple, cette description des effets de la vieillesse sur l'homme :
Il devient froit et sec, baveux et roupïeux, Roingneux et grateleux et merencolïeux; Ja tant n'ara esté par devant gracieux Qu'il ne soit en ce point chargant et anuieux.
(Éd. Méon, t. IV, v. 181 et suiv.)
Ce sont à peu près les vers 3o45-5o de Fauvel. L'idée que l'homme, en naissant, commence déjà à mourir, est exprimée ainsi dans Fauvel :
Et dès ce qu'enfant nest de mère 2790 II ne fait que mourir et trere
Tantost a la mort de heure en heure...
et dans le Testament (v, i65) :
Tântost com li homs naist, il commence a morir.