V. — LA LANGUI'; DV HOflMK XL
langue du Roman de la Rose ', qui est pour la connaissance de tous les dialectes de l'Ouest une source précieuse de renseignements. — Dans les renvois au texte de Faïu^el^ les chiffres I et II indiquent si l'exemple cité est tiré du premier ou du second livre.
Voyelles et diphtongues
e et a nasals ne riment ensemble que dans examplei : ample:{ II, 'iSyi . Il est évident que cette rime unique ne suffit pas à prouver la confusion des deux sons.
(? provenant d'un a latin rime avec l'ancienne diphtongue ai : pîere : Père I, 1 16, père : ple?^e 627, ple?^e : mère 661 , fei^e : mei^e 934, meire : treire 1097, II, 2789, apere : affaire II, i 239, mère : brere 2947, onqiies mes : sejne^ 2973, tendre [\'^'^ pers.) : engendré (participe) 1637, enrvré : livré [V" pers.) 2357 '. Le mot savant considère L 2r7. rime avec plere.
1 . Le Roman de la Rose, par Guillaume de Lorris et Jean de Meun, publié d'après les manuscrits parErnest Langlois. Tome I, Introduction (Paris, Société des Anciens textes français, 19 14).
2. « On remarque que la forme usuelle ai (répondant au prétérit -a V i et H h a beo) est rendue ici par é. On rencontre assez souvent, dès le xiii* siècle, ces mêmes finales en rime avec des participes en é, ce qui ne laisse aucun doute sur la prononciation (voy. W. Foerster, Li chevaliers as dcus cspecs, p. xxxiv). On trouve é {habeo^, serc\ dans plusieurs documents du centre de la France, notamment une charte d'un seigneur de Châteauroux, en 1267; E. Hubert, Recueil de chartes, i885, n» 4 », [V. Meyer, Bull, de la Soc. des anciens textes, XX, 1894, p. 46, n. I, a propos ne la Bible de Herman de N'alencienncs, contenue dans le manuscrit 620 de la Bibliothèque de Chartres). Cf. Burgass (p. 27' qui relève la k)rme e habecp tlans un document de I 282.
XLII INTRODUCTION
L'ancienne triphtongue *iei est représentée par / (le copiste de A écrit piere, etc.; voir au chapitre suivant) : dire : si-re I, 277, jt?/rt? : mire (verbe) 669, sire : eslire II, 281 1, mire (verbe) : lire 2201, assis : sis {sQx)i 2d3 . — On sait que le correspondant régulier de pecten qsz pigne, qui se trouve en effet au v. i3o en rime avec crigne . D'autre part, on a les rimes tienent : piegnent I, 1 19, et vieugne : piegne II, 3i2i, qui semblent représenter le développement normand *iei^ /t% souvent attesté dans le manuscrit A.
iee s'est réduit à ie : acomparagie : mestrie I, 435, mesnie : pie 778, comparagie : ydolatrie II, 1489, mestrie : mesnie 1577.
La rime ié : é ' est attestée dans le premier livre par crier (créa r e) : des lier (d e -e x- 1 i g a r e) 444, dans le second par prière : fere 2429, pierres : perres 2607. Il 'convient d'ajouter qu'au premier livre le mot sâYdirit, signifiées 254 rime avec nommées. Dans les rimes panthère : matière lôoi et matière : fere 2941 il s'agit en réalité du doublet bien connu matere.
La rime rieume ; lieume 16'] 5 n'a aucun caractère dialectal. L'auteur l'a sans doute prise dans le Couronnement Renart, où ces deux mots demisavants sont également accouplés à la rime".
r. La rime ié : é dans des textes d'une certaine ancienneté indique une origine nornaande. Mais dès le commencement du xiv« siècle elle devient fréquente. Voir p. ex. E. Schw a.n ^ Romania, XIII, 257.