‹ Le roman de FauvelChapitre 64 sur 84 · IX. — LES SOURCES DU ROMAN CI · texte numérisé non relu

IX. — LES SOURCES DU ROMAN CI

Elle est déjà dans Sénèque {Consol. ad Mar^ ciatn, cap. XX) : «... ex illo quo primo lucem vidit, iter mortis ingressus est, accessitque fato propior ' ».

Le népotisme est châtié dans le Testament (comme dans Fauvel\ voir la note du v. 627) :

Clers servans, quiex qu'il soient, ou cousin ou neveu. Les plus grans bénéfices prennent. , .

Comment ose uns prelas une cure commetre

A un clerc qui n'a meurs, qui n'a sens, qui n'a letre ?

Comment sera la cure d'un grant peuple seUre En ton jone parent tout plain d'envoiseûre ?

(V. 541 et suiv.)

L'immixtion des JFrères Mendiants dans les affaires du siècle est blâmée en termes analogues à ceux de la Rose et de Fauvel. Enfin, nous rencontrons au vers 1654 de Fauvel :

Et l'un et l'autre Testament Le maudient, se Diex m'ament,

une formule qui est familière à Jehan de Meun :

Or me puet aucun dire : « Sire, se Dieu m'ament, Je n'ai riens que donner, ne faire testament.

{Testament, v. 349-50)

Dans la Rose ^ aussi, et sans doute ailleurs, il y a des rimes analogues. Ce n'est donc pas précisé-

I. Je dois cette référence, et plusieurs autres, à l'obligeance de M. J. de Morawslci.

a. Voir E. Langlnis, Le Roman de la Rose, I, Introduction, p. io5.

Cil INTRODUCTION

ment une preuve de l'influence du Testament sur Gervais du Bus. Il est néanmoins très probable que l'auteur de Faupel n'a pas seulement connu le Roman de la Rose, mais aussi le Testament.

Aristote. Boèce. Gillebert de la Porrée. — L'auteur du Roman de Fauvel cite, comme ses autorités en matière philosophique, Aristote, Boèce et l'auctour des Sex Principes, c'est-à-dire Gillebert de la Porrée. La seule mention d'ordre philosophique dans le premier livre est celle-ci :

Aristote dit vraèment :

L^s accidens grant aïdance i8o Font a cognoistre la substance.

Si l'on tient compte de ce fait que Boèce ' a longuement interprété les livres d'Aristote et que, d'autre part, Gillebert est l'auteur d'un commentaire de Boèce, il devient vraisemblable que les notions philosophiques de l'auteur de Fauvel proviennent plutôt des ouvrages de ces deux écrivains que d'une lecture directe d'Aristote. Ainsi, quant il est dit, au second livre, qu'au palais de Fauvel

i36o Ot pluseurs dechevans sophimez Et mistions de premerainez En termes et prémisses vainez, Pour engendrer conclusions De mal et de déceptions; Neïs d'elenches les cauteles Et les fallaces...

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