‹ Le roman de FauvelChapitre 73 sur 84 · On pourrait aussi bien lire, avec^: N'onques · texte numérisé non relu

On pourrait aussi bien lire, avec^: N'onques

383. Il aurait fallu indiquer aux variantes que MN a une leçon qui est différente de celles des autres manuscrits, mais qui donne un vers parfaitement correct : A dire est V Eglise présente.

404 et suiv. La comparaison du pouvoir ecclésiastique et du pouvoir temporel au soleil et à la lune est un lieu commun du moyen âge; elle se trouve par exemple chez Dante. Il existe différentes variantes de cette idée : ainsi Barthélemi, vingtième abbé de Cluny, mort en i236, assimile, dans un sermon, l'âme à la lune, brillant de la lumière du soleil (la grâce divine) sans avoir d'éclat par ellemême (Lecoy de la Marche, La chaire en France au moyen âge, p. i/S).

441 et suiv. Le pouvoir ecclésiastique est la tête, et le pouvoir temporel est le bras qui exécute ses ordres. C'est une variante de la fable antique des membres et de l'estomac, connue des prédicateurs et des moralistes (Lecoy de

PREMIER LIVRE lié

la Marche, £,fl chaire en France, p. 304; Renart le Contrefait,

éd. G. Raynaud et H. Lemaître, v. 1400). Matfré Ermengau (v, 19705-19795) compare l'amour que nous devons à notre prochain à celui que les membres du corps ont les uns pour les autres (Histoire littéraire de la France, XXXII, 36). Un franciscain du xiii« siècle, frère Salimbene, de Parme, nous apprend que Philippe, chancelier de Paris (qu'on appelle, mais à partir du xv* siècle seulement, et pour une raison qu'on ignore, Philippe de Grève) avait composé un poème (aujourd'hui perdu) sur cette allégorie : Item, vitam prelati et subditorum bene describit magister Philippus, cancellarius Parisiensis, sub metaphora membrorum corporis (Ch.-V, Langlois, Le Chancelier Philippe, dans la Revue bleue, 1907, 2esém., p. 610).

On peut encore mentionner un poème anglo-normand du temps d'Edouard 1er, qui est une allégorie des membres du corps humain, dans le manuscrit Douce 210 de la Bibliothèque Bodléienne à Oxford (Paul Meyer, Bulletin de la Société des anciens textes, 1880, p. 49 et suiv.), et un traité De sainte Eglise, ajouté, comme n° 42, aux Nouvelles du XV" siècle contenues dans un manuscrit du Vatican et publiées par M. E. Langlois (cf. K. Vossler, Zu den Anfângen der fran^ôsischen Novelle, dans Studien ^ur vergleichenden Litteraturgeschichte, II, p. 33).

461-3. Cf. un conte des Vies des Pères, intitulé D'un hermite qui amoit une Sarrajine, et imprimé par Keller sous le titre bizarre de Zwei Fabliaux, p. 8 :

Davide qui dit me membre (51c) Qu'a celui deulent tous les membres Qui a le chief traille et mauvais; Chascuns membre porte son faix.

La même idée se retrouve dans les Proverbes au vilain^ éd. Tobler, a» 36, et note, p. 126 :

Cui li chiés deut, tuit li membre H falent.

490-91. Griesche étant une sorte de jeu de hasard (voir Jubinal, Œuvres de Rutebeuf, 2* éd., I, 26, note, et Jeanroy et Guy, Chansons et dits artésiens, XXIV, 9), le second vers veut dire à peu près que Fauvel est le maître des tricheurs. Mais que signifie exactement Fauvel si couche

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